Le TTL refait parler de lui : un petit tour et puis s’en va…

mardi 28 octobre 2014 par Dr Stéphane Guez200 visites

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Le TTL refait parler de lui : un petit tour et puis s’en va…

Le TTL refait parler de lui : un petit tour et puis s’en va…

mardi 28 octobre 2014, par Dr Stéphane Guez

Exanthème lié l’aminopenicilline : le TTL revisité. : Axel Trautmann1,*, Cornelia S. Seitz2, Johanna Stoevesandt1 andAndreas Kerstan1

dans Clinical & Experimental Allergy

- Introduction :

  • Le test de transformation lymphocytaire (TTL) a été proposé comme un test in-vitro permettant le diagnostic de l’hypersensibilité aux médicaments.
  • Pour déterminer la sensibilité statistique du TTL il faut des séries de patients ayant des réactions cliniques identiques ainsi qu’une étude complète de l’hypersensibilité médicamenteuse.
  • L’évaluation de la spécificité des LTT nécessite des patients témoins qui tolèrent l’exposition aux médicaments étudiés.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été de déterminer de façon prospective la valeur diagnostique du TTL dans une série de patients bien définis sur le plan clinique et diagnostic.

- Matériel et Méthode :

  • Des patients ayant un exanthème cutané après prise d’ampicilline (AMP) ont été inclus dans cette étude.
  • Après élimination ou confirmation d’une allergie retardée d’hypersensibilité à l’AMP par tests cutanés et test de provocation, 2 tests indépendants TTL ont été faits :
    • l’un par TTL standard
    • et l’autre par un TTL modifié par l’addition d’un anticorps monoclonal de stimulation anti-CD3/anti-CD28.

- Résultats :

  • Par les tests, la réaction retardée d’hypersensibilité à l’AMP a été diagnostiquée chez 11 patients et définitivement éliminée chez 26.
  • Le TTL standard atteint une sensibilité diagnostique de 54.5% alors que le TTL modifié est de 72.7%.
  • Cependant, la méthode du test modifié entraine une diminution de la spécificité de 92.3% (TTL standard) à 76.9%.

- Conclusions et Applications Cliniques :

  • Dans les cas d’exanthème associés à l’AMP, la valeur diagnostique du TTL par rapport aux autres tests allergologiques habituels est limitée.
  • Lorsqu’on évalue de tels exanthèmes, les tests de provocations restent le « gold standard ».
  • La lecture retardée des IDR reste le test le plus utile pour éviter les tests de provocation positifs.

Les auteurs ont étudié la sensibilité et la spécificité du TTL dans le diagnostic des exanthèmes liés à l’aminopenicilline. Un groupe de patients homogènes a été étudié avec tests cutanés, TPO et 2 TTL : l’un standard, l’autre amélioré. Il n’y a pas de supériorité du TTL par rapport aux tests allergologiques habituels.

Depuis longtemps, les allergologues sont à la recherche d’une sorte de graal : un test biologique permettant un diagnostic d’allergie médicamenteuse avec une excellente sensibilité et spécificité et permettant des valeurs prédictives positives et négatives proches de 100%. Il ne s’agit malheureusement toujours que d’un rêve. Et si on cherche à améliorer le TTL comme ici, la sensibilité augmente au détriment de la spécificité.

La meilleure conduite diagnostique repose toujours sur l’interrogatoire, la réalisation de tests cutanés en prick et en IDR avec lecture retardée, et un TPO pour les patients ayant des tests cutanés négatifs afin d’éliminer la responsabilité de l’AMP.