Un bon traitement de l’urticaire chronique, la cyclo (ne pas confondre avec le vélo).

vendredi 13 janvier 2012 par Dr Stéphane Guez1543 visites

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Un bon traitement de l’urticaire chronique, la cyclo (ne pas confondre avec le vélo).

Un bon traitement de l’urticaire chronique, la cyclo (ne pas confondre avec le vélo).

vendredi 13 janvier 2012, par Dr Stéphane Guez

Facteurs prédictifs de l’efficacité de la cyclosporine dans le traitement de l’urticaire chronique. : Seth M. Hollander, Shirley S. Joo, H. James Wedner

dans
Annals of Allergy, Asthma & Immunology - December 2011 (Vol. 107, Issue 6, Pages 523-528, DOI : 10.1016/j.anai.2011.08.013)

- Introduction :

  • L’urticaire chronique (UC) est un problème clinque fréquent et difficile.
  • Lorsque les thérapeutiques de première intention échouent, les patients sont souvent traités par des thérapeutiques alternatives qui ont soit un profil de tolérance faible soit une efficacité qui n’est pas vraiment démontrée.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été :
    • de décrire une population de patients ayant une UC et traitée par cyclosporine
    • et d’identifier les facteurs prédictifs d’une bonne réponse à ce traitement.

- Matériel et Méthode :

  • Il s’agit d’une étude rétrospective qui a été conduite chez des patients adultes ayant une UC traité par cyclosporine.
  • Les antécédents, l’examen physique, les tests diagnostics, l’efficacité et les effets secondaires des traitements ont été recueillis et traités de façon statistique.

- Résultats :

  • L’UC a été définie par une urticaire évoluant depuis plus de 6 semaines consécutives avec plus de 3 crises journalières par semaine.
  • 68 adultes ayant une UC qui remplissaient les critères d’inclusion pour un traitement par cyclosporine et qui ont suivi ce traitement de façon complète ont été inclus.
  • Après avoir pris en moyenne 1.8 +/- 1.1 mg/kg de cyclosporine, 53 (78%) des patients ont eu une rémission complète définie comme moins de 1 jour d’urticaire par mois.
  • Une récidive a été observée chez seulement 7 patients : tous ont eu une rémission avec la reprise de cyclosporine.
  • Des antécédents de papules (p = 0.01), une durée courte de l’urticaire (moyenne de 55.2 semaines versus 259.63 semaines, p = 0.03) et un index positif d’UC sont prédictifs d’une réponse favorable à la cyclosporine.
  • Par contre, les résultats des tests au sérum autologue, la réponse antérieure aux corticoïdes, le terrain atopique ou la présence d’anticorps antithyroïdiens ne sont pas prédictifs.
  • Les effets secondaires sont généralement modérés et observés chez 35% des patients, tous sont réversibles par la diminution des doses.

- Conclusion :

  • La cyclosporine est un traitement efficace de l’UC.
  • Des antécédents d’urticaire, avec une durée courte de la maladie et un index d’UC > 10 sont des facteurs prédictifs d’une réponse thérapeutique efficace.

Dans ce travail rétrospectif les auteurs ont repris 68 observations cliniques d’UC traitées par cyclosporine et en concluent qu’il s’agir d’un traitement efficace avec peu d’effets secondaires. Une durée courte de la maladie avec un index d’UC élevé sont des critères de bonne réponse à ce traitement.

Il s’agit d’une étude enthousiaste sur l’intérêt de la cyclosporine dans le traitement de l’urticaire chronique par une équipe habituée à ce traitement alternatif qui n’est pas anodin.

Comme toute étude rétrospective, les abandons, effets indésirables immédiats etc. n’ont pas été inclus et ne sont pas mentionnés.

Les critères de bonne réponse à ce traitement ne sont pas vraiment discriminant d’autant que la durée courte de l’affection peut laisser penser que certaines urticaires auraient peut-être disparu spontanément ?

Il est cependant intéressant de noter qu’aux doses de cyclosporine préconisées il n’est pas observé d’effets indésirables sévères. Cependant les patients ne sont pas totalement guéris puisqu’il y a encore quelques poussées d’urticaire une fois par mois.

Le problème de l’urticaire chronique est que l’on ne connaît pas le mécanisme physiopathologique sous-jacent, ce qui conduit à proposer des traitements alternatifs qui ne reposent pas réellement sur une base physiopathologique démontrée.