Quoi de neuf chez les enfants siffleurs ?

mercredi 16 janvier 2013 par Dr Cécilia Nocent683 visites

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Quoi de neuf chez les enfants siffleurs ?

Quoi de neuf chez les enfants siffleurs ?

mercredi 16 janvier 2013, par Dr Cécilia Nocent

Evaluation de la limitation du flux aérien, de l’inflammation bronchique et des symptômes pendant des épisodes de sifflements induits par des virus chez des enfants de 4 à 6 ans. : George N. Konstantinou, Paraskevi Xepapadaki, Emmanuel Manousakis, Heidi Makrinioti, Kalliopi Kouloufakou-Gratsia, Photini Saxoni-Papageorgiou, Nikolaos G. Papadopoulos

dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology - January 2013 (Vol. 131, Issue 1, Pages 87-93.e5, DOI : 10.1016/j.jaci.2012.10.033)

- Contexte :

  • Les épisodes de sifflements récurrents chez les enfants d’âge préscolaire révèleraient un phénotype d’asthme particulier.

- Objectif :

  • Evaluer prospectivement l’obstruction bronchique et l’inflammation des voies aériennes chez des enfants âgés de 4 à 6 ans présentant des épisodes de sifflements induit par des virus.

- Méthodes :

  • 93 enfants de 4 à 6 ans ayant une histoire de sifflements modérés induits par des virus, capables de réaliser correctement une mesure de la fraction exhalée de NO (FENO) et une spirométrie (avec expiration forcée supérieure à 0.5 seconde) sont suivis prospectivement.
  • La fonction respiratoire et la FENO sont mesurées toutes les 6 semaines (valeurs de base), dans les 48 premières heures qui suivent le début d’un épisode aigu de sifflements (J0) et 10 et 30 jours plus tard.
  • Un score de symptômes et une mesure de DEP sont réalisés chaque jour.

- Résultats :

  • 43 enfants présentent un épisode de sifflements.
  • A J0, Les valeurs de FENO sont significativement augmentées alors que le volume expiré maximum à 0.5 secondes (FEV0.5) est significativement abaissé par rapport au niveau de base (16 ppb (IQR : 13-20ppb) contre 9 ppb (IQR : 7-11 ppb) et 0.84l (IQR : 0.75-0.99l) contre 0.99 l (IQR : 0.9-1.07l) respectivement, p<0.001).
  • La limitation des flux aériens à J0 est réversible après bronchodilatateurs.
  • Les valeurs de FEV0.5 et FENO sont significativement associées entre elles et avec les symptômes des voies aériennes supérieures et inférieures dans le suivi longitudinal mais pas si on fait une analyse à un moment donné, indépendamment de l’atopie.
  • FENO et FEV0.5 retrouvent leur niveau de base à J10.

- Conclusions :

  • Les épisodes de sifflements modérés chez les enfants en âge préscolaire sont caractérisés par une augmentation de l’inflammation des voies aériennes, une obstruction réversible, et des symptômes d’asthme.
  • Les valeurs de FENO augmentent significativement pendant les 48 premières heures et retrouvent leur niveau de base à J10 du début des symptômes.
  • Le suivi longitudinal suggère que les symptômes, l’inflammation et la fonction respiratoire caractérisent un phénotype d’asthme.

Cette étude grecque réalisée à Athènes s’intéresse aux enfants siffleurs précoces en rapport avec des infections virales.

Les auteurs cherchent à mettre en évidence un phénotype particulier d’asthme chez les enfants âgés de 4 à 6 ans et présentant des épisodes de sifflements à l’occasion d’infection virale.

Ils se sont donc intéressés à des enfants ayant une histoire de sifflements induits par une infection virale et ont suivi ces enfants pendant plusieurs semaines pour voir comment évoluaient leur FENO et leur fonction respiratoire à l’occasion de nouvel épisode de sifflement.

Il est dommage de ne pas savoir si ces enfants recevaient un traitement spécifique (corticoïdes inhalés, anti-leucotriènes ?). De même les enfants suivis devaient être capables de réaliser une FENO et un FEV0.5 ; il y a donc un biais dans la sélection des enfants.

Les résultats montrent que les enfants présentant un épisode de sifflement ont une augmentation de la FENO donc de l’inflammation bronchique et une diminution du FEV0.5 donc une obstruction bronchique. Ces paramètres para-cliniques sont corrélés aux scores de symptômes et au DEP (ce qui est plutôt rassurant).

Ces données quoique toujours intéressantes ne sont pas révolutionnaires.

Les auteurs en concluent que ces enfants présentent un phénotype particulier d’asthme.

On aurait aimé en savoir plus, par exemple sur les virus incriminés. On aurait aussi aimé connaître l’évolution de ces enfants, savoir combien d’exacerbation ils faisaient pendant la période étudiées, savoir quels traitements ils recevaient et surtout comment évoluait leur asthme dans les années suivantes.

Cette étude confirme donc l’existence d’un phénotype d’asthme induit par les virus chez les enfants âgés de 4 à 6 ans sans malheureusement apporter d’arguments nouveaux dans la compréhension de cette pathologie ou dans l’évolution chez ces petits patients.