AINS : La provocation est une arme efficace pour les allergologues !!

vendredi 29 mars 2013 par Dr Stéphane Guez1136 visites

Accueil du site > Allergènes > Médicaments > AINS : La provocation est une arme efficace pour les allergologues (...)

AINS : La provocation est une arme efficace pour les allergologues !!

AINS : La provocation est une arme efficace pour les allergologues !!

vendredi 29 mars 2013, par Dr Stéphane Guez

Tests de provocation médicamenteux (TPM) dans le diagnostic de réactions d’hypersensibilité aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) chez les enfants. : Zambonino MA, Torres MJ, Muñoz C, Requena G, Mayorga C, Posadas T, Urda A, Blanca M, Corzo JL.

Drug provocation tests in the diagnosis of hypersensitivity reactions to non-steroidal anti-inflammatory drugs in children.

dans Pediatr Allergy Immunol 2013 : 24 : 151–159.

- Introduction :

  • Les réactions d’hypersensibilité aux AINS sont les réactions médicamenteuses les plus fréquemment rapportées.
  • Elles peuvent être induites :
    • par le mécanisme pharmacologique (inhibition de la cyclo-oxygénase), avec des patients classés comme ayant alors une intolérance croisée (IC)
    • ou induite par un mécanisme immunologique spécifique, IgE ou cellulaire T, avec des patients classés comme ayant une réaction spécifique (SR).

- Objectif de l’étude :

  • Il a été d’analyser un groupe important d’enfants ayant des antécédents d’hypersensibilité aux AINS avec un diagnostic fait par un TPM.

- Matériel et Méthode :

  • Un groupe de 63 enfants ayant des antécédents d’hypersensibilité aux AINS ont été évalués par TPM.
  • Les enfants ont ensuite été classés comme IC ou SR en fonction de la réponse à l’acide acétylsalicylique (ASA) lors du TPM.
  • Le statut atopique ou non a également été évalué par des prick-tests et par un dosage des IgEs sériques totales.

- Résultats :

  • En fonction du TPM, 68.2% des enfants ont un diagnostic confirmé,
    • avec 58.1% classés IC
    • et 41.9% classés SR.
  • Sur les 119 TPM réalisés, 73 sont positifs :
    • 53.4% avec ibuprofène,
    • 37% avec ASA,
    • 8.2% avec métamizole
    • et 14% avec paracétamol.
  • Un angioedème est observé dans 86.3% des cas.
  • Chez tous les enfants ayant une IC, le paracétamol est bien toléré.
  • Un nombre significatif d’enfants du groupe IC sont atopiques, par rapport aux enfants classés SR et par rapport aux témoins contrôles.

- Conclusion :

  • Chez ces enfants, l’hypersensibilité croisée aux AINS est la réaction, d’hypersensibilité la plus fréquente.
  • L’ibuprofène est le médicament le plus souvent impliqué, l’angioedème la plus fréquente des manifestations cliniques, et il y a souvent association à un terrain atopique.
  • Le TPM est une approche efficace et sans risque du diagnostic chez ces patients.

Dans ce travail, les auteurs démontrent que le test de provocation médicamenteux est utile et sans danger pour distinguer, parmi des enfants ayant une hypersensibilité aux AINS, ceux qui ont une intolérance croisée et ceux qui ont une réaction spécifique à une molécule donnée.

Effectivement, cette approche semble efficace et permet de ne pas interdire inutilement tous les AINS à un enfant.

Cependant, on voit que plus de la moitié ont une intolérance rapportée au mécanisme d’action pharmacologique des AINS. Ces enfants tolèrent parfaitement le paracétamol dans tous les cas.

L’ibuprofène est la première molécule en cause, suivie par l’aspirine et par la noramidopyrine (métamizole).

Comme on peut souvent l’observer en pratique clinique quotidienne, la réaction la plus fréquente est l’angioedème.

Malheureusement, ces tests de provocation ne peuvent se réaliser qu’en milieu protégé et ne sont donc pas accessibles facilement à tous les allergologues ni à tous les patients.

Le coût est également important ce qui justifie de continuer à chercher un moyen plus simple de faire le diagnostic en évitant une hospitalisation.