Les allergiques n’ont pas à craindre les RG : que du bluff !!

mardi 23 septembre 2008 par Dr Stéphane Guez1100 visites

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Les allergiques n’ont pas à craindre les RG : que du bluff !!

Les allergiques n’ont pas à craindre les RG : que du bluff !!

mardi 23 septembre 2008, par Dr Stéphane Guez

La présence de résidus glycosylés (RG) dans les plantes induit chez l’homme des IgE spécifiques. On retrouve en particulier ces glycanes dans les OGM. Y a-t-il un risque de choc anaphylactique chez l’homme lors de la consommation d’aliments produits par manipulation génétique et contenant des glycanes d’origine végétales ?

Evaluation par un test de provocation oral en double aveugle contre placebo de la signification clinique des IgE spécifiques dirigées contre les glycanes végétales. : A. Mari 1 , P. Ooievaar-de Heer 2 , E. Scala 1 , M. Giani 1 , L. Pirrotta 1 , L. Zuidmeer 3 , D. Bethell 4 , R. van Ree 3

1 Center for Clinical and Experimental Allergology, IDI-IRCCS, Rome, Italy ; 2 Department of Immunopathology, Sanquin, Amsterdam, the Netherlands ; 3 Department of Experimental Immunology, AMC, Amsterdam, the Netherlands ; 4 Ventria Bioscience, Sacramento, CA, USA
Correspondence to Dr Adriano Mari
Center for Clinical and Experimental Allergology IDI-IRCCS
Room 272 Via dei Monti di Creta
104 I-00167 Rome
Italy

dans Allergy
Volume 63 Issue 7, Pages 891 - 896

- Introduction :

  • La signification clinique des IgE dirigées contre les glycanes des plantes est un débat non résolu.

- Objectif de l’étude :

  • Les auteurs ont cherché à évaluer la signification clinique des IgE dirigées contre les glycanes en utilisant une glycoprotéine humaine : la lactoferrine exprimée dans le riz.

- Matériel et méthodes :

  • Chez des patients allergiques avec des IgE dirigées contre les glycanes des plantes, il a été recherché la présence d’IgE contre la lactoferrine produite par le riz.
  • La capacité des IgE à induire la libération de médiateurs a été évalué par un test de libération d’histamine par les basophiles et par un test cutané (prick-test).
  • La signification clinique a été évaluée par un test de provocation en double aveugle contre placebo par voie orale (DBPCOC).

- Résultats :

  • 24 des 29 sérums (82.7%) avec des IgE contre les glycanes des plantes ont une réactivité croisée IGE avec la lactoferrine transgénique.
  • Dans 3 des 5 cas, la lactoferrine transgénique induit une libération d’histamine.
  • Par rapport au contrôle qui est un allergène majeur de pollen de graminée, les concentrations en lactoferrine nécessaire pour une activité biologique IgE sont de l’ordre de 5 à 6 fois supérieure.
  • Les tests cutanés et le DBPCOC sont négatifs chez 5 patients ayant un potentiel clinique de réactivité et qui ont accepté volontairement un test cela in vivo.

- Conclusions :

  • Il a été démontré :
    • une absence ou une pauvre activité biologique
    • et une absence de signification clinique
  • à la présence d’IgE spécifiques dirigées contre les glycanes végétales (5 patients sur 5) en utilisant la lactoferrine exprimée dans le riz comme modèle.

Les auteurs démontrent que les glycanes exprimées par les aliments d’origine végétale, en particulier transgénique peuvent fixer des IgE spécifiques humaines avec parfois une activité biologique in vitro, mais ces IgE n’ont aucune signification clinique. Cela est démontré par la négativité d’un test oral de provocation.

Cette étude est extrêmement intéressante et très importante en particulier dans le débat actuel sur la sécurité ou non pour la santé de l’homme de la généralisation des produits issus de manipulation génétique (OGM).

En effet lorsqu’une molécule est produite par génie génétique en utilisant comme vecteur une plante, il y a production de molécules glycosylées : les glycanes, dont les caractéristiques sont différentes des glycanes humaines. Ces molécules peuvent induire la production d’IgE spécifiques. Cependant, la signification de ces IgE est controversée : le débat n’étant pas encore tranché sur un risque allergique potentiel ou non.

Ce travail apporte une réponse solide et claire.

L’auteur est très connu des allergologues car c’est un des « papes » de l’allergologie moléculaire.

La méthodologie de ce travail est la suivante : la lactoferrine humaine a été produite à partir du riz par manipulation transgénique. Cette lactoferrine est strictement identique à la lactoferrine humaine. La seule différence réside en des glycanes d’origine végétale qui sont associées.

Les auteurs montrent qu’il existe chez un certain nombre de patients des IgE spécifiques contre ces glycanes. Il peut y avoir un test de dégranulation de basophiles positif en utilisant les IgE sériques de ces patients. Donc on peut penser qu’il y à risque allergique.

5 patients ont accepté de prendre per os des glycanes : il n’y a aucune réaction. Si on ajoute que sur un plan théorique le risque était déjà évalué comme très faible en raison du peu de patients ayant des réactions croisées pollens/ aliments alors que les glycanes les IgE contre les glycanes sont très fréquentes, on peut en conclure qu’il n’y a pas de risque allergique.

Ce travail démontre donc que les glycanes ne peuvent pas induire de manifestations cliniques allergiques chez l’homme.