Jeu d’asthme 1 : aller siffler là-haut sur la métacholine !

lundi 30 juin 2008 par Dr Hervé Couteaux1904 visites

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Jeu d’asthme 1 : aller siffler là-haut sur la métacholine !

Jeu d’asthme 1 : aller siffler là-haut sur la métacholine !

lundi 30 juin 2008, par Dr Hervé Couteaux

L’asthme est une maladie chronique sous diagnostiquée. Ce diagnostic s’inscrit dans une démarche clinique et peut s’appuyer sur des examens complémentaires au premier rang desquels figurent les examens fonctionnels respiratoires. Tout ce qui peut simplifier ce processus complexe est digne d’intérêt…

Rôle du test de broncho-provocation à la métacholine dans le diagnostic d’asthme de l’enfant. : Liem JJ, Kozyrskyj AL, Cockroft DW, Becker AB.

Section of Allergy and Clinical Immunology, Department of Pediatrics and Child Health, Manitoba Institute of Child Health, University of Manitoba, Manitoba, Canada.

dans Pediatr Pulmonol. 2008 May ;43(5):481-9

- Objectif :

  • Déterminer si la mesure de la réactivité des voies aériennes à la métacholine peut aider les médecins à diagnostiquer l’asthme chez les enfants.

- Méthode :

  • Les enfants d’une cohorte de naissance (1995, Manitoba) ont été évalués par des spécialistes de l’asthme, au moyen de tests cutanés et de mesures de la réactivité des voies aériennes à la métacholine (PC20).
  • Nous avons choisi des enfants avec un diagnostic d’asthme posé par un médecin et des enfants en bonne santé comme sujets contrôles (pas d’asthme, ni de rhinite allergique, et des tests cutanés négatifs).
  • Sensibilités et spécificités de l’asthme ont été calculées.
  • Des courbes d’exploitation ont été calculées pour déterminer le meilleur ajustement du test à la métacholine comme test diagnostique.

- Résultats :

  • 640 enfants ont été évalués.
  • 215 enfants avec asthme diagnostiqué par un médecin et 197 contrôles sains ont subi avec succès un test à la métacholine.
  • L’hyperréactivité des voies aériennes s’est avérée être un test modérément sensible et spécifique pour le diagnostic de l’asthme chez les filles, quand elles étaient atopiques (sensibilité de 71% et spécificité de 69% à PC20 inférieure ou égale à 4,0 mg / ml) ou non (sensibilité de 77% et une spécificité de 53 PC20% inférieure ou égale à 8,0 mg / ml).
  • L’hyperréactivité des voies aériennes a également été utile pour le diagnostic de l’asthme chez les garçons atopique (sensibilité de 67% et spécificité de 75% à PC20 inférieure ou égale à 2,0 mg / ml), mais strictement d’aucune aide dans le diagnostic de l’asthme chez les garçons non atopiques.

- Conclusions :

  • Un test d’hyperréactivité des voies aériennes à la métacholine peut être utile chez les enfants qui sont atopiques et d’une certaine utilité pour les filles non atopiques.
  • La présence ou l’absence d’hyperréactivité des voies aériennes à la métacholine n’est d’aucune aide pour le diagnostic de l’asthme chez les garçons non atopiques.
  • Les tests de laboratoire doivent être replacés dans le contexte d’une évaluation clinique des enfants en vue d’un diagnostic d’asthme.

Un test à la métacholine réalisé chez des enfants atopiques est d’une utilité modérée pour le diagnostic de l’asthme.

Chez les garçons non atopiques, il perd tout intérêt pour le diagnostic de l’asthme.

L’hyperréactivité bronchique non spécifique (HRBNS) se définit par une obstruction excessive des bronches en réponse à des stimuli variés n’entraînant que peu ou pas de réponse chez le sujet sain.

C’est une caractéristique importante, mais non spécifique, des patients asthmatiques.

Tous les patients asthmatiques symptomatiques présentent une HRBNS alors que tous les individus ayant une HRBNS ne sont pas nécessairement asthmatiques.

Il existe différents types de tests de provocation bronchique, mais le plus pratiqué est le test de provocation bronchique à la métacholine.

La réponse au test est exprimée en termes de PD20 (méthode dosimétrique) ou PC 20 (nébulisation continue), c’est-à-dire la dose ou la concentration qui fait chuter le VEMS initial de 20%.

L’existence d’une HRBNS chez des sujets asymptomatiques ou paucisymptomatiques peut être considérée comme un facteur de risque pour le développement d’une maladie obstructive des voies aériennes, asthme ou bronchopathie chronique obstructive.

Rappelons que le diagnostic de l’asthme repose sur une démarche d’intégration de plusieurs éléments et qu’un seul examen, fut-il sophistiqué, ne saurait en l’état actuel permettre seul de porter ce diagnostic.