Atopique ou pas, c’est kif-kif pour les patchs !

vendredi 2 juin 2006 par Dr Hervé Couteaux1209 visites

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Atopique ou pas, c’est kif-kif pour les patchs !

Atopique ou pas, c’est kif-kif pour les patchs !

vendredi 2 juin 2006, par Dr Hervé Couteaux

L’eczéma atopique touche de 1 à 3% de la population (7% des enfants de moins de 7 ans en Europe du Nord). C’est une affection multifactorielle, parfois handicapante, et dont la prise en charge doit tenir compte des différents facteurs possiblement impliqués, notamment en recherchant une éventuelle sensibilisation par contact.

Profil de sensibilisation de type IV de sujets atteints d’eczéma atopique : résultats du réseau d’information du département de dermatologie (IVDK) et du groupe de recherche Allemand en dermatite de contact (DKG). : G. Heine1, A. Schnuch2, W. Uter3, M. Worm1

1Klinik für Dermatologie, Venerologie und Allergologie, Allergie Centrum Charité Campus Mitte, Charité- Universitätsmedizin Berlin, Berlin ; 2Department of Dermatology, Information Network of Departments of Dermatology (IVDK), Georg-August University Göttingen, Göttingen ; 3Department of Medical Informatics, Biometry and Epidemiology, Friedrich-Alexander University Erlangen-Nürnberg, Erlangen, Germany

dans Allergy 61 (5), 611-616.

- Contexte :

  • Le rôle de l’eczéma atopique (AE) en tant que facteur de risque de développement d’une dermite de contact est discuté de façon controversée, ainsi que son influence sur les résultats des patch-tests en raison d’une irritabilité accrue.

- Méthode :

  • Dans cette étude, nous avons analysé le profil de positivité des patch-tests aux allergènes de contact les plus fréquents chez des patients avec eczéma atopique (n = 9020) et chez des sujets non atopiques triés selon l’âge (n = 15263).

- Résultats :

  • Le profil et les fréquences des sensibilisations observés ne différaient qu’assez peu de ceux des sujets non atopiques.
  • Bufexamac (Parfenac) est une exception, car la sensibilisation observée est 3 fois plus fréquente chez les AE.
  • Pour les autres produits allergisants testés, seules des différences mineures ont été relevées.
  • De plus, les fréquences de mono, bi ou poly sensibilisations étaient pratiquement identiques dans les deux groupes.
  • L’analyse des sites anatomiques de dermatite montrent des différences entre les deux groupes : chez les AE : les dermites du visage (7.2%) et des mains (6.6%) étaient plus fréquentes ; celles des membres inférieurs (4%), plus rares.
  • L’analyse des métiers, des sources d’allergènes suspectées et des cofacteurs n’a pas mis en évidence de différences majeures entre les deux groupes.

- Conclusion :

  • L’exposition chronique et à long terme à des médicaments externes et des émollients comporte à priori un risque de sensibilisation envers des allergènes de contact spécifiques chez des patients atteints d’AE.
  • Cependant, la sensibilisation aux allergènes de contact diffère peu parmi les patients avec ou sans AE.

Être porteur d’un eczéma atopique ne constitue pas un facteur de risque en matière de sensibilisation par contact, hormis pour un topique particulier, le Bufexamac, à l’origine de sensibilisations trois fois plus fréquentes chez les sujets atteints d’eczéma atopique.

L’étude ne précise pas explicitement si les patients avec AE sont plus fréquemment sensibilisés aux allergènes de contact que les autres mais on peut supposer que les fréquences de sensibilisation par contact sont comparables dans les deux groupes.

La recherche d’une sensibilisation par contact fait partie de l’exploration d’un eczéma atopique, sans négliger celle d’une sensibilisation aux aéroallergènes.

La recherche d’une sensibilisation alimentaire, présente dans un tiers des cas, fait également partie de ce bilan.

L’AE est multifactoriel, mais il arrive que la prise en compte d’une composante alimentaire puisse améliorer notablement l’état du patient et ceci est particulièrement vrai chez l’enfant.

Classiquement, 80% des AE « disparaissent » à 2 ou 3 ans, avec tout de même quelques séquelles : peau sèche et irritable, en particulier.

Une étude finlandaise avait en fait précisé que la majorité des patients (72% sur 47 patients) gardaient des symptômes 20 ans plus tard.

Pour cette affection parfois très handicapante, tout doit être fait pour améliorer la qualité de vie du patient, si possible sans négliger aucune piste, loin des querelles d’écoles ...