Trop bonne pomme...

mardi 11 mai 2004 par la rédaction

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Trop bonne pomme...

Trop bonne pomme...

mardi 11 mai 2004

C’est la pomme qui a subi l’étude attentive d’une équipe de l’INRA-INH-Université, ou plus exactement la pomme façon "blanche-neige" : trempée dansle produit acibenzolar-S-methyl (ASM) qui sert pour activer les défenses des plantes et leur permettre ainsi une meilleure résistance induite aux agresseurs.

Les angevins ont alors regardé la contenance en isoformes de PR-10 (allergènes de la famille de ceux des bétulacées) et ont observé une augmentation de production de celles-ci.

Alors y a t il des pommes "à risque" de réaction supérieure aux autres selon qu’elles sont traitées par des phytosanitaires ou pas ?

L’auteur conclue ainsi : "Nos résultats montrent que dans le cas du pommier, un traitement phytosanitaire par un PA, dont la matière active est l’ASM, est susceptible d’induire l’expression d’isoformes de protéines PR-10. Ces protéines de défense sont codées par une famille multigénique qui comprend une quinzaine de gènes chez le pommier (Atkinson et col., 1996), et le potentiel allergène de certaines isoformes a été bien démontré. Ainsi 65 à 90% des patients allergiques aux pommes possèdent des anticorps (IgE) spécifiques desisoformes de la sous-classe APb. Toutefois, comme nous l’avons montré, les gènes de cette sous-classe sont assez faiblement induits par le traitement à l’ASM. Les isoformes de la sous-classe APa sont par contre très fortement induites par l’ASM même par l ‘application de concentrations sub-optimales en matière active. De plus, le niveau d’accumulation de ces protéines dans les tissus traités reste très élevé pendant au moins 15 jours. Bien que le potentiel allergène des isoformes de la sous-classe APa n’ait pas été expérimentalement démontré, il semble très probable, et ce en dépit des variations relevées au niveau de 4 des 6 épitopes communs entre Mal d1 et Bet v1. Nos premières analyses montrent cependant que les isoformes de la famille APa ne s’accumulent pas dans le fruit suite à un traitement. Si ce résultat est confirmé, l’ASM ne devrait pas être considéré pour le consommateur comme un facteur aggravant du risque d’allergies croisées pollen/pomme liées aux PR-10. D’autres protéines de défense du pommier potentiellement allergènes (PR-5, PR-14, isoflavone réductase) sont toutefois susceptibles d’être induites par l’ASM et leur niveau d’accumulation dans les fruits traités devra être étudié. D’une manière générale, pour l’ensemble des produits phytosanitaires de type PA, il conviendrait, avant leur homologation pour le traitement des arbres fruitiers, de suivre les recommandations d’évaluation des risques allergéniques présentés sur la Fig. 1. (ndr : cf le schéma) Il va de soit que cela suppose des analyses parfois contraignantes et au cas par cas, mais il nous semble que ce n’est qu’au prix du respect d’un tel diagramme de recommandations que la qualité du fruit traité par un PA pourra être garantie aux consommateurs."

Alors mangez des pommes mais ne soyez pas trop tartes pour tout avaler !


Voir en ligne : Protéines de défense induites et allergies aux pommes

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