Superstaph Returns !

mercredi 22 novembre 2006 par Dr Clément FOURNIER603 visites

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Superstaph Returns !

Superstaph Returns !

mercredi 22 novembre 2006, par Dr Clément FOURNIER

Le rôle des antigènes staphylococciques est bien établi dans la dermatite atopique. Ceux-ci se comportent comme des super-antigènes capables de déclencher l’expression d’IgE spécifiques. Cette étude a recherché des liens entre cette sensibilisation IgE aux protéines bactériennes et l’asthme.

Rôle des IgE spécifiques de super-antigènes staphylococciques dans l’asthme avec intolérance à l’aspirine. : Lee, Jae-Young ; Kim, Hyun-Mi ; Ye, Yong-Min ; Bahn, Joon-Woo ; Suh, Chang-Hee ; Nahm, Dongho ; Lee, Hae-Ran ; Park, Hae-Sim

dans Allergy and Asthma Proceedings, Volume 27, Number 5, September-October 2006, pp. 341-346(6)

Les anticorps IgE spécifiques des super-antigènes staphylococciques (SAS) ont été impliqués dans la physiopathologie de plusieurs maladies allergiques comme la rhino-sinusite, la polypose nasale, l’asthme, et l’intolérance à l’aspirine.

Nous avons cherché à déterminer si les niveaux d’IgE spécifiques de SAS sont associés à des paramètres cliniques chez des patients asthmatiques avec intolérance à l’aspirine (AIA), chez des patients asthmatiques sans intolérance à l’aspirine (ASIA), et chez des sujets contrôles non atopiques.
- 18 patients avec AIA, 62 patients avec ASIA, et 52 sujets contrôles étaient enrôlés dans l’étude.
- Les IgE totales et les IgE spécifiques de l’entérotoxine staphylococcique A, de l’entérotoxine staphylococcique B, et de la toxine 1 du syndrome de choc toxique staphylococcique (TSST-1) étaient mesurés en utilisant le « CAP-sytem » de Pharmacia®.

- La prévalence des IgE spécifiques de l’entérotoxine staphylococcique B et de TSST-1 était significativement plus élevée chez les patients asthmatiques que chez les sujets contrôles.
- La prévalence des IgE spécifiques de l’entérotoxine staphylococcique B était légèrement plus élevée chez les patients avec AIA que chez les patients avec ASIA (22.5 % versus 14.5 %), bien que cette différence ne soit pas statistiquement significative.
- Aucune différence significative n’était retrouvée pour les IgE spécifiques de l’entérotoxine staphylococcique A et de TSST-1 entre les patients AIA et ASIA.
- Les taux sériques d’IgE totales étaient plus élevés chez les patients asthmatiques avec IgE spécifiques de SAS détectables dans le serum par comparaison aux patients qui n’en avaient pas.
- L’hyper-réactivité bronchique mesurée par test de provocation à la métacholine (PC20) était significativement augmentée chez les patients asthmatiques avec IgE spécifiques de SAS détectables dans le sérum par comparaison aux patients qui n’en avaient pas (p = 0.038).
- Il n’y avait pas de différence significative parmi les autres paramètres cliniques entre les patients AIA et ASIA qu’ils aient ou pas des IgE spécifiques de SAS.

Ces résultats suggèrent que les SAS pourrait contribuer à l’inflammation des voies aériennes et au développement de l’hyper-réactivité bronchique dans l’asthme.


Cette étude a analysé le rôle éventuel des antigènes staphylococciques dans l’asthme. L’idée étant que ces derniers se comportent comme des « super-antigènes » capables d’entraîner une réaction immunitaire conduisant à un asthme.

L’intérêt de cette étude réside dans la recherche d’un lien avec les paramètres cliniques plutôt qu’une approche physiopathologique du problème.

Cette étude a recherché si une sensibilisation aux super-antigènes staphylococciques était un facteur de risque d’asthme, renforçant ainsi l’idée du rôle de ces antigènes dans la physiopathologie de l’asthme.

Les résultats montrent que les patients asthmatiques ont plus souvent des IgE anti-SAS par comparaison à des sujets contrôles. Ils montrent également que l’hyper-réactivité bronchique est plus élevée chez les asthmatiques avec IgE anti-SAS par comparaison avec les asthmatiques sans.

Aucune différence significative n’était retrouvée entre les patients AIA et les ASIA.

La participation des antigènes bactériens staphylococciques dans la dermatite atopique est actuellement relativement établie. Plusieurs études récentes tendent à montrer que ces antigènes jouent aussi un rôle dans l’asthme et les rhino-sinusites allergiques.

Cette étude apporte un argument de plus à cette hypothèse, bien que les résultats s’appuient sur un effectif restreint.

Il s’agit d’une piste de recherche très intéressante, avec des implications thérapeutiques éventuelles. Vivement les autres études !