Les patch-tests pas populaires parmi les pédiatres allergologues ?

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Les patch-tests pas populaires parmi les pédiatres allergologues ?

Les patch-tests pas populaires parmi les pédiatres allergologues ?

jeudi 15 septembre 2011, par Dr Geneviève DEMONET

La moitié des écoliers ayant un « eczéma ISAAC » souffrent de dermatite de contact allergique : Czarnobilska, E.1 ; Obtulowicz, K.1 ; Dyga, W.1 ; Spiewak, R.2

dans  : Journal of the European Academy of Dermatology & Venereology, Volume 25, Number 9, 1 September 2011 , pp. 1104-1107(4)

- Contexte :

  • Les similarités entre les symptômes cliniques d’eczéma atopique (EA) et de dermatite de contact allergique (DCA) peuvent conduire à des erreurs de diagnostic aussi bien en pratique clinique que dans les études épidémiologiques.
  • Les patch-tests ne semblant pas populaires parmi les pédiatres allergologues, le biais en résultant conduit principalement à un sous-diagnostic de DCA et à un sur diagnostic d’EA chez les enfants et les adolescents.

- Objectifs :

  • Vérifier la fréquence de l’EA et de la DCA parmi les enfants et les adolescents qui ont donné une réponse affirmative dans le module eczéma du questionnaire ISAAC.

- Méthodes :

  • Parmi les 9320 écoliers inclus dans un programme de dépistage de l’allergie, 143 participants consécutifs ont été recrutés pour cette étude.
  • Le critère d’inclusion était une réponse positive aux questions du module eczéma du questionnaire de l’Etude Internationale sur l’Asthme et les Allergies de l’Enfant (ISAAC).
  • Les enfants ont été examinés par deux allergologues : un pédiatre et un dermatologue et des patch-tests ont été réalisés.

- Résultats :

  • Un diagnostic d’EA a été posé chez 46 enfants (55,4%) et 18 adolescents (30%), celui de DCA chez 32 enfants (38,6%) et 31 adolescents (51,7%) avec un chevauchement important entre les deux pathologies.
  • On a porté un diagnostic de DCA chez 9 des 46 enfants (19,6%) et 13 des 25 adolescents (52,0%) ayant répondu positivement à la question sur l’eczéma des plis de flexion alors que manquaient des critères pour établir un diagnostic d’eczéma atopique selon Hanifin et Rajka.
  • En se basant sur les indices de la population totale testée (9320 écoliers), on a estimé grossièrement que la prévalence de la DCA était de 5,8% chez les adolescents et de 8,5% chez les enfants ce qui est proche du chiffre de 7,2%
    observé préalablement parmi les écoliers danois.

- Conclusions :

  • Nos données montrent que « l’eczéma ISAAC » est une entité épidémiologique qui embrasse aussi bien des cas d’eczéma atopique que de dermatite de contact allergique et possiblement aussi d’autres dermatoses prurigineuses moins fréquentes.
  • Chaque cas de dermatite chronique récurrente chez l’enfant nécessite la recherche d’un diagnostic différentiel en visant la dermatite de contact allergique et les dermatoses inflammatoires autres que l’eczéma atopique, même si les lésions sont localisées préférentiellement dans les plis de flexions.

Le questionnaire ISAAC comporte des questions destinées à dépister un eczéma chez l’enfant. Peut-on se fier à la réponse à ces questions pour obtenir des données épidémiologiques sur la dermatite atopique ?

Une étude polonaise a tenté de répondre à la question à l’aide d’une enquête prospective menée lors d’un programme de dépistage de l’allergie chez 9320 écoliers.

On a recruté parmi eux 143 participants consécutifs : 83 enfants âgés de 7 à 8 ans et 60 adolescents âgés de 16 à 17 ans avec comme critère d’inclusion une réponse positive à la question « avez-vous déjà eu une éruption qui démange, qui part et revient, pendant au moins 6 mois ? » ou à « avez-vous déjà eu de l’eczéma ? ».

Les enfants et les adolescents ont été examinés par un pédiatre et un dermatologue spécialisés en allergologie et ont eu des patch-tests à l’aide de la batterie standard européenne avec ajout de propolis et thimerosal. Les tests ont été lus au 3ème et au 4ème jour.

Le diagnostic d’eczéma atopique a été posé à l’aide des critères classiques de Hanifin et Rajka avec un minimum de 3 critères majeurs et 3 mineurs (cf ci-dessous).

La dermatite de contact allergique a été confirmée par l’existence d’un patch-test positif pertinent en association avec une exposition et une localisation compatible.

Un diagnostic d’eczéma atopique a été porté chez 55,4% des enfants et chez et 30% des adolescents, celui de dermatite de contact allergique a été porté chez 38,6% des enfants et chez 51,7% des adolescents.

Les résultats de ce travail confirment une co-existence fréquente de l’eczéma atopique et de l’allergie de contact.

La présence de lésions des plis n’a pas permis de différencier les 2 pathologies sur la seule réponse à une question la recherchant dans le questionnaire ISAAC.

Celui-ci parait insuffisant, à la lumière de ces données, pour faire un diagnostic de dermatite atopique. La moitié des cas seraient en réalité des eczémas de contact allergique.

Critères de diagnostic de la dermatite atopique selon Hanifin et Rajka.
- Critères majeurs (3 au minimum)

  • Prurit
  • Morphologie eczémateuse typique et répartition des eczémas des plis de flexion chez l’adulte,
    affection du visage et des faces d‘extension extérieures chez le nourrisson et l’enfant en bas âge
  • Evolution chronique ou chronique récidivante
  • Anamnèse propre ou familiale favorable à l’atopie
    (asthme bronchique, rhinoconjonctivite allergique, dermatite atopique)

- Critères mineurs (3 au minimum)

  • Xérose
  • Tests cutanés de type immédiat positifs
  • Taux plasmatique d’IgE augmenté
  • Tendance à des infections cutanées
    (Staphylococcus aureus, Herpes simplex)
  • Ichthyosis, hyperlinéarité palmaire
  • Eczéma chronique du pied (atopic feet)
  • Eczéma chronique de la main
  • Signe de Hertoghe (éclaircissement des sourcils latéraux)
  • Double ride palpébrale (Dennie-Morgan)
  • Eczéma mamillaire
  • Chéilite
  • Pityriasis alba
  • Intolérance aux produits alimentaires
  • Intolérance à la laine
  • Démangeaisons à la sudation
  • Dermographisme blanc