Efficacité de l’ITS : enfin l’âge adulte ?!

jeudi 6 décembre 2007 par Dr Alain Thillay750 visites

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Efficacité de l’ITS : enfin l’âge adulte ?!

Efficacité de l’ITS : enfin l’âge adulte ?!

jeudi 6 décembre 2007, par Dr Alain Thillay

L’immunothérapie spécifique est connue depuis un siècle et est largement utilisée. Toutefois, de trop nombreuses études concernant son efficacité ne répondent pas aux critères d’études de haut niveau scientifique. Les auteurs de cette revue d’études récentes en profitent pour faire le point des caractéristiques méthodologiques impératives.

Immunothérapie : essais cliniques, résultats cliniques et meilleures études. : Bousquet PJ, Demoly P, Passalacqua G, Canonica GW, Bousquet J.

aCHU Montpellier, Montpellier, France bDIMI, University of Genoa, Genoa, Italy.

dans Curr Opin Allergy Clin Immunol. 2007 Dec ;7(6):561-6

- Objet de la revue :

  • La méthodologie des essais cliniques randomisés est essentielle pour évaluer et enregistrer les interventions thérapeutiques.
  • Bien que l’immunothérapie spécifique a été introduite il y a un siècle, un très petit nombre d’essais répondent aux critères d’études fondamentales.
  • Cette étude passe en revue les méthodes qui devraient être utilisées pour enquêter sur l’immunothérapie spécifique.

- Résultats récents :

  • De grandes études fondamentales concernant l’immunothérapie spécifique ont été publiées au cours de l’année et ont fait de l’immunothérapie spécifique sublinguale un traitement accepté en Europe.
  • Par ailleurs, une étude a proposé des lignes directrices pour la conduite d’essais sur l’immunothérapie.
  • Des études de phase I ont également été publiées sur l’immunothérapie sublinguale.
  • Une grande étude sur l’immunothérapie sous-cutanée a confirmé son efficacité, mais a montré que cette forme de traitement est associée à des effets indésirables.

- Résumé :

  • L’efficacité clinique de l’immunothérapie sous-cutanée et sublinguale aux pollens et aux acariens est bien établie à la fois pour la rhinite et l’asthme, mais la méthodologie de nombreux essais sur l’immunothérapie spécifique a été jugée insuffisante, jusqu’à ces dernières grandes études fondamentales.
  • Le document examine les conditions requises pour effectuer les essais en immunothérapie spécifique, y compris, la standardisation des allergènes, les critères d’inclusion et d’exclusion des patients, la phase I des essais pour évaluer la sécurité, les études de l’éventail des doses et les essais fondamentaux.
  • Ceux-ci nécessitent d’être randomisés, en groupes parallèles, contrôlés contre placebo.
  • Le nombre de patients doit être suffisant.
  • Les mesures primaires et secondaires des résultats sont répertoriées.
  • Les études sur l’asthme requièrent des exigences spécifiques.
  • Dans toutes les études, la sécurité doit être surveillée attentivement.
  • Des études chez l’enfant sont nécessaires.

Cette étude a été réalisée dans le cadre d’une coopération de l’école montpelliéraine et de celle de Gênes, Italie.

Effectivement, l’immunothérapie est connue depuis plus d’un siècle maintenant, ce qui, à l’échelle, de la science médicale date d’hier.

L’Allergologie a donc commencé il y a un siècle. Même si d’illustres anciens, arabes, grecs ont rapporté des observations de réactions allergiques, il faudra attendre le début du vingtième siècle pour voir apparaître la notion d’une réaction différente de l’immunisation, la réaction allergique, puis l’existence des réagines et, dans les années 70, la découverte des IgE.

L’immunothérapie spécifique est née à la même époque avec tout l’empirisme que l’on sait.

Depuis, peu à peu, étude après étude, découverte immunologique après découverte immunologique, les chercheurs ont pu mettre en évidence les mécanismes immunologiques et en démontrer l’efficacité. Depuis, la médecine évaluée sur des preuves est arrivée. Les essais pour contrôler l’efficacité de la vaccination allergénique doivent passer par là.

Je ne vais pas faire le résumé du résumé déjà bien explicite de cette équipe italo-française.

Nous savons qu’il nous manque des études spécifiques de l’enfant. Nous savons que nous possédons beaucoup d’études bien documentées pour les acariens et les pollens alors qu’il nous manque encore des études pertinentes pour l’efficacité de l’immunothérapie aux protéines animales particulièrement chat, chien, cheval.

L’immunothérapie spécifique, traitement préventif et curatif de la maladie allergique IgE dépendante, ne peut plus se cantonner à des études de faible portée scientifique pour ne contenter qu’un sérail d’initiés.

Il s’agit du traitement majeur de ces maladies allergiques ; son efficacité doit éclater au grand jour à l’aide de grandes études répondant aux critères d’un niveau scientifique élevé.