Comment l’inhalation d’allergènes d’acariens permet de mieux comprendre la physiopathologie de l’exacerbation de l’asthme…

vendredi 16 décembre 2011 par Dr Cécilia Nocent524 visites

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Comment l’inhalation d’allergènes d’acariens permet de mieux comprendre la physiopathologie de l’exacerbation de l’asthme…

Comment l’inhalation d’allergènes d’acariens permet de mieux comprendre la physiopathologie de l’exacerbation de l’asthme…

vendredi 16 décembre 2011, par Dr Cécilia Nocent

Effet de l’inhalation d’allergènes d’acariens sur la déposition régionale des particules et la clairance muco-ciliaire chez des asthmatiques allergiques. : Bennett, W. D., Herbst, M., Alexis, N. E., Zeman, K. L., Wu, J., Hernandez, M. L. and Peden, D. B. (2011),

Effect of inhaled dust mite allergen on regional particle deposition and mucociliary clearance in allergic asthmatics.

dans Clinical & Experimental Allergy, 41 : 1719–1728. doi : 10.1111/j.1365-2222.2011.03814.x

- Contexte :

  • Les exacerbations aiguës chez les asthmatiques allergiques peuvent conduire à diminuer les capacités à évacuer le mucus de voies aériennes, ce qui représente un facteur clé dans la morbidité de l’asthme.

- Objectif :

  • Le but de cette étude est de déterminer l’effet de l’inhalation d’allergènes d’acariens domestiques sur la déposition régionale pulmonaire des particules inhalées et sur la clairance muco-ciliaire (CMC) chez des asthmatiques allergiques.

- Méthodes :

  • Une scintigraphie gamma (inhalation de particules colloïdes marquées au technécium 99m) est utilisée pour mesurer la déposition régionale des particules et la CMC chez 12 asthmatiques allergiques 4 heures après un test d’inhalation d’allergènes d’acariens (extrait de Dermatophagoïdes farinae ; PD max : chute du VEMS de 10%).
  • Ces données sont comparées aux mesures de base sans provocation.

- Résultats :

  • Chez les répondeurs (n = 9, chute de la PD max), la fonction respiratoire retrouve les valeurs pré-tests au bout de 3 heures mais diminue significativement à 6 et 24 heures chez 3 des répondeurs (réponse tardive).
  • Le taux d’éosinophiles dans l’expectoration induite augmente 24 heures après le test (p<0,05).
  • Il existe une amélioration de la déposition des particules inhalées chez les répondeurs (p<0,05) et une clairance plus lente depuis les zones centrales de poumon (p<0,01) 4 heures après le test par rapport au niveau de base (sans test allergénique) qui était prédit par la concentration d’allergènes (r=-0,70, p<0,05).
  • Le déclin de la fonction respiratoire 24 heures après le test est corrélée à la réduction de la CMC depuis les zones centrales de poumon (r=-0,78, p<0,02) et à, la PD max.
  • Chez les non répondeurs (n=3), il n’y a pas de différence par rapport au niveau de base pour la fonction respiratoire, la déposition régionale ou la clairance muco-ciliaire post test.

- Conclusions et intérêt clinique :

  • Ces résultats suggèrent que la déposition régionale et la clairance aux particules inhalées peut être sensible pour détecter une obstruction modérée des voies aériennes associée à un effet précoce et tardif d’une stimulation allergénique sur les sécrétions muqueuses.
  • Cette étude est répertoriée dans clinicaltrials.gov (NCT00448851).

Il s’agit d’une étude fondamentale, essayant de comprendre le substratum physiopathologique de l’exacerbation d’asthme après exposition allergénique.

L’hypothèse est que, selon les patients, l’exposition à une forte charge allergénique peut altérer la fonction respiratoire en provoquant une déposition des particules plus importante et en parallèle une diminution de la clairance muco-ciliaire.

Chez d’autres patients, l’exposition allergénique ne modifie pas la fonction respiratoire mais ne modifie pas non plus la déposition particulaire dans les poumons ni la clairance muco-ciliaire.

Il semble donc que cette étude apporte des éléments physiopathologiques expliquant l’exacerbation d’asthme, les « sécrétions perlées » classiques de la fin de la crise d’asthme.

Cependant cette étude permet d’essayer de comprendre mais nous sommes encore loin de l’application de cette compréhension à la pratique clinique.