De l’eau oui, mais pas n’importe laquelle !

mardi 6 février 2007 par Dr Annie-Claire FEDIERE-PLISSONNEAU1617 visites

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De l’eau oui, mais pas n’importe laquelle !

De l’eau oui, mais pas n’importe laquelle !

mardi 6 février 2007, par Dr Annie-Claire FEDIERE-PLISSONNEAU

L’intérêt se porte actuellement sur la flore microbienne intestinale et le rôle protecteur qu’elle pourrait jouer vis-à-vis des maladies allergiques. Une exposition précoce de l’enfant à certaines bactéries pourrait représenter un facteur protecteur en induisant sélectivement une prolifération des clones Th1 aux dépens des clones Th2 impliqués dans la synthèse des IgE et la genèse des phénomènes inflammatoires de l’allergie.

Le contenu microbien de l’eau de boisson en Finlande et dans la région de Karélia en Russie et ses implications sur la prévalence de l’atopie. : L. von Hertzen, T. Laatikainen, T. Pitkänen, T. Vlasoff, M. J. Mäkelä, E. Vartiainen, T. Haahtela

1Skin and Allergy Hospital, Helsinki University Central Hospital, Helsinki, Finland ; 2Department of Health Promotion and Chronic Disease Prevention, National Public Health Institute, Helsinki, Finland ; 3Department of Environmental Health, National Public Health Institute, Kuopio, Finland ; 4The North Karelian Center for Public Health, Joensuu, Finland

dans Allergy (OnlineEarly Articles).
doi:10.1111/j.1398-9995.2006.01281.x

- Introduction et but

  • L’influence de la qualité microbienne de l’eau de boisson de différentes sources sur la présence de l’atopie a été peu étudiée.
  • Cette étude a entrepris de clarifier l’association entre la teneur globale en microbes de l’eau de boisson et la présence de l’atopie chez des enfants en âge scolaire issus de 2 zones voisines avec de grandes différences dans les conditions et le mode de vie.

- Méthodes

  • Des échantillons d’eau de boisson, ont été obtenus de cuisines de 9 écoles du nord de Karelia en Finlande et de 9 écoles de Pitkäranta, république de Karélia en Russie.
  • Les élèves de ces écoles participaient à l’étude The Karelian Allergy study.
  • La présence de l’atopie, déterminée par la positivité des tests cutanés (un ou plus) à 14 pneumallergènes et allergènes alimentaires, était explorée chez 563 enfants âgés de 7à16 ans de ces 18 écoles.
  • Des échantillons d’eau étaient analysés en utilisant des méthodes standard d’analyse d’eau en incluant des comptes d’Escherichia Coli vivants, entérocoques intestinaux, des bactéries coliformes et hétérotrophes.
  • Au total, les comptes de cellules totales incluant des bactéries vivantes, et non vivantes, des algues et des protozoaires, étaient évalués en utilisant un microscope à épi fluorescence avec comme marqueur la 4’-6diamidino-2-phénylindole(DAPI).

- Résultats

  • En Finlande, 29% des enfants étaient sensibilisés au bouleau contre 2% d’enfants russes (p<0.0001).
  • Globalement, les taux de sensibilisation pour tous les pollens étaient respectivement de 39% contre 8% (p<0.0001) et pour tous les allergènes de 48% contre 16% (p<0.0001).
  • A cause des différences considérables des eaux de source et des traitements qui leur sont appliqués, les taux de microbes dans les eaux de boisson sont beaucoup plus élevés en Russie qu’en Finlande.
  • Une relation dose-réponse était mise en évidence entre la présence de l’atopie et la valeur indicative DAPI du contenu en microbes de l’eau de boisson (p<0.0001).
  • En outre, des analyses logistiques multivariables de régression ont révélé que les taux élevés (>10 puissance 6 cellules /ml) ou intermédiaires (10 puissance 5 -10 puissance 6 cellules /ml ) de valeur DAPI étaient associés à un risque réduit d’atopie (respectivement odds ratio 0.34, 95% CI 0.20-0.57 et odds ratio 0.39, 0.23 -0.69) indépendamment des autres facteurs.

- Conclusion

  • Un taux global élevé de microorganismes dans l’eau de boisson peut être associé à un risque réduit de l’atopie indépendamment d’autres déterminants.

Les auteurs ont montré qu’une fois de plus l’homme en pensant bien faire à tout faux .

Un certain taux de microorganismes dans l’eau de boisson semble avoir un effet protecteur sur le développement de l’atopie.

Les maladies allergiques seraient alors la rançon des progrès de l’hygiène.