Il fait bon vieillir avec... une rhinite allergique !

jeudi 19 octobre 2006 par Dr Geneviève DEMONET1514 visites

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Il fait bon vieillir avec... une rhinite allergique !

Il fait bon vieillir avec... une rhinite allergique !

jeudi 19 octobre 2006, par Dr Geneviève DEMONET

La rhinite allergique est considérée comme une pathologie chronique. Quelques études longitudinales ont toutefois montré des rémissions chez l’adulte. Un travail suédois, mené par l’intermédiaire de questionnaires à 8 ans d’intervalle, a étudié l’évolution dans le temps de la rhinite allergique.

Incidence et rémission des symptômes auto-rapportés de rhinite allergique chez l’adulte : U. Nihlén1, L. Greiff2, P. Montnémery3, C.-G. Löfdahl1, A. Johannisson3, C. Persson4, M. Andersson2

Departments of 1Respiratory Medicine and Allergology, 2Otorhinolaryngology, Head and Neck Surgery, 3Community Health Sciences and 4Clinical Pharmacology, University Hospital, Lund, Sweden

dans Allergy 61 (11), 1299-1304

- Contexte :

  • L’incidence et la rémission de la rhinite allergique (RA) ont été peu étudiées dans une même population générale.

- Méthodes :

  • Un questionnaire centré sur les symptômes et les maladies respiratoires a été adressé aux mêmes sujets en 1992 et en 2000.
  • Sur les 4933 personnes concernées, 4280 (86,8%), âgées de 20 à 59 ans en 1992, ont répondu les deux fois.
  • La RA a été définie sur le rapport par le sujet à la fois d’une RA et de symptômes nasaux provoqués par l’exposition aux pollens d’arbres ou de graminées, d’animaux à fourrure ou de poussière de maison.
  • Une régression logistique multiple ajustée pour l’âge et le sexe a été utilisée pour analyser les facteurs de prédiction éventuels, relatés en 1992, sur l’incidence et la rémission de la RA.

- Résultats :

  • La prévalence de la RA a augmenté : elle est passée de 12.4% en 1992 à 15.0% en 2000.
  • L’incidence de la RA de 1992 à 2000 était de 4.8% alors que 23.1% des cas de RA en 1992 ne rapportaient plus de symptômes de RA en 2000 signant par là une rémission.
  • L’incidence la plus haute a été vue dans le groupe d’âge le plus jeune (20-29 ans) alors que la rémission était la plus forte dans le groupe d’âge le plus élevé (50-59 ans).
  • L’existence de symptômes d’asthme dans l’année écoulée (rapportée en 1992) a prédit une augmentation de l’incidence de la RA et une moindre chance de rémission, 1.89 (IC 95% 1.08-3.31) et 0.52 (0.31-0.87) respectivement.
  • Des histoires familiales de RA ou d’asthme ont prédit une augmentation de l’incidence de la RA : 1.99 (1.42-2.80) et 1.62 (1.10-2.37) respectivement mais n’étaient pas associées avec le risque de rémission : OR = 1.23 (0.81-1.87) et 0.94 (0.60-1.48).

- Conclusions :

  • Cette étude a montré que la RA devenait plus fréquente entre 1992 et 2000 mais également que la rémission est survenue dans environ 20% des cas en 8 ans particulièrement dans les tranches plus âgées.
  • L’asthme semble être associé à un facteur de risque plus élevé de RA et moindre de rémission alors qu’un facteur héréditaire d’asthme (ou de RA) peut seulement être associé à un risque de développement de RA mais n’a pas d’incidence sur celui de sa rémission.

4280 suédois ont été interrogés, par l’intermédiaire d’un questionnaire, à 8 ans d’intervalle, en 1992 et en 2000.

La présence d’une rhinite allergique a été considérée devant la notification par le patient d’une telle pathologie mais également devant la survenue de symptômes au contact d’allergènes.

La prévalence de la rhinite allergique a augmenté de 2.6% en 8 ans.

Environ 20% des patients n’avaient plus de symptômes de rhinite allergique particulièrement chez les plus âgés (50-59 ans).

L’existence d’un asthme était un facteur de risque de survenue d’une rhinite allergique et diminuait la chance de rémission.

Les antécédents familiaux de rhinite allergique ou d’asthme augmentaient seulement le risque de rhinite allergique.

Ce travail confirme donc ce que l’on savait déjà : la rhinite allergique a tendance a s’estomper avec l’âge. Un asthme associé est un facteur péjoratif de même qu’un terrain atopique familial.

Même si ces résultats n’étonneront personne, peu d’études ont été faites sur ce sujet.

On peut signaler un travail danois plus complet avec dosage d’IgE spécifiques mais sur un nombre plus restreint de patients (Bodtger et Linneberg : « Remission of allergic rhinitis : an 8-year observational study » J Allergy Clin Immunol 2004 ; 114, 6 : 1384-1388). Cette étude signalait que la rémission était plus fréquente avec les allergènes perannuels qu’avec les pollens mais la rémission n’était parfois que transitoire...