La formule de l’asthme du boulanger...

mercredi 20 septembre 2006 par Dr Geneviève DEMONET2327 visites

Accueil du site > Pratique > Travail > La formule de l’asthme du boulanger...

La formule de l’asthme du boulanger...

La formule de l’asthme du boulanger...

mercredi 20 septembre 2006, par Dr Geneviève DEMONET

Existe-t-il, dans l’asthme du boulanger, une relation entre la sensibilité cutanée à l’allergène et la réactivité bronchique à ce même allergène ? Une équipe espagnole a mené l’enquête sur 24 boulangers ayant un asthme professionnel...

La réponse bronchique aux allergènes de boulangerie est fortement dépendante de la sensibilité cutanée spécifique : : S. Quirce, M. Fernández-Nieto, C. Escudero, J. Cuesta, M. de las Heras, J. Sastre

Allergy Department, Fundación Jiménez Díaz, Madrid, Spain

dans Allergy 61 (10), 1202-1208

- Contexte :

  • Les relations quantitatives entre réactivité immunologique, réponse bronchique non spécifique et réponse bronchique aux allergènes n’ont été que peu explorées dans l’asthme professionnel.

- Méthodes :

  • Nous avons évalué ces relations chez 24 sujets présentant un asthme du boulanger.
  • On a déterminé le titre final d’allergènes provoquant une réaction cutanée comme mesure de la réactivité immunologique ainsi que la PC20 métacholine et la PC20 allergène lors de la réaction asthmatique immédiate.

- Résultats :

  • Tous les patients avaient des tests positifs pour certains allergènes de boulangerie (farine de blé, de seigle, de soja, enzymes fongiques et protéines du blanc d’œuf) et une hyperréactivité bronchique à la métacholine.
  • Des tests d’inhalation spécifiques (TIS) ont été menés chez des ouvriers sensibilisés avec des extraits aqueux allergéniques de farine de céréale (n = 14), de soja (n = 8), d’enzymes de boulangerie (n = 12) et de protéines de blanc d’œuf (n = 8).
  • Une réaction positive asthmatique a été observée dans 84% des tests d’inhalation.
  • Les TIS ont provoqué une réaction asthmatique immédiate isolée dans 62% des cas, des réactions doubles dans 32% et des réactions retardées isolées dans 5% des cas.
  • Des analyses de régression linéaires multiples ont révélé la PC20 de l’allergène comme fonction de la sensibilité cutanée à l’allergène et de la PC20 métacholine, conduisant à la formule de régression hautement significative suivante : log- PC20 allergène = 0.18 + 0.99 log(réactivité cutanée) + 0.343 log(PC20 métacholine) (r = 0.89, P < 0.001).
    - Cette formule prédisait la PC20 au doublement de concentration allergénique dans 67% des cas, deux fois le doublement dans 85 % des cas et trois fois le doublement dans 97 % des cas.

- Conclusion :

  • Le degré de sensibilisation aux allergènes professionnels, déterminé par la réactivité cutanée, est le déterminant principal de la réponse bronchique à l’allergène, modulée à un moindre degré par l’hyperréactivité bronchique non spécifique, chez les patients ayant un asthme du boulanger.

24 boulangers espagnols ayant un asthme professionnel (farines de blé, seigle, soja, enzymes fongiques ou blanc d’œuf) ont été inclus dans ce travail.

L’exploration a comporté des tests cutanés, un test de provocation à la métacholine et à l’allergène.

Une formule complexe a permis de relier la sensibilité cutanée au PC20 allergène modulée à un moindre degré par la PC20 métacholine.

Perdue dans les logarithmes, je m’interroge : peut-on arriver à une telle conclusion avec seulement 24 patients ? Vive les mathématiques...