Blatte power

mercredi 4 juillet 2007 par Dr Hervé Couteaux2477 visites

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Blatte power

Blatte power

mercredi 4 juillet 2007, par Dr Hervé Couteaux

La répartition mondiale des blattes et leur présence dans des zones à forte densité humaine sont deux caractéristiques qui devrait faire considérer l’allergie aux blattes comme un problème majeur ; force est de constater que cette allergie fait l’objet de peu d’études et reste mal connue.

Activité biologique des extraits allergéniques de blatte germanique dans une population de centre urbain. : J. E. Slater, R. James, J. A. Pongracic, A. H. Liu, S. Sarpong, H. A. Sampson, S. M. Satinover, J. A. Woodfolk, H. E. Mitchell, P. J. Gergen, P. A. Eggleston

Center for Biologics Evaluation and Research, U.S. Food and Drug Administration, Bethesda, MD, USA, Rho Inc., Chapel Hill, NC, USA, Children’s Memorial Hospital, Chicago, IL, USA, National Jewish Medical and Research Center, Denver, CO, USA, Howard University, Washington, DC, USA, Mt. Sinai School of Medicine, New York, NY, USA, University of Virginia Health System, Charlottesville, VA, USA, National Institute of Allergy and Infectious Diseases, National Institutes of Health, Bethesda, MD, USA and Johns Hopkins University School of Medicine, Baltimore, MD, USA

dans Clinical & Experimental Allergy
Volume 37 Issue 7 Pages 1033-1039, July 2007

- Contexte :

  • L’allergie à la blatte est une cause importante d’asthme en centre urbain.
  • Pour réaliser des études valides sur le diagnostic et le traitement de l’allergie aux blattes, on doit mesurer les potentiels biologiques des extraits tests, et il faut choisir un essai in vitro de substitut pour évaluer le potentiel biologique.

- Méthodes :

  • 62 sujets adultes, allergiques aux blattes, ont été recrutés pour subir des tests cutanés quantitatifs avec trois extraits commerciaux de blattes germaniques.
  • Les valeurs intradermiques D50 ont été déterminées par interpolation linéaire, et les potentiels biologiques ont été déterminés à partir des données de D50.
  • Les extraits ont été également analysés pour leurs potentiels relatifs, par compétition ELISA, et pour leur contenu spécifique en allergènes, en utilisant un ELISA avec deux sites.

- Résultats :

  • Les évaluations du D50 de chaque extrait ont été analysables chez 48-55 sujets, avec des D50s entre 10.3 et 11.8.
  • Les trois extraits étaient bioéquivalents selon des critères prédéterminés.
  • Les potentiels biologiques des extraits étaient de 1738-8570 unités bioéquivalentes d’allergie (BAU) /mL (moyenne géométrique à 3300), et ces potentiels relatifs étaient semblables à ceux estimés par compétition ELISA et par le contenu spécifique en allergènes.
  • Des IgE contre des allergènes de blattes ont été détectées dans les sera de 34 sujets avec des D50s analysables, et 17 sujets ont eu des IgE dirigées contre les allergènes spécifiques de blattes.
  • Bien que la présence d’anticorps anti-Bla g 5 ait été corrélée avec les réponses des tests cutanés des sujets pour 2 extraits sur 3, aucun allergène n’était immunodominant.
  • Pour l’ensemble des sujets, les réponses en anticorps étaient hétérogènes.

- Conclusion :

  • Bien que les extraits commerciaux de blatte aient un potentiel assez faible, l’obtention de concentrations adaptées à une immunothérapie devrait être envisageable.
  • Le potentiel biologique peut être estimé en utilisant le test de D50, une combinaison des déterminations spécifiques d’allergènes, ou par une analyse globale de potentialité telle que l’ELISA compétition.
  • En résumé, le pouvoir biologique de trois extraits allergéniques de blattes germaniques, déterminé dans une population de centre urbain, était de 1738-8570 BAU/mL.
  • Aucun allergène ne s’est révélé être immunodominant, et des tests in vitro de remplacement des méthodes utilisées ont été examinés.

Les extraits allergéniques commerciaux de blattes ont une pertinence correcte malgré une activité biologique plutôt faible.

L’IgE réactivité aux blattes est hétérogène et il n’a pas été mis en évidence d’allergènes majeurs pour la population étudiée.

Les allergènes de chaque espèce sont encore mal connus.

A titre d’exemple, Blatella germanica, citée dans l’étude du jour comporte 8 allergènes différents selon http://www.allergome.org/, pas tous caractérisés…

  • Bla g 1 : groupe 1 des allergènes de blattes (donc non caractérisé)
  • Bla g 2 : Aspartic protease
  • Bla g 4 : Calycine (appartient aux lipocalines)
  • Bla g 5 : GST (Glutathione-S-transférase)
  • Bla g 6 : Troponine C (appartient aux EF-hand domain)
  • Bla g 7 : Tropomyosine, qui présente des réactivités croisées documentées avec notamment la tropomyosine de crevette, en cause dans le syndrome Arthropodes-Insectes-Mollusques-Crustacées.

Henri Malandain rappelait dans ces colonnes les résultats d’une étude italienne. Les résultats positifs pour les tropomyosines de crustacés ou de blattes étaient en grande partie secondaires à la sensibilisation pour les acariens de ces sujets (recrutés souvent sur la base d’une symptomatologie respiratoire).

Ceci dit la tropomyosine n’est pas seule en cause dans les réactivités croisées des allergènes de blattes et/ou d’acariens.

  • Bla g 8 : Chaîne légère de la myosine.
  • Bla g Trypsine : Trypsine (appartient aux sérine protéases)

L’allergie aux blattes n’est probablement pas univoque : plusieurs espèces de blattes sont concernées en particulier selon les zones géographiques et/ou climatiques :

B. orientalis et B. germanica sont les plus fréquemment rencontrées en Europe du Nord.

B.germanica préfère les environnements plus chauds et humides, (immeubles équipés du chauffage central), alors que B. orientalis est plus souvent localisée dans les environnements moins humides et plus frais, (canalisations, sous-sol).

P. americana et P. australasiae, des espèces tropicales et subtropicales peuvent se voir en milieu tempéré, (ports et entrepots).

L’exposition aux blattes varie toutefois énormément selon les climats et il faut rappeler qu’une étude portoricaine classait il y a quelques années les blattes au deuxième rang des sources allergéniques en cause dans les allergies respiratoires….

Zone tempérée ou zone tropicale, ce n’est pas la même chose…