Patients atteints de rhinite allergique : nous avons les moyens de vous faire parler de votre asthme !!

mardi 20 juin 2006 par Dr Alain Thillay2053 visites

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Patients atteints de rhinite allergique : nous avons les moyens de vous faire parler de votre asthme !!

Patients atteints de rhinite allergique : nous avons les moyens de vous faire parler de votre asthme !!

mardi 20 juin 2006, par Dr Alain Thillay

Des études antérieures ont suggéré que la rhinite allergique pouvait être souvent associée à l’asthme. Cette étude française (équipe montpelliéraine du Professeur Pascal Demoly), mettant à part les explorations fonctionnelles respiratoires, tente à l’aide d’un auto-questionnaire de mettre en évidence les facteurs de risque d’asthme chez des patients atteints de rhinite allergique. Étude intéressante dans le cadre de la pratique quotidienne.

Le diagnostic de l’asthme à l’aide d’un autoquestionnaire chez des patients souffrant de rhinite allergique : une étude pharmaco-épidémiologique en pratique quotidienne en France. : P. Demoly1, M.-C. Bozonnat2, P. Dacosta3, J.-P. Daures2

Exploration des Allergies - Maladies Respiratoires and INSERM U454 - IFR3, Hôpital Arnaud de Villeneuve, University Hospital of Montpellier, Montpellier Cedex ; 2Laboratoire de biostatistiques, Institut Universitaire de Recherche Clinique, Montpellier ; 3Laboratoire Sanofi-Aventis, Paris Cedex, France

dans Allergy 61 (6), 699-704

- Introduction :

  • L’ensemble des directives récentes recommande de rechercher l’asthme en utilisant des questions spécifiques et les épreuves fonctionnelles respiratoires chez les patients souffrant de rhinite allergique.
  • La place essentielle de la spirométrie n’ayant pas été confirmée, un autoquestionnaire, comportant neuf questions spécifiques concernant les symptômes d’asthme dans différentes situations de la vie quotidienne, s’est avéré capable de distinguer les asthmatiques des non asthmatiques dans une population de rhinitiques.

- Objectif :

  • Nous avons adressé les questions de la prévalence de l’asthme en utilisant un auto-questionnaire validé et ce que pourraient être les facteurs de risque possibles de l’asthme selon cet autoquestionnaire spécifique.

- Méthodes :

  • Entre avril 2003 et septembre 2004, presque 12 000 patients atteints de rhinite ont été enrôlés par plus de 2300 médecins (médecins généralistes 78%, ORL 22%).
  • Les patients consultaient pour une exacerbation de rhinite chronique et n’avaient pas été diagnostiqués antérieurement comme asthmatiques.
  • Les médecins et les patients ont rempli un questionnaire spécifique sur la rhinite et l’asthme.

- Résultats :

  • Près de 30% des patients ont eu au moins trois réponses positives à l’auto-questionnaire et ont pu être considérés comme probablement asthmatiques.
  • Nous avons trouvé cinq facteurs de risque cliniques indépendants d’avoir des réponses positives ≥ 3 à l’auto-questionnaire :
    • Sévérité de la rhinite (modérée à sévère contre légère, OR=1.84 ; IC 95% = 1.68-2.00),
    • diagnostic d’allergie (oui contre non) (OR=1.86 ; IC 95% = 1.68-2.00),
    • index de masse corporelle (≤ 18.5 contre >30) (OR=0.51 ; IC 95% = 0.39-0.66),
    • type de rhinite (persistante contre intermittente) (OR=1.25 ; IC 95% = 1.15-1.37),
    • et âge patient (≥ 25 contre >47) (OR=0.73 ; IC 95% = 0.65-0.80).

- Conclusion :

  • Les symptômes d’asthme sont fréquents chez les rhinitiques sans antécédent d’asthme.
  • Plusieurs variables se sont avérées prédictives de l’asthme chez ces patients.

Voici une étude bien intéressante qui permet de montrer qu’à l’aide d’un bon questionnaire, on peut prédire l’existence d’un asthme sous-jacent chez des patients atteints de rhinite allergique.

Ainsi, les 5 facteurs de risque d’asthme chez les rhinitiques allergiques seraient

  • la sévérité de la rhinite,
  • l’allergie démontrée bien sûr,
  • un IMC>30,
  • une rhinite persistante et
  • l’âge inférieur ou égal à 25 ans.

Ces critères sont logiques.
Ainsi, en pratique courante, un allergologue peut déjà simplement avec un bon interrogatoire suspecter facilement ou non la probabilité importante d’un asthme.

Cette étude souligne aussi le fait, comme indiqué dans la conclusion du résumé, que l’asthme est certainement plus souvent associé à la rhinite allergique qu’on pourrait le croire.

Pour ma part, dans ce domaine de la rhinite allergique, je garde toujours à l’esprit la notion de rhino-asthme : dans toute rhinite allergique, un asthme sommeille.

La recherche de l’asthme dans le cadre d’une rhinite allergique, du diagnostic au suivi, devra être l’obsession opiniâtre de l’allergologue