14 octobre 2004 ·  · 2821 lectures

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L’urticaire chronique est une pathologie dont le diagnostic étiologique reste toujours difficile à établir. Les infections sont souvent évoquées comme mode de déclenchement ou tout simplement comme étiologie. Ici, dans une revue des articles récents concernant le sujet, les auteurs tentent de faire le point.

Urticaire chronique et infections. : Wedi, Bettina ; Raap, Ulrike ; Kapp, Alexander

dans Current Opinion in Allergy & Clinical Immunology. 4(5):387-396, October 2004

 PROPOS DE LA REVUE

  • La pathogénie de l’urticaire chronique est multifactorielle et de fait il n’existe pas de traitement spécifique.
  • Dans le cas de l’urticaire aiguë, il n’y a pas de doute sur la relation avec les infections et tout urticaire chronique débute par une forme aiguë.
  • Cependant, dans la forme chronique, un rôle initial des infections est controversé, aussi il est indéniable que les infections intercurrentes constituent des conditions d’exacerbation.
  • Il s’agit de la première revue en langue anglaise basée sur des analyses détaillées des publications concernant les infections et l’urticaire chronique.

 DECOUVERTES RECENTES

  • Dans l’urticaire chronique il y a beaucoup d’éléments en faveur des infections, mais il n’existe pas d’essais contrôlés et randomisés.
  • La prévalence des infections n’a pas augmenté mais chez des patients susceptibles la réponse immunitaire peut générer le développement d’une urticaire chronique.
  • Il est intéressant de noter qu’il y a des preuves pour qu’une infection soit associée à une réponse auto-immune au moins dans le sous-groupe ayant un test cutané positif au sérum autologue.
  • Une variété de mécanismes a été évoquée pour expliquer ces observations incluant un mimétisme moléculaire.

 AU TOTAL

  • En fait, les arguments pour un rôle important sous-jacent des infections dans l’urticaire chronique sont faibles, du point de vue de la médecine basée sur des preuves, mais il existe des données qui suggèrent un lien.
  • De plus, une association avec une étiologie sous-jacente ou provocatrice infectieuse est difficile à établir du fait qu’il n’y a pas de possibilité de pratiquer un test de provocation et le nombres des autres déclencheurs de l’urticaire est grand.
  • Dans le futur, Il sera nécessaire de révéler le lien entre urticaire, auto-réactivité, réactions d’hypersensibilité non médiée par les IgE et les infections pour trouver un traitement intéressant et spécifique de la symptomatologie urticarienne.

Le mot de l'allergo

Il s’agit d’une revue d’articles concernant l’urticaire chronique et les infections, sélectionnés en fonction des critères de la médecine basée sur des preuves.

Les auteurs abordent là un sujet brûlant, celui de l’urticaire chronique. Ils attirent d’emblée notre attention sur le manque cruel d’articles sérieux à ce sujet d’autant plus difficile à expertiser que le test de provocation n’est guère possible et que s’intrique un grand nombre de facteurs étiologiques ou intercurrents. Il n’y a pas d’études contrôlées et randomisées.

Les auteurs rappellent par contre des éléments de preuve en faveur de l’implication des infections associées dans une réponse auto-immune particulièrement chez les patients ayant un test positif au sérum autologue.

En fait, en pratique allergologique courante, le rôle de l’allergologue est, une fois éliminée une étiologie allergique, de s’assurer de l’absence d’étiologie systémique. Ensuite, il se retrouve face à une urticaire chronique « idiopathique ».

Il est tenté d’impliquer une infection quelconque virale ou bactérienne comme détonateur de l’urticaire. Mais, les infections sont tellement fréquentes, particulièrement au niveau des voies respiratoires hautes qu’il paraît un peu exagéré de vouloir les impliquer à tous coups dans l’urticaire.

Pourtant, objectivement, en réfléchissant à mon expérience personnelle, je pense que parfois les infections surtout bactériennes sont en cause lorsque l’aspect de l’urticaire est particulier. Il s’agit de grandes plaques urticariennes à l’aspect circiné et marbré avec des zones très érythémateuses alliées à des zones pâles. Dans ces cas, une antibiothérapie de principe résout bien souvent le problème rapidement.
Autre aspect, en période « virale », je note une recrudescence de demande de consultation pour urticaire.

Mais, je reste d’accord avec les auteurs, il faudra se donner les moyens de mieux explorer le phénomène urticaire chronique, on ne peut se contenter d’impressions personnelles.

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