Asthme et inflammation : vers de nouveaux marqueurs ???

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Asthme et inflammation : vers de nouveaux marqueurs ???

Asthme et inflammation : vers de nouveaux marqueurs ???

vendredi 14 mars 2014, par Dr Cécilia Nocent

Aéroallergènes, sensibilisation alimentaire IgE et inflammation locale et systémique dans l’asthme. : Patelis A, Janson C, Borres MP, Nordvall L, Alving K, Malinovschi A. Aeroallergen and food IgE sensitization and local and systemic inflammation in asthma.

dans Allergy 2014 ; 69 : 380–387.

- Contexte :

  • Les auteurs ont récemment rapporté une association indépendante entre une sensibilisation IgE à des allergènes alimentaires et une augmentation de l’inflammation des voies aériennes, validée par une augmentation de la FeNO dans une étude basée sur la population (J Allergy clin Immunol, 130, 2012, 397).
  • Il n’y a pas d’étude similaire réalisée sur une population d’asthmatiques.
  • Le but de cette étude était d’investiguer le profil de sensibilisation allergénique d’asthmatiques et d’examiner la FeNO, l’hyper-réactivité bronchique et le taux sanguin d’éosinophiles en relation avec le type et le degré de sensibilisation IgE.

- Méthode :

  • FeNO, hyper-réactivité bronchique, taux sanguin d’éosinophiles et sensibilisation IgE à des allergènes alimentaires et à des aéro-allergènes ont été déterminés chez 408 asthmatiques âgés de 10 à 34 ans.

- Résultats :

  • Les asthmatiques ont une prévalence plus élevée de sensibilisation IgE contre tous les allergènes que les témoins (p<0.001).
  • La sensibilisation aux acariens, pollens, phanères d’animaux, moisissures et allergènes alimentaires étaient chacun associés à une augmentation de la FeNO, de l’hyper-réactivité bronchique et du taux d’éosinophiles sanguins chez les asthmatiques.
  • La sensibilisation IgE pour les moisissures, les phanères d’animaux et les allergènes alimentaires étaient corrélés indépendamment à la FeNO (p<0.05 pour tous) après ajustement sur l’âge, le sexe, le tabagisme, le poids et les traitements.
  • La sensibilisation IgE contre les moisissures (p<0.001) et les phanères d’animaux (p=0.02) étaient liée à l’hyper-réactivité bronchique dans un modèle similaire.
  • Finalement, la sensibilisation IgE contre les moisissures (p=0.001), les phanères d’animaux (p<0.001) et les allergènes alimentaires (p<0.001) étaient liés indépendamment au taux sanguin d’éosinophiles.

- Conclusion :

  • Les auteurs ont mis en évidence une relation indépendante entre sensibilisation IgE pour les aéro-allergènes (phanères d’animaux et moisissures) et pour les allergènes alimentaires sur les marqueurs d’inflammation locale et systémique dans l’asthme.
  • Ces données concernant les allergènes alimentaires sont nouvelles et cela pourrait permettre de mieux comprendre les caractéristiques de l’inflammation dans l’asthme à travers la sensibilisation alimentaire.

Il s’agit d’une étude suédoise parue dans Allergy cherchant à établir une relation entre l’inflammation (locale et systémique) chez des asthmatiques et les marqueurs de sensibilisation à de nombreux allergènes.

Les auteurs ont recherché chez 408 asthmatiques les IgE spécifiques pour des aéroallergènes et des allergènes alimentaires et des marqueurs d’inflammation (FeNO, HRB, taux sanguin d’éosinophiles). Après ajustement sur les différents facteurs confondants, les auteurs ont montré que chez les asthmatiques il existait une relation indépendante entre sensibilisation et inflammation.

Les auteurs avaient déjà mis en évidence une relation entre inflammation des voies aériennes et sensibilisation aux allergènes alimentaires dans une population de non asthmatiques.

Ces données semblent donc mettre en évidence une relation entre allergie et inflammation. Cependant il existe de nombreux facteurs qui interviennent. Effectivement on sait que les asthmatiques sont plus allergiques que la population générale. Il existe de nombreux facteurs pouvant participer à l’explication, en particulier très probablement des facteurs génétiques.

Il est donc difficile d’imaginer que la seule existence prouvée de cette relation puisse permettre de mieux expliquer les mécanismes intervenant dans l’inflammation de l’asthmatique. Il faut donc rester vigilant sur les prochaines publications de cette équipe.