Union européenne contre les allergies : faut-il faire entrer les Endotoxines ?

lundi 18 avril 2005 par Dr Stéphane Guez1415 visites

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Union européenne contre les allergies : faut-il faire entrer les Endotoxines ?

Union européenne contre les allergies : faut-il faire entrer les Endotoxines ?

lundi 18 avril 2005, par Dr Stéphane Guez

La théorie hygiéniste a conduit à la publication d’une littérature très abondante ces dernières années. Il est donc nécessaire de faire le point réellement sur les avantages d’une exposition aux endotoxines et sur les éventuels effets néfastes de cette exposition. Surtout que nous ne sommes pas tous égaux face aux infections.

Rôle des endotoxines et de leurs récepteurs dans les affections allergiques. : Williams LK, Ownby DR, Maliarik MJ, Johnson CC.

Department of Internal Medicine, Henry Ford Health System, Detroit, Michigan 48202, USA.

dans Ann Allergy Asthma Immunol. 2005 Mar ;94(3):323-32

- Objectif de l’étude :

  • Faire le point sur la littérature disponible concernant l’association entre endotoxines et affections respiratoires et maladies allergiques,
  • et faire la synthèse des données concernant les effets modificateurs potentiels du polymorphisme des récepteurs aux endotoxines.

- Méthodologie :

  • Source des données :
    • Il s’agit des articles de langue anglaise parus dans le Medline et PubMed en combinant différents mots-clés : endotoxine, toll-like récepteur, polymorphisme, atopie, asthme et allergie.
    • D’autres données ont inclus des avis d’experts dans ce domaine et des bibliographies d’articles pertinents.
  • Sélection des études :
    • Les articles pertinents ont été sélectionnés sur l’avis des auteurs experts.

- Résultats :

  • Les études transversales, particulièrement celles conduites chez des enfants en zones rurales en Europe, suggèrent qu’une exposition précoce aux endotoxines pourrait protéger contre le développement d‘une sensibilisation allergique et contre l’asthme atopique.
  • Cependant, l’exposition aux endotoxines peut également contribuer au développement d’autres affections respiratoires non atopiques et pourrait exacerber des affections chez des individus ayant un asthme préexistant.
  • Paradoxalement, parmi les individus exposés à des taux élevés d’endotoxines, le fait de porter une mutation du toll-récepteur 4 qui réduit la réponse cellulaire aux endotoxines, pourrait être un facteur de moindre risque de développer une sensibilisation allergique.

- Conclusions :

  • Les effets de l’exposition aux endotoxines sur la sensibilisation allergique et sur l’asthme semblent influencés par le temps d’exposition, la présence ou l’absence d’une affection préexistante, et le polymorphisme génétique des récepteurs aux endotoxines.
  • D’autres études sont donc nécessaires pour définir la meilleure période d’exposition aux endotoxines, ainsi que le mécanisme immunologique sous jacent.

Dans cet article de synthèse des parutions de langue anglaise, les auteurs font le point sur l’association entre exposition aux endotoxines et risque de sensibilisation et asthme allergique. S’il existe un effet protecteur, il dépend, du terrain génétique sous-jacent et de l’existence ou non d’une affection préexistante.

Ce travail montre qu’il faut rester prudent dans l’interprétation des résultats et qu’il n’est pas possible encore de valider totalement le concept : exposition précoce aux endotoxines égal protection contre sensibilisation et asthme allergique.

En effet, d’autres facteurs interviennent comme le moment de cette exposition, sa durée et surtout le terrain génétique sous-jacent.

Car nous ne sommes pas tous égaux devant les infections et, à même germe ou même endotoxine, nous répondrons de façon différente selon la morphologie de nos récepteurs.

En particulier, les toll-récepteurs qui fixent les endotoxines conditionnent la réponse immunologique aux infections. Il est effectivement paradoxal de constater que les individus qui ont une anomalie du Toll récepteur 4 conduisant à une moindre résistance aux infections, auraient également moins de risque de devenir allergique.

Ainsi il y a une relation inverse entre risque infectieux et risque allergique, ce qui est un facteur limitant pour utiliser ces endotoxines dans des populations à risque.

Effectivement d’autres études sont donc nécessaires pour savoir qu’elle est le moment le plus opportun pour exposer les nouveaux nés aux endotoxines par rapport à la maturation du système immunitaire pour avoir les effets bénéfiques de cette exposition sans ses effets potentiellement négatifs.