Vrai ou Faux (mono ou di...) ?

samedi 25 février 2006 par Dr Annie-Claire FEDIERE-PLISSONNEAU1133 visites

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Vrai ou Faux (mono ou di...) ?

Vrai ou Faux (mono ou di...) ?

samedi 25 février 2006, par Dr Annie-Claire FEDIERE-PLISSONNEAU

Les grossesses gémellaires représentent environ une grossesse sur 80 et ce chiffre a augmenté suite aux traitements pour la fertilité.
Il faut faire la distinction entre les 2 types de jumeaux. D’une part, les hétérozygotes ou dizygotes qui sont génétiquement comme n’importe quels frère et sœur c’est-à-dire qu’ils ne partagent que 50% de leurs génomes. Et d’autre part, homo ou monozygotes qui sont issus d’un seul ovule et dont le génome est strictement identique. L’étude des facteurs de risque d’asthme dans ces deux populations permet donc de différencier ce qui a trait aux facteurs génétiques de ce qui est lié aux facteurs environnementaux.

Facteurs de risque de l’asthme chez des adultes jeunes : une étude contrôle chez des jumeaux. : S. F. Thomsen1, C. S. Ulrik2, K. O. Kyvik3, K. Larsen4, L. R. Skadhauge5, I. E. Steffensen6, D. L. Duffy7, V. Backer1

1Department of Internal Medicine, Bispebjerg Hospital, Copenhagen, Denmark ; 2Department of Respiratory Medicine, Hvidovre Hospital, Copenhagen, Denmark ; 3The Danish Twin Registry, University of Southern Denmark, Odense, Denmark ; 4Clinical Research Unit, Hvidovre Hospital, Copenhagen, Denmark ; 5Department of Occupational and Environmental Medicine, Haderslev Hospital, Haderslev, Denmark ; 6Department of Respiratory Medicine, Holbæk Hospital, Holbæk, Denmark ; 7Queensland Institute of Medical Research, Brisbane, Australia

dans Allergy 61 (2), 229-233

- Introduction

  • La « responsabilité » de l’asthme est influencée à la fois par la génétique et par les facteurs environnementaux.
  • L’objectif de cette étude est d’identifier les facteurs de risque pour l’asthme chez les jeunes adultes jumeaux pendant une période de 8 ans.

- Méthodes

  • À partir d’une cohorte de naissance de 1953 à1982 du registre danois des jumeaux, 6090 paires de jumeaux, qui n’étaient pas au commencement atteints d’asthme, ont participé à une étude dans tout le pays en 1994 puis à une étude complémentaire semblable en 2002.
  • Les sujets répondant affirmativement à la question « Avez-vous eu de l’asthme en 2002 ? » étaient considérés comme ayant eu un épisode d’asthme.
  • Les paires de jumeaux dont un seul membre avait développé de l’asthme, ou paires discordantes, étaient identifiées et une étude était réalisée pour détecter les effets des facteurs de risque.

- Résultats

  • Un total de 126 paires de jumeaux discordantes monozygotes (MZ) et 273 dizygotes (DZ) était identifié.
  • Chez les paires MZ le rhume des foins (OR=3.16, IC 95% : 1.29 - 7.73, p=0.007) et l’exercice (OR pour l’inactivité =0.35, IC 95% : 0.13 - 0.91, p=0.023) étaient significativement associées avec l’asthme
  • Alors que chez les DZ, le rhume des foins (OR=2.44, IC 95% :1.44 - 4.13, p=0.001), l’eczéma (OR=1.96, IC 95% :1.02-3.78, p=0.040), le sexe féminin (OR entre les hommes et les femmes =0.54, IC 95% :0.36-0.80, p=0.002) et l’augmentation des index de masse corporelle (BMI :OR par unité =1.11, IC 95% :1.02-1.20, p=0.009) étaient des facteurs prédictifs significatifs pour l’asthme.

- Conclusions

  • Le rhume des foins, l’eczéma, le sexe féminin, l’exercice et l’augmentation du BMI étaient des facteurs de risque pour les jeunes adultes.
  • La différence de profil observée chez les jumeaux MZ par rapport aux DZ peut refléter une vulnérabilité génétique fondamentale existant entre ces facteurs de risque et l’asthme.

Les auteurs ont identifié les facteurs de risque de l’asthme chez des adultes jeunes et concluent qu’il existe un profil différent entre les mono et dizygotes.

Des études familiales sur les facteurs génétiques de susceptibilité pour l’atopie ont mis en évidence un taux de concordance supérieur (77%) chez les monozygotes que chez les dizygotes (15%) et une héritabilité pouvant atteindre 75% dans certaines familles.

Les manifestations atopiques peuvent être différentes d’un sujet à l’autre dans une même famille ; mais cependant on a noté qu’un eczéma chez un parent favorise l’expression d’un eczéma plutôt que de l’asthme ou une rhinite allergique, ce qui suggère l’existence de gènes spécifiques d’une pathologie.