Testostérone et grossesse font paradoxalement bon ménage...

jeudi 21 décembre 2006 par Dr Geneviève DEMONET5574 visites

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Testostérone et grossesse font paradoxalement bon ménage...

Testostérone et grossesse font paradoxalement bon ménage...

jeudi 21 décembre 2006, par Dr Geneviève DEMONET

Les androgènes freinent la réponse TH2 chez la souris. Que se passe t-il donc chez le bébé exposé à un fort taux d’androgènes pendant la grossesse ? La survenue d’une atopie en est-elle affectée ? La réponse est fournie par une publication anglaise...

Testostérone maternelle pendant la grossesse et évènements allergiques chez l’enfant : S. O. Shaheen1, M. Hines2, R. B. Newson1, M. Wheeler3, D. R. M. Herrick4, D. P. Strachan5, R. W. Jones4, P. G. J. Burney1, A. J. Henderson4

1Respiratory Epidemiology and Public Health Group, National Heart and Lung Institute at Imperial College, London ; 2Department of Psychology, City University, London ; 3Department of Chemical Pathology, St Thomas’ Hospital, London ; 4ALSPAC, University of Bristol, Bristol ; 5Department of Community Health Sciences, St George’s Hospital Medical School, London, UK

dans Allergy 62 (1), 25-32.

- Contexte :

  • Chez la souris, les androgènes freinent la réponse des cytokines Th2, mais l’influence du taux d’androgènes durant la grossesse sur le développement d’une allergie chez l’enfant n’a pas été étudiée.

- Méthodes :

  • Dans l’étude ALSPAC (étude longitudinale sur parents et enfants), une cohorte de naissance de 14 541 grossesses, nous avons mis en relation la testostérone totale dans le sang maternel pendant la grossesse, mesurée dans un sous-ensemble de la cohorte, aux évènements allergiques chez l’enfant c’est-à-dire asthme, rhume des foins, eczéma (n = 543) et sifflements (n = 532) à l’âge de 69-81 mois et à l’atopie (prick-tests cutanés positifs à Dermatophagoides pteronyssinus, chat ou graminées, n = 386) et au taux d’immunogobulines E totales (IgE ; n = 314) à 7 ans.
  • Nous avons utilisé une régression logistique et linéaire pour analyser les résultats binaires et une transformation logarithmique IgE, respectivement, pour contrôler les facteurs confondants potentiels.

- Résultats :

  • La testostérone maternelle était négativement associée avec les IgE totales chez les garçons [taux géométrique moyen ajusté (TGM), par doublement de testostérone, 0.33 (0.20-0.55), p = 0.000038 (n = 168)], mais pas chez les filles [GMR 1.04 (0.53-2.06), p = 0.91 (n = 146)], p-value interaction 0.0086.
  • Chez les garçons, l’effet était encore plus fort en l’absence de maladie allergique de la mère.
  • Il n’y a pas eu d’association entre la testostérone et la positivité des tests cutanés ou une maladie atopique dans les deux sexes.

- Conclusions :

  • Des taux élevés de testostérone pendant la grossesse sont associés avec une production plus basse d’IgE chez les garçons.

Un travail anglais a repris les données d’une étude longitudinale sur une cohorte de naissance (14 541 grossesses) afin de mettre en relation le taux maternel de testostérone, la survenue d’une pathologie allergique chez l’enfant, le taux d’IgE totales et la positivité des prick-tests cutanés (acarien, chat, graminées) pendant l’enfance.

Les garçons dont la mère avait un taux élevé de testostérone pendant la grossesse avaient une production plus faible d’IgE totales. Aucune différence n’a été mise en évidence, par contre, pour les maladies atopiques ni pour la positivité des prick-tests cutanés.

Quelle conclusion tirer de ces résultats ? Certes les IgE totales sont plus basses chez les garçons imprégnés de testostérone mais il n’y a pas eu de conséquences cliniques pour les enfants...