Non patron, j’ai soif mais pas de « pressions » sinon ça gratte, plutôt un grand verre d’Immunoglobulines.

mercredi 26 novembre 2003 par Dr Stéphane Guez3029 visites

Accueil du site > Maladies > Urticaire > Non patron, j’ai soif mais pas de « pressions » sinon ça gratte, plutôt un (...)

Non patron, j’ai soif mais pas de « pressions » sinon ça gratte, plutôt un grand verre d’Immunoglobulines.

Non patron, j’ai soif mais pas de « pressions » sinon ça gratte, plutôt un grand verre d’Immunoglobulines.

mercredi 26 novembre 2003, par Dr Stéphane Guez

La prise en charge thérapeutique de l’urticaire chronique retardée à la pression est un casse tête pour les patients et pour les médecins. Y a t’il du nouveau dans le traitement de cette affection qui suscite peu de publications ? Oui, lire l’article en ligne…

Effets de fortes doses d’immunoglobulines IV dans l’urticaire retardée à la pression. : Dawn G, Urcelay M, Ah-Weng A, O’Neill SM, Douglas WS.

Department of Dermatology, Monklands Hospital, Airdrie, Lanarkshire, ML6 0JS, U.K. gmitali@eggconnect.net

dans Br J Dermatol. 2003 Oct ;149(4):836-40

L’urticaire retardée à la pression (URP) est difficile à traiter. De fortes doses d’immunoglobulines IV (Ig IV) ont pu êtres efficaces dans le traitement de patients ayant une urticaire chronique auto-immune.

- Objectif de l’étude  : Ce travail rapporte l’expérience des auteurs sur les effets d’un traitement par Ig IV chez 8 patients ayant une URP sévère et permanente.

- Méthode  :
* Le traitement a été administré à la dose de 2 g/kg sur 2 à 3 jours.
* La réponse au traitement a été évaluée de façon subjective en :
** rémission,
** amélioration ou
** absence d’effet.
* Un test cutané au sérum autologue a été fait chez 7 patients.

- Résultats  :
* 3 des 8 patients ont une rémission : 2 après un traitement et un après 3 cures.
* 2 patients ont été améliorés et 3 n’ont pas eu de modification, avec 2 qui ont diminué leur traitement après 2 cures et l’un qui ne s’est pas amélioré après 6 cures mensuelles.
* 4 des 7 patients ont un test cutané positif au sérum autologue, 3 répondent au traitement par Ig IV.
* 2 ont développé une réponse cutanée retardée au test avec le sérum autologue avec une bonne réponse au Ig IV.
* Parmi les 3 patients ayant des tests cutanés négatifs, 2 ont répondu au traitement par Ig IV.

- Conclusions :
* Le traitement par Ig IV induit une rémission ou une amélioration des symptômes chez 5 des 8 patients ayant une URP sévère avec une symptomatologie permanente ne répondant pas aux traitements classiques ou nécessitant la prise de corticoïdes par voie générale.
* Ceux qui répondent le font après 3 cures ou moins.
* Le test cutané positif au sérum autologue n’est pas un élément prédictif d’une bonne réponse aux Ig IV.


Dans ce travail, les auteurs démontrent qu’un traitement par fortes doses d’Ig par voie IV peut améliorer de façon significative des patients qui présentent une urticaire retardée sévère à la pression. Le test cutané au sérum auto logue n’apporte pas d’information prédictive d’une bonne réponse aux Ig IV.

L’urticaire chronique est difficile à traiter et désespère aussi bien les patients atteints que les médecins qui cherchent à les soigner.

Il y a quelques années un espoir est apparu avec la mise en évidence d’une forme auto-immune d’urticaire chronique démontrée par des tests positifs lors de pricks et d’IDR réalisés avec le propre sérum du patient.

Des données expérimentales ont permis de mettre en évidence des auto-anticorps dirigés contre le récepteur Fc epsilon des IgE ou plus rarement contre les IgE elles mêmes.

Il a donc été proposé des traitements analogues à ceux des maladies auto-immunes avec dans certains cas un bon succès thérapeutique. Mais ces traitements sont chers et ne sont pas anodins.

Une restriction de l’utilisation des Ig IV a freiné l’utilisation de ce traitement dans les formes sévères d’urticaire chronique, alors que la pratique des tests autologues a été rendu très difficile par la nécessité d’un traçage biologique du produit préparé par le CTS etc… ne permettant plus la réalisation de ces tests en routine.

Le travail de cette équipe étrangère est donc intéressant car à nouveau il rappelle que ce traitement peut effectivement améliorer un certain nombre de patients pour une affection certes non mortelle mais extrêmement pénible et altérant de façon significative la qualité de vie.

Il s’agit d’une petite série, il n’y a pas de placebo, mais le résultat est à prendre en compte.

Il est logique pour des patients ne supportant plus leur affection et pour lesquels le seul recours est la corticothérapie au long cours, de proposer un traitement par des Ig par voie IV.