P.A.I : tout un art

jeudi 6 septembre 2007 par la rédaction

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P.A.I : tout un art

P.A.I : tout un art

jeudi 6 septembre 2007

Septembre : c’est la rentrée, vous l’aviez remarqué.

Rentrée scolaire signifie excitation, inquiétude et parfois joie pour les petits ; course contre la montre, journées de 25 heures et paperasses à n’en plus finir pour les mamans.

Quand, en plus, vient se greffer le problème de l’accueil d’un enfant souffrant d’allergie alimentaire, les choses se compliquent encore. Il faut rédiger le Projet d’Accueil Individualisé (P.A.I) qui permet aux bambins de pouvoir manger sans risque en collectivité.

Pour les allergologues, c’est la saison des coups de téléphone paniqués : « Docteur, j’ai rendez-vous hier avec l’école pour le P.A.I. On n’a pas eu le temps de venir avant comme vous nous l’aviez demandé. Vous pouvez nous envoyer les papiers ? Toutes façons vous l’avez vu l’année dernière. »

NON !

Non, car l’allergie alimentaire, suivant les allergènes en cause, est évolutive. Elle peut s’améliorer et permettre parfois à l’enfant de reconsommer l’aliment ; elle peut s’aggraver et nécessiter d’augmenter les mesures préventives.

Non, car la rédaction d’un P.A.I. n’est pas une simple formalité administrative.

Elle doit trouver le juste équilibre entre la « facilité » d’un P.A.I. extrémiste où l’on prescrit de l’adrénaline à un enfant qui n’a jamais eu de réaction clinique évidente à l’aliment mais qui a un test positif ; et «  l’inconscience » d’un P.A.I. où il n’y aurait pas de prise en compte des situations à risque nécessitant la prescription d’adrénaline.

La rédaction d’un P.A.I. est donc un art difficile : ne pas compliquer inutilement la vie de l’enfant, de sa famille, des enseignants, du médecin scolaire et des institutions, tout en ne mettant jamais en danger la santé de l’allergique…

Alors, le P.A.I. par téléphone : jamais !.


Voir en ligne : Dr Hervé Masson

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