Pas assez noble mon fils….

jeudi 15 novembre 2007 par Dr Christian Debavelaere1156 visites

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Pas assez noble mon fils….

Pas assez noble mon fils….

jeudi 15 novembre 2007, par Dr Christian Debavelaere

La prise en charge d’une rhinite allergique est peu valorisant pour l’allergologue face à son correspondant médecin, pharmacien ou son interlocuteur de l’assurance maladie ; toute cette énergie pour un simple rhume… C’est mal connaître le retentissement de la rhinite sur la qualité de vie. Le facteur de risque pour l’apparition prochain d’un asthme est plus convaincant. Cette étude valorise le travail de l’allergologue en étudiant le lien entre rhinite et asthme.

Une rhinite allergique dans l’enfance est un facteur de risque d’asthme et de sa persistance à l’age mur. Etude longitudinale. : John A. Burgess, MEpida, E. Haydn Walters, DMb, Graham B. Byrnes, PhDa, Melanie C. Matheson, PhDa, Mark A. Jenkins, PhDa, Cathryn L. Wharton, BApplScia, David P. Johns, PhDb, Michael J. Abramson, PhDc, John L. Hopper, PhDa, Shyamali C. Dharmage, PhDa

Centre for Molecular, Environmental, Genetic and Analytic Epidemiology, University of Melbourne, Melbourne, Australia ; Respiratory Research Group, Menzies Research Institute, University of Tasmania, Hobart, Australia ; Department of Epidemiology and Preventive Medicine, Monash University, Melbourne, Australia

dans JACI Volume 120, Issue 4, Pages 863-869

- Contexte

  • L’association entre rhinite allergique et asthme est bien documentée mais l’ordre chronologique de cette association n’a pas encore été finement étudié.

- Objectifs

  • Nous tentons d’établir l’association entre rhinite allergique et incidence de l’asthme depuis la préadolescence jusque l’âge moyen et la persistance de l’asthme à l’âge moyen.

- Méthodes

  • Des données ont été recueillies grâce aux études de 1968, 1974, et 2004 portant sur l’asthme en Tasmanie.
  • L’étude en régression de Cox fut utilisée pour examiner l’association entre rhinite allergique dans l’enfance et incidence de l’asthme lors de la préadolescence, l’adolescence, et l’age adulte.
  • L’étude en régression binomiale fut utilisée pour examiner l’association entre rhinite allergique dans l’enfance et démarrage de l’asthme avant l’âge de 7 ans et persistant à l’âge de 44 ans.

- Résultats

  • La rhinite allergique dans l’enfance était associée avec un risque accru de 2 à 7 fois d’asthme lors de la préadolescence, l’adolescence, et la vie adulte.
  • La rhinite allergique dans l’enfance était associée avec un triplement d’asthme persistant dans l’enfance.

- Conclusion

  • La rhinite allergique dans l’enfance augmente le risque d’apparition de nouveaux cas d’asthme après l’enfance et le risque d’avoir un asthme persistant à l’âge mur.

- Implication clinique

  • l’asthme à l’âge mur pourrait être réduit par un traitement plus intensif de la rhinite allergique dans l’enfance.

Cette étude confirme les données du consensus ARIA, établissant le risque d’apparition d’un asthme futur au stade de la rhinite allergique avérée.

Une rhinite allergique dans l’enfance entraîne un risque multiplié par 2 à 7 d’acquérir un asthme à l’adolescence.

L’allergologue constate quotidiennement cette évolution fâcheuse de l’allergie non traitée, rhinite allergique intermittente puis de plus en plus fréquente, pour devenir permanente, avec retentissement majeur sur la qualité de vie, en parallèle, les sensibilisations allergéniques se multiplient le patient se polysensibilise puis l’asthme apparaît…

Il faut suivre régulièrement ses allergiques, leur expliquer les enjeux d’un bon contrôle de l’allergie, détecter précocement le risque d’asthme par l’analyse des antécédents familiaux, par la détection des signes de l’hyperréactivité bronchique non spécifique comme la toux ou l’asthme d’effort, annonciateur de l’asthme, faire comprendre et estimer à sa juste valeur la gêne occasionnée par une rhinite chronique allergique, par son retentissement sur la qualité de l’avenir et par son potentiel évolutif.