Tout est dans la tête...

jeudi 25 janvier 2007 par Dr Geneviève DEMONET3499 visites

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Tout est dans la tête...

Tout est dans la tête...

jeudi 25 janvier 2007, par Dr Geneviève DEMONET

L’intensité de la rhinite allergique est-elle liée à l’importance de la sensibilisation allergénique ? Une équipe israélienne a étudié la relation entre taille des prick-tests cutanés, intensité des symptômes et certains facteurs psychologiques...

Résultats des tests cutanés et sévérité des symptômes auto-rapportés dans la rhinite allergique : rôle des facteurs psychologiques : Y. Graif, A. Goldberg, R. Tamir, D. Vigiser, S. Melamed (2006)

*Allergy and Immunology Clinic, Rabin Medical Center, Pulmonary Institute, Petach Tikva, Israel, Sackler Faculty of Medicine, Tel Aviv University, Tel Aviv, Israel, Allergy and Clinical Immunology Unit, Sapir Medical Center, Meir Hospital, Kfar Saba, Israel, §Clalit Health Services, Tel Aviv, Israel and ¶Department of Epidemiology and Preventive Medicine, Sackler faculty of Medicine, Tel Aviv University, Tel Aviv, Israel

dans Clinical & Experimental Allergy
Volume 36 Issue 12 Page 1532 - December 2006

- Contexte :

  • Dans l’allergie, le degré de réactivité des tests cutanés n’est pas toujours corrélé à la sévérité des symptômes cliniques.
  • D’autres facteurs peuvent contribuer à la sévérité symptomatique rapportée.

- Objectifs :

  • Explorer l’association entre l’amplitude de la réponse aux prick-tests cutanés (PTC) et la sévérité rapportée des symptômes des patients ayant une rhinite allergique ainsi que le possible rôle modificateur des facteurs psychologiques.

- Méthodes :

  • On a demandé à 104 patients ayant une rhinite allergique et à 23 patients ayant une rhinite non allergique, classés selon la réponse de leur PTC à 19 aéroallergènes, de graduer la sévérité de cinq symptômes et d’indiquer si leurs symptômes s’intensifiaient à l’exposition à cinq aéroallergènes communs.
  • Ils ont également complété un questionnaire psychologique.

- Résultats :

  • La sévérité rapportée des symptômes de rhinite allergique n’était corrélée avec la taille de la papule pour aucun des aéroallergènes testés ni avec le nombre de réponses positives aux PTC.
  • Elle n’était pas liée à l’âge du patient, à son sexe ni à son éducation.
  • La sévérité rapportée des symptômes était corrélée positivement (0.29, P<0.01) à l’intensification rapportée des symptômes lors de l’exposition aux allergènes.
  • De plus, les deux résultats étaient associés positivement avec des facteurs psychologiques d’hypochondrie (0.20, P<0.05 et 0.18, P<0.05, respectivement) et la conscience corporelle (0.24, P<0.05 et 0.33, P<0.01, respectivement) mais pas avec le nervosisme.

- Conclusion :

  • La sévérité des symptômes vécue par les patients ayant une rhinite allergique n’est apparemment pas liée à l’importance de la réponse des PTC, mais plutôt à des facteurs psychologiques d’hypochondrie et de conscience corporelle.
  • Les médecins devraient être conscients de l’intervention des facteurs psychologiques sur la perception par le patient de l’intensité des symptômes et sur l’intensification des symptômes lors de l’exposition aux allergènes.

104 patients ayant une rhinite allergique et 23 autres ayant une rhinite non allergique ont été inclus dans ce travail.

Les auteurs ont tenté d’établir une relation entre la taille des prick-tests cutanés (19 aéroallergènes testés), la sévérité des symptômes rapportée par le patient et les réponses à un questionnaire psychologique.

Aucun lien n’a pu être mis en évidence entre la taille des prick-tests, le nombre de tests positifs et la sévérité de la rhinite rapportée par les patients.

Il existait par contre une corrélation avec l’aggravation des symptômes lors de l’exposition aux allergènes (toujours selon les patients).

L’hypocondrie et la conscience corporelle étaient des facteurs d’aggravation mais le nervosisme n’est pas intervenu.

Des résultats qui ne surprendront personne mais qui méritaient néanmoins d’être démontrés.

Un petit bémol toutefois : la réaction au prick-test cutané n’est pas toujours le reflet exact de la sensibilisation du patient. Une réaction faible n’est pas forcément due à une sensibilisation minime : l’allergène responsable peut aussi n’être présent qu’en faible quantité dans l’extrait utilisé...

Une comparaison entre l’intensité des symptômes selon le patient et les données de l’examen clinique aurait été intéressante....