Urticaire et paracétamol : dissipation d’un malentendu !!!

mardi 20 septembre 2005 par Dr Stéphane Guez28226 visites

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Urticaire et paracétamol : dissipation d’un malentendu !!!

Urticaire et paracétamol : dissipation d’un malentendu !!!

mardi 20 septembre 2005, par Dr Stéphane Guez

Une allergie au paracétamol est souvent alléguée par les parents d’enfants ayant présenté une crise d’urticaire. Est-ce que l’imputabilité du paracétamol est fréquente ? Y a-t-il une réaction croisée avec les AINS ? Le test de provocation par voie orale est-il dangereux ? Autant de questions toutes abordées dans cet article.

Réaction d’hypersensibilité au paracétamol chez l’enfant : étude de 25 cas. : K. Boussetta1, C. Ponvert2, C. Karila2, M. Le Bourgeois2, J. de Blic2, P. Scheinmann2

1Service de Médecine Infantile B, Hôpital d’Enfants de Tunis, Tunis, Tunisie ; 2Université René Descartes-Paris V, Service de Pneumologie and Allergologie pédiatriques, Hôpital Necker-Enfants Malades, Paris, France

dans Allergy 60 (9), 1174-1177

- Introduction :

  • Les réactions allergiques au paracétamol (acetaminophene) sont rares.
  • L’hypersensibilité, allergique et non allergique au paracétamol, a été diagnostiquée chez quelques patients sur des manifestations cutanées et/ou respiratoires, une urticaire immédiate ou accélérée et un angio-oedème.
  • Plusieurs patients ayant une hypersensibilité au paracétamol ont également une hypersensibilité aux médicaments anti-inflammatoires (comme l’acide acétylsalicylique), suggérant que les réactions dépendent d’une hypersensibilité non allergique.
  • Cependant, des réactions anaphylactiques, et des toxidermies potentiellement graves comme la pustulose exanthématique généralisée et la nécrose épidermique toxique ont été rapportées à des réactions allergiques spécifiques au paracétamol avec tolérance des médicaments anti-inflammatoires.

- Objectif :

  • Nous rapportons les résultats d’une étude portant sur 25 enfants suspects d’hypersensibilité au paracétamol.

- Méthodologie :

  • Le diagnostic a été porté :
    • sur une histoire clinique évocatrice
    • et sur un test de provocation positif par voie orale.

- Résultats :

  • L’hypersensibilité au paracétamol a été diagnostiquée seulement chez 1 enfant (4%).
  • Pour cet enfant, une réponse positive au test de provocation orale avec l’aspirine a permis également de diagnostiquer une hypersensibilité aux AINS.

- Conclusion :

  • Nos résultats dans cette série d’enfants sont en accord avec les données de la littérature, montrant que l’hypersensibilité au paracétamol est rare et est associée à une hypersensibilité aux AINS chez la plupart des patients.

Dans ce travail clinique, les auteurs rapportent leur expérience sur une série de 25 enfants suspects d’allergie au paracétamol et chez lesquels un test de provocation oral a été réalisé.

Seulement 1 enfant soit 4% présente une réaction qui par ailleurs n’est pas croisée avec les AINS.

Ce travail est intéressant car il est de plus en plus fréquent de voir en consultation allergologique des enfants chez lesquels on suspecte une allergie au paracétamol le plus souvent en raison d’une réaction urticarienne coïncidant avec la prise de ce médicament.

Le test de provocation par voie orale est licite dans la mesure où il permet dans plus de 90% des cas de réintroduire définitivement cette molécule exclue à tort.

Cependant, même si une réaction ne survient que dans 4% des cas il est difficile de laisser faire cette prise sans surveillance, car il existe bien une réaction évocatrice d’hypersensibilité immédiate donc pouvant conduire à un choc anaphylactique. Car il n’y a pas de détail sur le mécanisme réel qui pourrait être en jeu dans les cas de réponse positive.

Sur un plan pratique, lorsque plusieurs molécules sont suspectées lors d’un effet indésirable il faut retenir la rareté d’une réaction positive lors d’un test de réintroduction au paracétamol, devant donc conduire à plutôt suspecter les autres médicaments.