Corticoïdes inhalés dans l’asthme : c’est encore long ou pas ?

lundi 13 mars 2006 par Dr Philippe Carré1377 visites

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Corticoïdes inhalés dans l’asthme : c’est encore long ou pas ?

Corticoïdes inhalés dans l’asthme : c’est encore long ou pas ?

lundi 13 mars 2006, par Dr Philippe Carré

Les corticoïdes inhalés sont le traitement de référence de l’asthme, permettant de s’opposer à l’inflammation bronchique caractéristique de la maladie. Leur efficacité rapide sur les symptômes et la fonction respiratoire est évidente. Mais sur le long terme, permettent-ils de diminuer le déclin du VEMS ?

Corticostéroïdes inhalés et déclin de la fonction respiratoire dans une population communautaire d’asthmatiques. : P Lange1, H Scharling2, C S Ulrik1 and J Vestbo3

1 Department of Cardiology and Respiratory Diseases, Hvidovre University Hospital, Denmark
2 Copenhagen City Heart Study, Epidemiological Research Unit, Bispebjerg University Hospital, Denmark
3 North West Lung Centre, Wythenshawe Hospital, Manchester, UK

dans Thorax 2006 ;61:100-104

- Contexte

  • Les corticostéroïdes inhalés (CSI) constituent la pierre angulaire du traitement de l’asthme.
  • Beaucoup d’études ont montré les effets bénéfiques à court terme de ces médicaments mais il y a peu d’études sur les effets à long terme des CSI sur le déclin du VEMS.
  • Cette étude visait à déterminer si des asthmatiques adultes traités par des CSI avaient un déclin moins prononcé du VEMS par rapport à ceux ne recevant pas de CSI.

- Méthodes

  • 234 asthmatiques, inclus dans une étude épidémiologique longitudinale de la population générale de Copenhague au Danemark, ont été divisés en 2 groupes : 44 étaient sous CSI et 190 sans CSI.
  • Le déclin annuel du VEMS a été mesuré pendant une période de suivi de 10 ans.

- Résultats

  • Le déclin du VEMS chez les 44 patients recevant des CSI était de 25 ml par an, comparé à 51 ml par an chez les 190 ne recevant pas le traitement (p<0.001).
  • Le modèle de régression linéaire, avec les CSI comme variable d’intérêt et le sexe, le tabagisme et les sifflements comme covariables, montrait pour le traitement par CSI un moindre déclin du VEMS de 18 ml par an (p=0.01).
  • L’ajustement pour d’autres variables incluant l’âge, le statut socio-économique, l’index de masse corporelle, l’hypersécrétion muqueuse ou l’utilisation d’autres médicaments de l’asthme, ne modifiait pas ces résultats.

- Conclusion
- Le traitement de l’asthme par CSI est associé à un déclin significativement réduit de la fonction respiratoire.


Cette étude a évalué l’effet des CSI sur le déclin du VEMS chez 44 patients asthmatiques adultes au Danemark comparativement à 190 patients de la même population non traités par CSI, et ce, sur une période de suivi de 10 ans.

Le déclin par an était de 25 ml chez ceux traités par CSI contre 51 ml chez ceux ne recevant pas de CSI.

Sur un modèle de régression linéaire tenant compte du sexe, du tabagisme associé et de la présence de sifflements, l’économie de déclin du VEMS chez les sujets traités était de 18 ml par année de surveillance.

D’autres variables (âge, statut social, index de masse corporelle ou utilisation d’autres médicaments asthmatiques notamment) ne s’accompagnaient pas de modification de ces résultats.

Les auteurs concluent donc que les CSI, outre qu’ils améliorent rapidement la fonction respiratoire des asthmatiques, s’accompagnent aussi d’une diminution du déclin du VEMS sur le long terme (ici sur 10 ans) par rapport aux patients ne recevant pas de CSI et ce, quelles que soient les variables prises en compte par ailleurs.

L’effet bénéfique des CSI ne semble donc pas s’épuiser avec le temps et permet une meilleure épargne de la fonction respiratoire sur le long terme. Ceci est donc un argument supplémentaire pour, d’une part, une prescription précoce des CSI, mais aussi une période de traitement prolongée. Et ce, d’autant plus que plusieurs études ont montré que l’utilisation au long cours de ces molécules, aux doses habituelles, ne s’accompagnait pas d’effets délétères au niveau bronchique ou à distance chez l’asthmatique adulte.