Oesophagite à éosinophiles : l’allergologue fait mieux que le hasard !!

mardi 23 septembre 2014 par Dr Stéphane Guez886 visites

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Oesophagite à éosinophiles : l’allergologue fait mieux que le hasard !!

Oesophagite à éosinophiles : l’allergologue fait mieux que le hasard !!

mardi 23 septembre 2014, par Dr Stéphane Guez

Efficacité des IgE ciblée versus un régime empirique d’éviction (REE) chez des adultes ayant une oesophagite à éosinophiles (OE). : Rodríguez-Sánchez J, Gómez Torrijos E, López Viedma B, de la Santa Belda E, Martín Dávila F, García Rodríguez C, Feo Brito F, Olmedo Camacho J, Reales Figueroa P, Molina-Infante J.

Efficacy of IgE-targeted vs empiric six-food elimination diets for adult eosinophilic oesophagitis.

dans Allergy 2014 ; 69 : 936–942.

- Introduction :

  • Les régimes d’éviction basés sur les résultats des tests cutanés ont prouvé leur inefficacité chez les adultes ayant une OE, alors que le REE de 6 aliments est efficace dans 70% des cas.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été de comparer l’efficacité d’un régime basé sur le dosage ciblés d’IgE spécifiques alimentaires versus le REE.

- Matériel et Méthode :

  • Il s’agit d’une étude prospective chez des adultes ayant une OE.
  • Des IgEs vis-à-vis des aliments, des tests cutanés en prick, des patch-tests d’aliments du REE ont été réalisés.
  • Les patients ayant des IgEs > ou = à 1 (seuil > 0.1 kU/l) ont suivi un régime d’éviction de 6 semaines des aliments identifiés, alors que les patients non sensibilisés ont eu un REE également pendant 6 semaines.
  • Les patients ayant répondu au régime (< 15 éosinophiles/HPF) ont eu une réintroduction individuelle des aliments avec un suivi évalué par une histologie.

- Résultats :

  • 43 patients avec OE ont été inclus : 26 avec IgEs positives et 17 avec IgEs négatives.
  • Au regard des IgEs positives, le nombre moyen d’aliments éliminés dans le régime d’éviction est significativement plus faible que dans le REE (3.82 versus 6, p<0.001), avec essentiellement en cause ; le blé (85%), la noisette (73%) et le lait de vache (61%).
  • Il n’y a pas de différence histologique entre les patients faisant un régime ciblé et ceux qui font le régime empirique (73% versus 53%, p = 0.17).
  • Les aliments identifiés par les tests de provocation orale sont : le lait de vache (64%), le blé (28%) l’œuf (21%) et les légumes (7%), avec un aliment déclencheur unique dans 71% des cas.
  • Les dosages d’IgEs ont la meilleures efficacités pour prédire l’aliment responsable chez les patients IgE sensibilisés (sensibilité : 87.5%, spécificité 68% (k : 0.43), avec une valeur de k = 1 pour le lait de vache).
  • Tous les patch-tests sont négatifs.

- Conclusion :

  • La rémission histologique obtenue chez 73% des patients ayant un régime d’éviction ciblé basé sur les dosages d’IgE spécifiques n’est pas supérieure à celle des patients ayant un REE.
  • Le dosage des IgEs identifie le lait de vache comme un aliment déclenchant chez les patients non sensibilisés.

Chez des patients adultes ayant une oesophagite à éosinophiles, les auteurs ont comparé un régime empirique d’éviction de 6 allergènes alimentaires par rapport à un régime d’éviction personnalisé selon les IgE spécifiques. Le nombre de patients guéri est identique dans les 2 cas.

Ce travail clinique va rassurer les allergologues : une exploration allergologique fait aussi bien que le hasard et même mieux, si on considère ce que peut représenter en terme de pénibilité pour le patient, un régime d’éviction drastique pendant 6 semaines. En effet les auteurs font la preuve d’une même efficacité en élimant seulement les quelques aliments auxquels le patient est sensibilisé par rapport à un régime d’éviction aveugle de 6 allergènes majeurs.

Reste à savoir si le coût de l’exploration allergologique en particulier du dosage des IgEs est réellement rentable puisque le régime ciblé ne fait pas mieux que le régime empirique systématique.

Probablement d’autres études sont nécessaires en particulier sur la compréhension exacte du mécanisme de cette oesophagite pour définitivement conclure à un intérêt réel ou non d’une exploration allergique alimentaire dans cette pathologie.