Quand la petite Hista s’associe à ses copines Globine et ITS, la DA tremble !

mardi 26 février 2008 par Dr Alain Thillay760 visites

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Quand la petite Hista s’associe à ses copines Globine et ITS, la DA  tremble !

Quand la petite Hista s’associe à ses copines Globine et ITS, la DA tremble !

mardi 26 février 2008, par Dr Alain Thillay

Si le rôle des aéroallergènes communs reste discuté dans la dermatite atopique, plusieurs études suggèrent l’intérêt de l’immunothérapie spécifique. Cette étude pilote coréenne vient ajouter du grain à moudre à cette solution thérapeutique. L’intérêt du recours à une immunothérapie spécifique modifiée car associée à un complexe histamine+immunoglobulines n’apparaît pas des plus pertinentes. Cependant, les résultats sont intéressants et permettent d’espérer l’arrivée d’études de plus haut niveau de preuves.

Traitement de la dermatite atopique par l’association d’une immunothérapie spécifique et d’un complexe immunoglobulines et histamine. : Nahm DH, Lee ES, Park HJ, Kim HA, Choi GS, Jeon SY.

Department of Allergy and Rheumatology, Ajou University Hospital, Suwon, Korea.

dans Int Arch Allergy Immunol. 2008 Feb 11 ;146(3):235-240

- Rappel des faits :

  • Les réactions allergiques aux allergènes environnementaux communs sont soupçonnées d’être impliquées dans le développement de la dermatite atopique, mais l’intérêt clinique de l’immunothérapie allergénique spécifique dans le traitement de celle-ci reste controversé.
  • Nous avons effectué une étude pilote visant à évaluer l’intérêt clinique d’un traitement associant une immunothérapie allergénique spécifique et un complexe immunoglobulines et histamine chez des patients atteints de dermatite atopique.

- Méthodes :

  • Vingt patients atteints de dermatite atopique et d’hypersensibilité aux acariens domestiques dont les conditions cliniques n’ont pas été effectivement contrôlées selon les normes actuelles thérapeutiques ont été traités avec une association d’immunothérapie spécifique des acariens domestiques et d’un complexe immunoglobulines et histamine, pendant 12 mois.
  • Le critère principal d’efficacité était la variation de la sévérité clinique de la dermatite atopique (SCORAD), valeurs à 6 et 12 mois en comparaison avec les valeurs à l’inclusion.

- Résultats :

  • Chez les 18 patients ayant terminé les 12 mois de traitement, les valeurs du SCORAD avaient sensiblement diminué, passant de 43,6 +/- 15,9 au départ à 27,8 +/- 18,3 à 6 mois et à 18,3 +/- 14,9 à 12 mois (P <0,001), et aucun effet secondaire systémique n’a été observé.

- Conclusions :

  • Dans cette étude pilote non contrôlée, le traitement associant une immunothérapie spécifique et un complexe immunoglobulines et histamine s’est traduit par d’importantes améliorations cliniques chez des patients atteints de dermatite atopique.
  • Toutefois, des études contrôlées en double-aveugle contre placebo complémentaires sont nécessaires pour vérifier l’intérêt clinique de cette immunothérapie allergénique spécifique modifiée pour la dermatite atopique.

Comme l’annoncent les auteurs en préalable, l’immunothérapie spécifique (ITS) dans le traitement de la dermatite atopique (DA) pose question.

Puisqu’il existe des patients atteints de DA qui présentent des sensibilisations aux aéroallergènes communs pourquoi ne pas proposer l’ITS.

Une étude antérieure dont je m’étais fait l’écho ici, montrait l’intérêt de l’ITS acariens domestiques chez des adultes atteints de DA persistante avec des sensibilisations aux acariens à priori non symptomatiques sur le plan respiratoire. Ce travail démontrait sans ambiguïté un grand intérêt sur l’évolution de la DA. Il y a deux ans lors du congrès de l’AAAAI, j’avais assisté à une séance de travail d’un groupe d’allergologues américains sur le traitement de la DA. A mon grand étonnement, nos amis américains discutaient déjà de l’ITS comme d’une évidence et cherchaient à mieux cerner les indications.

Ici, ces auteurs coréens reviennent sur le sujet mais avec une ITS modifiée puisque associée à un complexe immunoglobuline+histamine (S’agirait-il de notre bonne vieille HISTAGLOBINE ?). C’est une étude pilote, il sera donc nécessaire de pratiquer des études plus larges, contrôlées en double-aveugle contre placebo.

A priori, les premiers résultats vont dans le bon sens. Toutefois, le choix d’une ITS modifiée ne va contribuer à valider vraiment la valeur de l’ITS elle-même.

Il reste à s’interroger sur le rôle des acariens sur la dermatite atopique. Les patients atteints de DA avec sensibilisation aux acariens, ce sont-ils sensibilisés par voie cutanée ou par voie respiratoire ? Et si l’ITS fonctionne, est-ce dû à un effet direct d’hyposensibilisation aux acariens domestiques ou bien est-ce dû à un effet « down regulation » plus général de la réaction IgE dépendant par l’intermédiaire des cellules T régulatrices via les Toll-like récepteurs ?

Ainsi, l’intérêt de l’ITS se précise-t-il de plus en plus. Nous attendons tous de grandes études à haut niveau de preuves.