Les parents fument, les enfants trinquent.

mardi 5 février 2008 par Dr Philippe Carré988 visites

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Les parents fument, les enfants trinquent.

Les parents fument, les enfants trinquent.

mardi 5 février 2008, par Dr Philippe Carré

Les enfants sont à risque de symptômes respiratoires face à la fumée de tabac, en raison des substances toxiques qu’ils inhalent. Le risque est en règle évalué à partir de l’interrogatoire parental, souvent inexact. Les auteurs ont cherché à savoir si la cotinine salivaire chez l’enfant pouvait être un marqueur fiable de l’exposition.

Cotinine salivaire, diagnostic médical d’asthme et symptômes respiratoires chez des enfants scolarisés en primaire. : Delpisheh A, Kelly Y, Rizwan S, Brabin BJ.

Child and Reproductive Health Group, Liverpool School of Tropical Medicine, Pembroke Place, Liverpool, L3 5QA, UK.

dans Matern Child Health J. 2008 Mar ;12(2):188-93

- Contexte

  • En raison d’une altération de la fonction respiratoire, les enfants sont à risque de symptômes respiratoires s’ils sont exposés à la fumée de tabac environnementale.

- Méthode

  • Une étude communautaire transversale de 425 enfants (de 5 à 11 ans), inscrits dans 15 écoles primaires d’une zone de faible niveau socio-économique de Merseyside (Royaume-Uni), a été entreprise pour étudier l’association entre les symptômes respiratoires anormaux et l’exposition à la fumée de tabac environnementale (EFTE)
  • Ont été utilisés pour l’étude un questionnaire complété par les parents et des mesures de cotinine dans la salive des enfants.

- Résultats

  • Globalement, 28.9% des enfants avaient un asthme diagnostiqué par un médecin (ADM) et 11.3% une histoire d’admission à l’hôpital pour une maladie respiratoire
  • La triade associant toux, sifflements et oppression respiratoire (T + S + OR) était retrouvée chez 12.6% des enfants
  • La moyenne géométrique du taux de cotinine était de 0.37 ng/ml (IC 95%, 0.33-0.42 ng/ml), et on estimait que 45.6% des enfants avaient une EFTE
  • Une histoire d’asthme familial était rapportée chez 9.2% des pères et 7.2% des mères
  • Le taux de cotinine salivaire était augmenté de façon significative chez les enfants ayant un ADM comparativement à ceux n’en n’ayant pas (p=0.002)
  • Etaient associés de façon significative avec un ADM les taux de cotinine (ORajusté 1.8 ; IC 95%, 1.4-2.5), un état socio-économique défavorisé (OR 1.4 ; IC 1.1-2.9), le sexe masculin (OR 1.6 ; IC 1.1-2.5), et le tabagisme maternel (OR 2.2 ; IC 1.4-3.1)
  • Le taux de cotinine (OR 1.4 ; IC 1.1-2.9) et le tabagisme maternel (OR 1.8 ; IC 1.1-2.5) étaient aussi associés de façon indépendante avec la triade T + S + OR

- Conclusion

  • Le dosage de la cotinine salivaire comme indicateur de l’EFTE pourrait être utilisée pour informer les parents du risque d’exposition de leurs enfants asthmatiques, et pourrait être une aide pour renforcer les efforts pour réduire l’exposition des enfants au tabagisme parental.

De façon à évaluer les risques respiratoires de l’exposition infantile à la fumée de tabac parentale, 425 enfants de 15 écoles primaires du Royaume Uni ont été évalués, vivant en milieu défavorisé.

Ont été étudiés, à partir à partir de questionnaires parentaux et de dosages de cotinine dans la salive des enfants, l’existence de symptômes respiratoires et le niveau d’exposition à la fumée.

Les principaux résultats montraient que :

  • 28.9% des enfants étaient asthmatiques
  • 11.3% avaient été admis à l’hôpital
  • 12.6% avaient une toux, des sifflements et une oppression respiratoire
  • le dosage de la cotinine montrait que 45.6% des enfants avaient une exposition à la fumée de tabac
  • les enfants ayant un asthme, et surtout ceux de sexe masculin, avaient un taux de cotinine significativement élevé
  • le taux de cotinine et le tabagisme maternel étaient associés de façon indépendante avec les symptômes respiratoires.

Les auteurs en concluent que le dosage de la cotinine pourrait, pour les parents, servir d’indice d’exposition à la fumée de leurs enfants asthmatiques, et les aider à redoubler d’effort pour limiter l’exposition des enfants à la fumée.

Il faut souligner à partir de cette étude :

  • qu’elle permet de constater que, dans la population ciblée, près de 50% des enfants sont exposés à la fumée de tabac
  • qu’elle incite à penser qu’un dosage biologique chiffré (la cotinine) pourrait être un élément plus performant pour persuader les parents d’enfants asthmatiques que leur tabagisme a un effet délétère direct chez leurs enfants, en particulier dans les milieux défavorisés où les conseils de prévention habituels sont plus difficiles à atteindre
  • qu’elle montre aussi, une fois de plus, que les effets néfastes de la fumée de tabac sont plus fréquents chez les garçons asthmatiques que chez les filles, les différences pouvant être liées à des facteurs hormonaux ou génétiques.