Grosse colère : oui et oui, il faut poursuivre les vaccinations de nos enfants !!

mercredi 12 mai 2004 par Dr Stéphane Guez3011 visites

Accueil du site > Pratique > Malades > Grosse colère : oui et oui, il faut poursuivre les vaccinations de nos (...)

Grosse colère : oui et oui, il faut poursuivre les vaccinations de nos enfants !!

Grosse colère : oui et oui, il faut poursuivre les vaccinations de nos enfants !!

mercredi 12 mai 2004, par Dr Stéphane Guez

Certaines personnes colportent des idées fausses sur les vaccinations jetant un trouble légitime chez des parents qui hésitent alors à faire vacciner leurs enfants. Que faut-il réellement penser par exemple du risque qui a été émis concernant une relation entre vaccin anti-coqueluche et le développement d’un asthme ?

Vaccination contre la coqueluche et asthme ou allergie dans l’enfance : étude d’une cohorte suivie depuis la naissance. : Anirban Maitra, clinical fellow in paediatric respiratory medicine1, Andrea Sherriff, statistician2, Mansel Griffiths, consultant ear, nose, and throat surgeon3, John Henderson, senior lecturer in child health1 Avon Longitudinal Study of Parents and Children Study Team

1 Bristol Royal Hospital for Children, Department of Respiratory Medicine, Bristol BS2 8BJ, 2 Avon Longitudinal Study of Parents and Children, University of Bristol, Department of Community-based Medicine, Bristol BS8 1TQ, 3 St Michael’s Hospital, Ear, Nose, and Throat Department, Bristol BS2 8EG

dans BMJ 2004 ;328:925-926

Des études ont impliqué le vaccin de la coqueluche comme pouvant entraîner le développement d’un asthme dans l’enfance. Cependant des études contradictoires ont été publiées mais avec un suivi très court ne permettant pas de conclure le problème.

- Objectif de l’étude : Rechercher s’il existe un lien entre la vaccination contre la coqueluche et le risque de développer un asthme, chez des enfants, dans une large population : cohorte suivie depuis la naissance jusqu’à l’age de 7.5 ans.

- Méthodologie  :

  • 13971 enfants ont été inclus.
  • Ils ont été répartis en trois groupes :
    • vaccination complète,
    • vaccination partielle (pas contre la coqueluche) et
    • pas de vaccination.
  • Le suivi a été également standardisé en :
    • asthme entre 69 et 81 mois,
    • sifflements entre 69 et 81 mois,
    • asthme diagnostiqué par un médecin à 91 mois, et
    • une atopie diagnostiquée par un test positif à un pneumallergène à l’age de 7 ans.
  • Différents paramètres ont été pris en compte :
    • antécédents familiaux,
    • données socio-économiques,
    • tabagisme,
    • origine ethnique etc...
  • Une analyse par régression logistique a été utilisée pour évaluer les associations entre asthme et vaccinations en tenant compte des diverses variables associées.

- Résultats :

  • 94.9% des enfants ont eu une vaccination totale.
  • La prévalence de l’asthme est de 20.3% à 91 mois et de 12.4% entre 69 et 81 mois,
  • La prévalence des sifflements est de 9.8% et celle d’un terrain atopique est de : 20.5%.
  • Il n’y a pas de différence statistiquement significative entre les différents groupes compte tenu du faible nombre d’enfants dans les groupes partiellement ou non vaccinés.

- Conclusion : Cette étude ne montre pas de lien entre le fait de vacciner des enfants contre la coqueluche et le risque de développer un asthme ou une atopie à l’age de 67.5ans.


Dans cette étude reposant sur le suivi d’une cohorte d’enfants de la naissance à l’age de 7.5 ans, les auteurs démontrent qu’il n’y a pas de lien entre le fait de développer un asthme ou un terrain atopique, et la vaccination contre la coqueluche.

D’une manière plus générale, il n’y a pas d’influence des vaccinations sur l’asthme.

Ce travail est très important car la recherche de facteur étiologique au développement de l’asthme chez les enfants peut conduire à des prises de position parfois absurdes.

Ainsi, remettre en question les avantages indéniables des vaccinations qui ont fait chuté la mortalité infantile de manière spectaculaire ces 50 dernières années devrait reposer sur des arguments incontestables. Il n’en est rien, et souvent les médecins, et à fortiori les patients, se laissent abuser par des études qualifiées de scientifiques qui énoncent des résultats « statistiquement significatifs » mais avec souvent des chiffres absolus qui sont loin d’emporter la conviction.

Il y a souvent également des erreurs méthodologiques qui rendent les résultats très délicats à interpréter.

Il en est ainsi du rôle supposé de la vaccination dans le risque de développer un asthme. Cette étude démontre qu’il n’en est rien.

Si on reprend les données des théories actuelles sur la physiopathologie de l’asthme et des maladies allergiques, ont comprend qu’au contraire les vaccinations ont toutes les chances de stimuler les TH1 et donc de protéger de ces affections, ou au pire de rétablir un équilibre chez les enfants qui n’auraient qu’un différenciation de type TH2.

Il faut donc se garder de tirer des conclusions hâtives sur les causes supposées de l’épidémie d’asthme dans nos pays.

Si la cause était si simple il y a longtemps qu’elle aurait été trouvée et que le problème serait réglé.