La gloire de l’allergologue : l’efficacité de l’ITS au venin d’hyménoptère.

mercredi 16 octobre 2013 par Dr Stéphane Guez598 visites

Accueil du site > Maladies > Traitements > La gloire de l’allergologue : l’efficacité de l’ITS au venin d’hyménoptère.

La gloire de l’allergologue : l’efficacité de l’ITS au venin d’hyménoptère.

La gloire de l’allergologue : l’efficacité de l’ITS au venin d’hyménoptère.

mercredi 16 octobre 2013, par Dr Stéphane Guez

Re-piqûres dépendantes de l’âge et devenir chez des enfants traités par immunothérapie pour une anaphylaxie au venin d’hyménoptère. : A. I. Stritzke , P. A. Eng.

dans Clinical & Experimental Allergy, 2013 (43) 950–955.

- Introduction :

  • Les données sur le devenir de l’immunothérapie au venin d’insecte chez les enfants sont rares.

- Objectif de l’étude :

  • Les auteurs ont étudié la fréquence de nouvelles piqûres et le devenir de ces piqûres en fonction de l’âge chez des enfants ayant une anaphylaxie au venin d’hyménoptère et traités par immunothérapie.

- Matériel et Méthode :

  • Les données ont été recueillies lors de prises en charge consécutives pour anaphylaxie au venin d’hyménoptère, à l’aide d’un questionnaire standardisé.

- Résultats :

  • Durant le suivi moyen de 7.7 ans après le début de l’immunothérapie, 45 enfants sur 83 (56%) ont été repiqués 108 fois par l’insecte auquel ils étaient allergiques.
    • Cela correspond à une moyenne de 0.23 re-piqûre par enfant et par année de suivi.
  • Plus les patients sont jeunes, plus la fréquence des re-piqûres est élevée, avec une moyenne :
    • de 0.41 pour les enfants de moins de 6 ans,
    • 0.21 pour les enfants d’âge scolaire (entre 6 et 10 ans)
    • et 0.15 pour les adolescents (p = 0.001).
  • Inversement, la prévalence des réactions systémiques aux piqûres est significativement plus basse pour les enfants :
    • en âge préscolaire (3.4%) et d’âge scolaires (4.3%)
    • par rapport aux adolescents (15.6% ; p < 0.05).
  • Globalement, la prévalence d’une réaction systémique lors d’une nouvelle piqûre est de 15.6% pour l’abeille et de 5.9% pour la guêpe vespula dans le groupe de patients allergiques au venin d’hyménoptère.
  • Les jeunes garçons ayant une anaphylaxie à l’abeille sont majoritaires dans cette cohorte de patients (p = 0.019).

- Conclusion et Application Clinique :

  • Une majorité d’enfants dans cette cohorte ayant une anaphylaxie au venin d’hyménoptère (56%) a été à nouveau piquée, à part égale par des abeilles ou des guêpes vespula.
  • Les enfants les plus jeunes sont plus à risque d’être repiqués, mais moins à risque de faire une réaction systémique.
  • L’immunothérapie au venin d’hyménoptère induit une protection à long terme chez la plupart des enfants : 84.4% des patients ayant initialement une anaphylaxie à l’abeille et 94.1% de ceux ayant une anaphylaxie à la guêpe vespula sont totalement protégés lors d’une nouvelle piqûre.

Les auteurs démontrent que l’immunothérapie protège efficacement la majorité des enfants ayant une anaphylaxie au venin d’hyménoptère. Le risque de nouvelle piqûre au même insecte est très élevé chez les enfants les plus jeunes conduisant à discuter les indications de l’immunothérapie chez les moins de 6 ans.

Cette étude confirme l’efficacité de l’immunothérapie spécifique au venin d’hyménoptère en particulier chez les enfants.

Les auteurs rappellent, que des études précédentes ont montré que chez les enfants non traités, en cas de nouvelle piqûre, la réaction sera très sévère chez 32 à 58% d’entre eux. Chez les adultes le risque d’anaphylaxie plus sévère lors d’une nouvelle piqure est de 65 à 77%.

On voit donc que la protection observée respectivement de 84.4% et 94.1% grâce à l’immunothérapie protège très efficacement de l’anaphylaxie à l’abeille et à la guêpe vespula.

Un des intérêts de ce travail est également de donner la fréquence des risques de nouvelles piqures, qui est très élevé chez des enfants jeunes qui vivent en Suisse et sont donc habitués à vivre en plein air. Mais cette population de moins de 6 ans est moins à risque de faire une anaphylaxie sévère tout en représentant un risque qui existe cependant pour un certain nombre d’entre eux.

Les auteurs pensent donc qu’il faudrait revoir le dogme de l’ITS seulement pour les plus de 6 ans en fonction des risques de nouvelles piqures selon le mode de vie des enfants de moins de 6 ans surtout s’il s’agit de garçons (fréquence plus élevée d’anaphylaxie).

Par ailleurs reste le problème des enfants non protégés par l’ITS : 15.6% pour l’abeille et 7.5% pour la guêpe.

Les auteurs ne donnent pas de solution : faut-il recommander de l’adrénaline auto-injectable pour tous les patients allergiques aux hyménoptères même après immunothérapie ? Dans ce travail la dose d’entretien est de 100 microg : faut-il une dose supérieure ? Il n’y a pas eu d’étude de corrélation avec les taux de base de tryptasémie : est-ce que cela aurait permis d’identifier les enfants à risque de réaction sévère lors d’une nouvelle piqure malgré l’ITS ?

Ces quelques questions ne doivent cependant pas remettre en cause la très grande efficacité de l’immunothérapie spécifique au venin d’hyménoptère, qui quelle que soit la méthode utilisée pour obtenir la dose d’entretien, donne d’excellents résultats.