Oesophagite à éosinophile : à respirer et à manger…

lundi 10 décembre 2007 par Dr Geneviève DEMONET7650 visites

Accueil du site > Allergènes > Alimentaires > Oesophagite à éosinophile : à respirer et à manger…

Oesophagite à éosinophile : à respirer et à manger…

Oesophagite à éosinophile : à respirer et à manger…

lundi 10 décembre 2007, par Dr Geneviève DEMONET

L’oesophagite à éosinophile est une pathologie émergente depuis ces dernières années. L’allergie alimentaire est supposée jouer un rôle dans sa physiopathologie. Mais qu’en est-il de l’allergie respiratoire ? Une équipe australienne a mené l’enquête….

Dichotomie de la sensibilisation alimentaire et aux allergènes respiratoires dans l’oesophagite à éosinophile : Sugnanam KK, Collins JT, Smith PK, Connor F, Lewindon P, Cleghorn G, Withers G.

Medical School, Griffith University, Southport, Australia.

dans Allergy. 2007 Nov ;62(11):1257-60. Epub 2007 Aug 17

- Contexte :

  • L’oesophagite à éosinophiles (OE) est une pathologie émergente pour laquelle les patients se présentent ordinairement avec des symptômes de reflux gastro-oesophagien et ne répondent pas au traitement anti-reflux.
  • L’allergie alimentaire est actuellement reconnue comme la cause immunologique principale d’OE ; des éléments récents suggèrent que les allergènes inhalés ont un rôle étiologique.
  • La présence d’OE semble associée aux autres maladies atopiques.

- Objectifs :

  • Rapporter le profil de sensibilisation à la fois aux allergènes alimentaires et inhalés dans notre cohorte de patients présentant une OE en relation avec l’âge et la prévalence des autres manifestations allergiques chez les patients ayant une OE.

- Méthodes :

  • L’étude a analysé de façon prospective les profils de sensibilisation allergénique à l’aide de prick-tests aux allergènes alimentaires et inhalés communs chez 45 enfants ayant une OE.
  • Des patch-tests aux allergènes alimentaires communs ont été pratiqués chez 33 patients de la même cohorte.
  • La co-morbidité par eczéma atopique, asthme, rhinite allergique et anaphylaxie a été obtenue à partir des antécédents du patient.

- Résultats :

  • Les patients plus jeunes ayant une OE avaient plus d’IgE et une sensibilisation aux patch-tests alimentaires alors que les patients plus âgés avaient une sensibilisation plus importante aux allergènes inhalés.
  • La prévalence de l’eczéma atopique, de la rhinite allergique et de l’asthme était accrue de façon significative dans notre cohorte d’OE comparativement à la population générale australienne.
  • Un total de 24% de notre cohorte de patients ayant une OE avait des antécédents d’anaphylaxie.

- Conclusion :

  • Chez les enfants ayant une OE, la sensibilisation aux allergènes inhalés croît avec l’âge, particulièrement après 4 ans.
  • D’autre part, la recherche spécifique d’une réaction anaphylactique alimentaire sévère est fortement recommandée chez les patients présentant une OE car il est apparu une incidence élevée d’anaphylaxie dans ce groupe de patients.

Une étude australienne a analysé de façon prospective la sensibilisation allergénique de 45 enfants ayant une oesophagite à éosinophiles à l’aide de prick-tests aux trophallergènes et aéroallèrgènes communs et de patch-tests aux aliments.

La sensibilisation aux allergènes alimentaires était plus fréquente chez les jeunes enfants alors que la sensibilisation aux aéroallergènes était prédominante chez les plus âgés.

Ces enfants avaient plus de maladies atopiques (dermatite atopique, rhinite et asthme) que les enfants de la population générale mais également plus d’accidents anaphylactiques alimentaires.

Une association a donc été mise en évidence entre oesophagite à éosinophiles et sensibilisation allergénique avec la même chronologie que dans l’atopie en général.

Mais a-t-on prouvé que l’une est la cause de l’autre ?