Allergie aux pollens : le bon allergologue doit être aussi un bon profileur !!

vendredi 7 novembre 2014 par Dr Stéphane Guez1723 visites

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Allergie aux pollens : le bon allergologue doit être aussi un bon profileur !!

Allergie aux pollens : le bon allergologue doit être aussi un bon profileur !!

vendredi 7 novembre 2014, par Dr Stéphane Guez

Profil allergénique de l’allergie à la fléole et modifications immunologiques induites par l’immunothérapie spécifique. : Beitia J.M. · López-Matas M.A. · Alonso A. · Vega A. · Mateo B. · Cárdenas R. · Carnés J.
aAllergy Service, Hospital de Guadalajara, Guadalajara, and bR&D Department, Laboratorios LETI, S.L., Madrid, Spain

dans Int Arch Allergy Immunol 2014 ;165:9-17

- Introduction :

  • Le diagnostic moléculaire a fait la preuve de l’existence de différents profils de sensibilisation chez les patents allergiques aux graminées, reflétant le grand nombre d’allergènes impliqués.
  • Cette approche diagnostique est devenue un outil indispensable pour porter un diagnostic correct et pour sélectionner le profil le plus adapté à une immunothérapie.
  • Basé sur ce concept, l’objectif de cette étude a été de déterminer le profil de sensibilisation d’une population allergique aux graminées, et de traiter les patients par une immunothérapie spécifique.

- Matériel et Méthode :

  • Des patients présentant une rhinite et/ou un asthme lié aux graminées ont été recrutés.
  • Le groupe actif a été traité avec des extraits allergéniques dépigmentés-polymérisés d’un mélange de pollens de graminées.
  • Les IgEs et IgG4 à la fléole et à ses composants allergéniques (Phl p 1, 2, 4, 5b, 6, 7, 11 et 12) ont été mesurés au début et à la fin de l’étude.

- Résultats :

  • Les critères d’inclusion ont été remplis pour 139 patients :
    • 36 dans le groupe contrôle
    • 103 dans le groupe traité.
  • Les allergènes les plus souvent reconnus sont Phl p 1 (96.4%) et Phl p 4 (91.2%), et 15.3% des patients sont positifs pour les CCD.
  • Les taux d’IgG4 augmentent de façon significative après traitement, et le rapport IgE/IgG4 diminue de façon significative pour tous les allergènes après l’immunothérapie.
  • Il n’y a aucune différence observée dans le groupe contrôle.

- Conclusions :

  • Un pourcentage important de patients sensibilisés à Phl p 4 est observé.
  • L’efficacité de l’immunothérapie a été établie par la mesure des taux d’IgG4s et le rapport IgE/IgG4 avant et après traitement.
  • Les profils de sensibilisation devraient être pris en compte pour préparer le produit de désensibilisation avec les allergènes les plus appropriés et nécessaires.

Les auteurs ont étudié l’efficacité d’une immunothérapie aux graminées chez des patients allergiques en adaptant le produit de désensibilisation au profil allergique étudié en allergologie moléculaire. Une immunothérapie adaptée entraîne de façon significative une augmentation des IgG4s et une inversion du rapport IgE/IgG4.

Ce travail est la suite logique de l’amélioration de la connaissance diagnostique de nos patients allergiques aux pollens grâce à l’allergologie moléculaire.

Une immunothérapie basée sur une sélection d’allergènes prenant en comte le profil de sensibilisation est efficace de façon significative sur des critères d’efficacité biologique.

En fait ce travail ne permet pas réellement une continuité de prise en charge basée sur l’allergologie moléculaire. La question est de savoir si une immunothérapie avec un extrait dont le contenu précis en allergènes, basé sur le profil de sensibilisation du patient, est plus efficace ou non par rapport à une immunothérapie classique avec des extraits mélangés de pollens de graminées.

Le point donc majeur est de connaitre de façon précise le profil allergénique de l’extrait utilisé et de pouvoir l’adapter au patient : il faudrait donc des extraits de différents composants allergéniques de la fléole permettant la réalisation d’un mélange spécifique à chaque patient.

Et c’est là que le bât blesse : actuellement nous ne connaissons toujours pas le contenu précis en composants allergéniques de nos extraits allergiques utilisés pour l’immunothérapie ce qui rend vain l’étude du profil de sensibilisation de nos patients de façon précise puisse que de toute façon nous ne pouvons pas en tenir compte pour l’immunothérapie spécifique.

Il faudrait donc que les laboratoires qui produisent ces extraits nous fournissent enfin un profil allergénique du contenu des extraits. Sinon, il faut admettre que l’allergologie moléculaire dans ce domaine de l’allergologie n’a aucun intérêt en dehors de la recherche clinique.