Ara h2 et Ara h 6 sont des oiseaux de mauvais augure !

mercredi 10 janvier 2007 par Dr Geneviève DEMONET3002 visites

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Ara h2 et Ara h 6 sont des oiseaux de mauvais augure !

Ara h2 et Ara h 6 sont des oiseaux de mauvais augure !

mercredi 10 janvier 2007, par Dr Geneviève DEMONET

La sévérité de l’allergie à l’arachide est-elle liée à une sensibilisation à un allergène particulier ? Un travail hollandais tente d’établir une relation entre l’histoire clinique et la sensibilisation aux allergènes purifiés Ara h 1, Ara h 2, Ara h 3 et Ara h 6 par l’intermédiaire des prick-tests cutanés ...

La réactivité des prick-tests cutanés à des allergènes purifiés est-elle corrélée à la sévérité clinique de l’allergie à l’arachide ? : K. A. B. M. Peeters*, S. J. Koppelman*1, E. van Hoffen*, C. W. H. van der Tas*, C. F. den Hartog Jager*, A. H. Penninks, S. L. Hefle, C. A. F. M. Bruijnzeel-Koomen*, E. F. Knol* and A. C. Knulst*

*Department of Dermatology/Allergology, University Medical Centre Utrecht, Utrecht, The Netherlands, TNO Quality of Life, Zeist, The Netherlands and Food Allergy Research and Resource Program, University of NE, Lincoln, Nebraska, USA

dans Clinical & Experimental Allergy 37 (1), 108-115.

- Contexte :

  • La reconnaissance des allergènes spécifiques de l’arachide ou la diversité de la liaison IgE aux allergènes de l’arachide, peut jouer un rôle dans la survenue de réactions allergiques sévères.

- Objectif :

  • Étudier si la sensibilisation à des allergènes individuels Ara h 1, Ara h 2, Ara h 3 et Ara h 6 est corrélée à la sévérité clinique.

- Méthodes :

  • La réactivité des allergènes purifiés d’arachide a été mesurée par des prick-tests cutanés (PTC) et par IgE immunoblot chez 30 patients.
  • Les résultats ont été rapprochés de la réactivité clinique rapportée par l’histoire clinique et chez 25 sujets, par la dose déclenchante (DD).

- Résultats :

  • La majorité des patients reconnaissait Ara h 2 et Ara h 6.
  • Les patients ayant des symptômes sévères avaient une réponse aux PTC plus importante à Ara h 2 et à Ara h 6 à de faibles concentrations (0,1 μg/mL) et à Ara h 1 et à Ara h 3 à de plus fortes concentrations (100 μg/mL), comparativement aux patients ayant des symptômes modérés.
  • Ils reconnaissaient également un nombre plus grand d’allergènes et avaient une réponse cumulée plus élevée aux PTC que les patients ayant des symptômes modérés.
  • Aucune différence significative n’a été observée entre les patients, que la DD soit basse ou élevée.

- Conclusion :

  • Ara h 2 et Ara h 6 sont apparus comme plus puissants qu’Ara h 1 et Ara h 3.
  • La réactivité des PTC à la fois aux faibles concentrations d’Ara h 2 et d’Ara h 6 et aux plus fortes concentrations d’Ara h 1 et d’Ara h 3 s’est avérée être un indicateur de la sévérité des symptômes.

Des prick-tests cutanés ont été réalisés chez 30 patients ayant une allergie connue à l’arachide à l’aide des allergènes purifiés Ara h 1, Ara h 2, Ara h 3 et Ara h 6.

Ara h 2 et Ara h 6 se sont avérés être les allergènes les plus puissants.

Une réactivité des prick-tests à de faibles concentrations d’Ara h 2 et d’Ara h 6 mais aussi à de fortes concentrations d’Ara h 1 et d’Ara h 3 était liée à la sévérité des symptômes.

Une sensibilisation multiple à plusieurs allergènes, a fréquemment été observée chez les patients ayant eu une réaction sévère.

Par contre, la dose déclenchant une réaction n’a pas permis de différencier les patients ayant une eu réaction modérée de ceux ayant eu une réaction sévère.

L’arachide comprend au moins 8 allergènes. Ara h 1, 2 et 3 ont été les plus étudiés (avec un rôle prépondérant d’Ara h 2) mais Ara h 6 est une valeur montante...

De plus, des isoformes ont été décrites pour Ara h 2 et Ara h 6.

Tout le monde semble d’accord pour dire que la sensibilisation à plusieurs de ces allergènes est un facteur de risque d’allergie sévère.

Par contre, la relation entre l’intensité des symptômes et la taille des prick-tests cutanés reste débattue. Une publication récente de l’équipe de Nancy, à l’aide d’allergènes recombinants limités à Ara h 1, 2 et 3, ne retrouve aucune relation entre la taille du prick-test cutané à Ara h 2 et la sévérité de la réaction. Le taux d’IgE spécifiques n’a pas été plus contributif. (Astier C et coll. : « Predictive value of skin prick tests using recombinant allergens for diagnostic of peanut allergy » J Allergy Clin Immunol 2006 ; 118 (1) : 250-256.)

Affaire à suivre...