Le nouveau récepteur tout terrain de l’histamine : le H4 !!

mercredi 14 février 2007 par Dr Stéphane Guez8278 visites

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Le nouveau récepteur tout terrain de l’histamine : le H4 !!

Le nouveau récepteur tout terrain de l’histamine : le H4 !!

mercredi 14 février 2007, par Dr Stéphane Guez

Le prurit d’origine allergique ou non reste difficile à prendre en charge, les antihistaminiques de type anti- H1 ne permettant pas, même en association, de supprimer ce symptôme. Comme l’histamine reste le médiateur impliqué, c’est qu’il existe d’autres récepteurs à l’histamine impliqués dans l’origine de ce prurit.

Les antagonistes des récepteurs H4 sont supérieurs aux antihistaminiques traditionnels pour atténuer le prurit expérimental. : Paul J. Dunford, MSca, Kacy N. Williams, BSa, Pragnya J. Desai, MSca, Lars Karlsson, MD, PhDa, Daniel McQueen, PhDb, Robin L. Thurmond, PhDa

a From Johnson & Johnson Pharmaceutical Research & Development, LLC, San Diego
b Division of Neuroscience, College of Medicine, University of Edinburgh

dans JACI Volume 119, Issue 1, Pages 176-183 (January 2007)

- Introduction :

  • L’histamine est un important médiateur du prurit chez l’homme, mais les antagonistes des récepteurs H1 ont montré leur limite d’utilisation pour la prise en charge thérapeutique des affections prurigineuses chroniques.
  • Le récepteur à l’histamine H4 est un récepteur de description récente, exprimé par les cellules hématopoïétiques, et impliqué dans la pathologie allergique et dans l’asthme.

- Objectif de l’étude :

  • Le rôle de ce nouveau récepteur H4 a été étudié dans le prurit lié à l’histamine et l’allergie.

- Résultats :

  • L’histamine et un agoniste sélectif du récepteur H4 entraînent un prurit chez la souris, qui est totalement inhibé chez des souris sans récepteur H4 ou après un prétraitement avec un antagoniste sélectif du récepteur H4, le JNJ 7777120.
  • Le prurit induit par des mécanismes allergiques est également inhibé par un traitement avec l’antagoniste sélectif du récepteur H4 ou chez la souris déplétée en récepteurs H4.
  • Dans tous les cas, l’effet inhibiteur de l’antagoniste du récepteur H4 est plus important que celui observé avec les antagonistes des récepteurs H1.
  • Le prurit induit par le récepteur H4 a été montré comme indépendant des mastocytes ou des cellules hématopoïétiques et pourrait résulter des actions des neurones périphériques.

- Conclusion :

  • Ces résultats démontrent que le récepteur à l’histamine H4 est impliqué dans les réponses à type de prurit chez la souris d’une façon plus importante que les récepteurs à l’histamine H1.

- Implications cliniques :

  • Les antagonistes H4 pourraient avoir une utilité thérapeutique dans le traitement du prurit chronique chez l’homme alors que les antagonistes des récepteurs H1 sont non efficaces.

Dans ce travail, les auteurs démontrent sur un modèle expérimental murin de prurit, qu’un nouveau récepteur à l’histamine H4 est impliqué dans le prurit. Il semble que les antagonistes spécifiques de ce récepteur soient beaucoup plus efficaces dans le prurit que les antagonistes des récepteurs H1.

Il s’agit d’un travail trés intéressant car il ouvre de nouvelles perspectives dans la prise en charge difficile du prurit en particulier du prurit chronique. Même dans les manifestations allergiques, on connaît en effet les limites des antihistaminiques de type 1.

Ce travail apporte en fait deux informations.

D’abord, on comprend mieux l’échec des antihistaminiques de type 1. L’histamine peut également se fixer sur des récepteurs de type H4 qui ne sont pas bloqués par les antiH1, entraînant un prurit résistant au traitement habituel.

D’autre part, le mode d’action de ce récepteur fait intervenir un mécanisme neuro-hormonal permettant de comprendre les liens qui ont déjà été proposés entre prurit et douleur. Ce récepteur fonctionnerait comme un noci-récepteur.

Comme le récepteur H3 présynaptique, ce nouveau récepteur H4 fait le lien entre le système immunitaire classique et le système nerveux, permettant d’intégrer des faits cliniques observés mais non expliqués. Par exemple le lien souvent retrouvé entre un choc émotif et une urticaire ou un prurit chronique pourrait s’expliquer grâce à ces récepteurs en connexion avec le système nerveux central et végétatif.

Par ailleurs ce travail laisse espérer un nouveau traitement du prurit chronique.

Il reste cependant à trouver une molécule antagoniste du récepteur H4 utilisable en thérapeutique chez l’homme.