Il n’y a plus de règles chez les femmes anglaises asthmatiques !

mardi 15 janvier 2008 par Dr Philippe Carré734 visites

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Il n’y a plus de règles chez les femmes anglaises asthmatiques !

Il n’y a plus de règles chez les femmes anglaises asthmatiques !

mardi 15 janvier 2008, par Dr Philippe Carré

Des études montrent que les symptômes d’asthme sont associés chez les femmes à l’utilisation d’une hormonothérapie substitutive, dont une des indications est la ménopause induite par la chirurgie gynécologique. Ce travail étudie l’association entre l’asthme, l’allergie ou la fonction respiratoire et la ménopause chirurgicale.

Association de l’asthme, de l’atopie et de la fonction pulmonaire avec l’hormonothérapie substitutive et la suppression chirurgicale des règles, dans une étude de population chez des femmes anglaises. : Jarvis D, Leynaert B.

Department of Respiratory Epidemiology and Public Health, National Heart and Lung Institute, Imperial College London, London, UK

dans Allergy. 2008 Jan ;63(1):95-102. Epub 2007 Oct 29.

- Contexte

  • La chirurgie gynécologique, qui peut conduire à l’arrêt des règles, est une indication majeure de l’hormonothérapie substitutive (HS) qui, en retour, peut être associée à l’asthme.

- Méthodes

  • Des renseignements concernant les symptômes d’asthme, la fonction respiratoire, la sensibilisation IgE aux acariens de la poussière, ainsi que le statut menstruel et l’utilisation d’une HS ont été collectés chez 3724 femmes âgées de 35 à 64 ans, et habitant en Angleterre
  • L’association de l’état de santé avec l’utilisation d’une HS et d’une chirurgie entraînant l’arrêt des règles a été évaluée dans un modèle multivarié.

- Résultats

  • Plus d’un tiers des femmes qui avaient déjà utilisé une HS avaient subi une chirurgie entraînant un arrêt des menstruations
  • L’utilisation courante d’une HS était associée avec des sifflements fréquents, particulièrement chez les femmes maigres (index de masse corporelle IMC < à 25 : odds ratio OR :1.90, intervalle de confiance IC 1.17-3.05 ; IMC ≥ 25 : OR 1.02, IC 0.69-1.51)
  • Les sifflements étaient associés avec l’arrêt des règles en rapport avec une chirurgie, même chez les femmes n’ayant jamais utilisé d’HS (OR 1.55 ; IC 1.09-2.2)
  • Il apparaissait que l’utilisation d’une HS était associée avec une obstruction bronchique chez les femmes maigres, sans évidence qu’elle soit associée avec une sensibilisation IgE aux acariens.

- Conclusions

  • Dans cette étude transversale, l’utilisation d’une HS était associée avec des symptômes évocateurs d’asthme, particulièrement chez les femmes ayant l’IMC le plus bas
  • Une proportion substantielle de femmes n’ayant plus de règles après une intervention chirurgicale utilisaient une HS, mais ceci n’expliquait pas totalement leur morbidité accrue.

Dans cette étude transversale de 3724 femmes anglaises âgées de 35 à 64 ans, les auteurs confirment qu’il existe une association entre la morbidité respiratoire (sous forme de symptômes d’asthme) et l’utilisation d’une HS, en particulier chez les femmes avec un IMC normal ou bas.

Par ailleurs, l’association entre les symptômes bronchiques et l’HS n’était pas liée au terrain atopique, ce qui supporte l’idée qu’il s’agit plutôt d’un effet direct sur le muscle lisse qu’un effet immunologique.

Chez les femmes n’ayant jamais utilisé d’HS, les sifflements étaient associés aussi à l’arrête des règles après chirurgie gynécologique, ce qui laisse penser que l’HS n’est pas la seule explication ; il pourrait exister une pathologie sous-jacente expliquant à la fois l’asthme et la morbidité gynécologique à l’origine de l’hystérectomie.

Un certain nombre de données sont inconnues, comme le type d’HS, l’âge de la chirurgie, la parité des femmes, le début des symptômes respiratoires et les morbidités associées, et il est donc difficile de relier de façon stricte les anomalies respiratoires au statut hormonal et gynécologique.

Le fait que l’association entre les symptômes respiratoires et l’HS soit prépondérante chez les femmes de faible IMC, peut s’expliquer par des différences hormonales liées à l’adiposité, les femmes maigres ayant des taux hormonaux endogènes plus bas.

Des informations plus détaillées sur les femmes ayant subi une hystérectomie, et recevant ou non une HS, permettraient de mieux comprendre l’association complexe entre les manifestations d’asthme et les hormones sexuelles chez la femme.