Du soleil en boîte pour la dermatite atopique !

mercredi 7 septembre 2011 par Dr Geneviève DEMONET1046 visites

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Du soleil en boîte pour la dermatite atopique !

Du soleil en boîte pour la dermatite atopique !

mercredi 7 septembre 2011, par Dr Geneviève DEMONET

Réversibilité de la dermatite atopique avec une photothérapie UVB à bande étroite et biomarqueurs de réponse thérapeutique : Suzanne Tintle, Avner Shemer, Mayte Suárez-Fariñas, Hideki Fujita, Patricia Gilleaudeau, Mary Sullivan-Whalen, Leanne Johnson-Huang, Andrea Chiricozzi, Irma Cardinale, Shenghui Duan, Anne Bowcock, James G. Krueger, Emma Guttman-Yassky

dans
The Journal of Allergy and Clinical Immunology - September 2011 (Vol. 128, Issue 3, Pages 583-593.e4, DOI : 10.1016/j.jaci.2011.05.042)

- Contexte :

  • La dermatite atopique (DA) est une maladie commune inflammatoire de la peau caractérisée par une activation TH2/ « T22 » prédominante et une altération de la barrière épidermique.
  • La photothérapie UVB à bande étroite (NB-UVB) est considérée comme un traitement efficace de la DA modérée à sévère.
  • Chez les patients ayant un psoriasis, on a montré que la NB-UVB avait un effet suppresseur sur la polarisation TH1/TH17 avec en conséquence une réversibilité de l’hyperplasie épidermique.
  • Les effets immunomodulateurs de ce traitement sont inconnus chez les patients ayant une DA.

- Objectifs :

  • Nous avons cherché à évaluer les effets de la NB-UVB sur les anomalies immunitaires et de la barrière chez les patients ayant une DA, dans le but d’établir la réversibilité de la maladie et les biomarqueurs de la réponse thérapeutique

- Méthodes :

  • Douze patients ayant une DA chronique modérée à sévère ont reçu une photothérapie NB-UVB 3 fois par semaine et jusqu’à 12 semaines consécutives.
  • Des biopsies cutanées lésionnelles et non lésionnelles ont été pratiquées avant puis après traitement et évaluées par des études immunohistochimiques et d’expression de gènes.

- Résultats :

  • Tous les patients ont eu au moins une réduction de 50% de score du SCORAD avec la photothérapie.
  • Une activité suppressive sur les voies immunitaires TH2, T22 et TH1 a été constatée et les signes d’hyperplasie et de différenciations épidermiques se sont normalisés.
  • La réversibilité de l’acticité de la maladie était associée avec la suppression des leucocytes inflammatoires, des cytokines et chémokines associées aux TH2/T22 et avec la normalisation de l’expression des protéines de la barrière.

- Conclusions :

  • Notre étude montre que la résolution de la maladie clinique des patients ayant une DA chronique s’accompagne d’une réversibilité à la fois des anomalies épidermiques et de l’activation immunitaire sous-jacente.
  • Nous avons défini, chez les patients ayant une DA chronique, des biomarqueurs de la réponse de la maladie qui associe l’inflammation TH2 et T22 résolue avec une réversibilité de la pathologie de la barrière.
  • En montrant une réversibilité du phénotype épidermique de la DA avec une thérapie large à visée immunitaire, nos données vont à l’encontre d’un phénotype génétique fixé.

La dermatite atopique est caractérisée par une activation immunitaire, une hyperplasie de l’épiderme et une altération de la barrière cutanée reflétant les anomalies sous-jacentes de la différenciation des kératinocytes.

Certains points communs entre psoriasis et dermatite atopique ont suggéré que la photothérapie UVB à bande étroite pourrait provoquer une rétrocession des anomalies constatées dans la dermatite atopique.

Une étude a été menée chez 12 patients ayant une dermatite atopique chronique modérée à sévère.

Des séances de photothérapie UVB à bande étroite ont été réalisées 3 fois par semaine jusqu’à 12 semaines consécutives.

Les modifications cutanées ont été mises en évidence par l’analyse de biopsies cutanées pratiquées avant puis après traitement.

On a constaté une réversibilité de l’hyperplasie épidermique, une suppression de l’infiltration par les cellules inflammatoires et une normalisation des protéines de la barrière cutanée.

Tous les patients avaient une amélioration d’au moins 50% du SCORAD.

L’absence d’un groupe contrôle est regrettable mais ce travail a le mérite de relancer le débat sur la physiopathologie de la dermatite atopique : dysfonction épidermique d’origine immunitaire ou activation immunitaire par dysfonction de la barrière ? L’histoire de l’œuf et de la poule…