L’urticaire chronique au quotidien : un fardeau sous-estimé

jeudi 11 décembre 2008 par Dr David Farhi5122 visites

Accueil du site > Maladies > Urticaire > L’urticaire chronique au quotidien : un fardeau sous-estimé

L’urticaire chronique au quotidien : un fardeau sous-estimé

L’urticaire chronique au quotidien : un fardeau sous-estimé

jeudi 11 décembre 2008, par Dr David Farhi

Le diagnostic d’urticaire chronique est aisé et constitue une des rares dermatoses dont le diagnostic positif peut reposer sur l’interrogatoire uniquement. Le traitement de première ligne repose sur les antihistaminiques. Pour autant sa prise en charge peut être difficile et son impact est souvent sous-estimé.

Urticaire chronique : une enquête par internet des comportements de santé, de la présentation symptomatique et des besoins thérapeutiques chez des patients adultes Européens. : Maurer M, Ortonne JP, Zuberbier T.

Allergie-Centrum-Charité, Department of Dermatology and Allergy, Charité- Universitätsmedizin Berlin, Charitéplatz 1, D-10117 Berlin, Germany.

dans Br J Dermatol. 2008 Nov 11.

- Rationnel

  • L’urticaire chronique est une dermatose fréquente caractérisée par des poussées spontanées de plaques prurigineuses et/ou d’angio-œdème pendant une durée d’au moins 6 semaines.
  • Peu de données sont disponibles sur les comportements de santé, la présentation symptomatique et les besoins thérapeutiques insatisfaits.

- Objectifs

  • Evaluer comment les patients atteints d’urticaire chronique gèrent leur maladie, quand et où surviennent leurs poussées symptomatiques et quels sont leurs besoins thérapeutiques insatisfaits.

- Patients et méthodes

  • Une enquête était conduite par internet chez 321 adultes représentatifs de la population atteintes d’urticaire chronique en Allemagne et en France.
  • Cette enquête abordait les comportements de santé, le moment et le localisation des poussées symptomatiques et les besoins thérapeutiques insatisfaits.

- Résultats

  • Soixante-dix huit pour cent des répondeurs étaient sous médicaments prescrits ou en vente libre.
  • Seulement 33% des patients sous traitement étaient toujours ou souvent traités préventivement.
  • Les poussées d’urticaire chronique persistaient 6 à 10 semaines chez 58% des répondeurs et 52 semaines par an chez 12% des patients.
  • Les sites anatomiques les plus souvent atteints par l’urticaire chronique étaient les bras (55% des femmes et 57% des hommes, sans différence significative) et les jambes (42% des femmes et 32% des hommes, P=0,043).
  • Davantage de répondeurs étaient gênés par les symptômes le soir (34%), que la nuit (23%), le matin (23%) et l’après-midi (20%).
  • Le mode de la fréquence des nuits de sommeil affectées par les symptômes était de 3 nuits par semaine.
  • Le prurit et l’inconfort physique étaient insuffisamment pris en charge pour 68% des répondeurs et la perturbation secondaire du sommeil était insuffisamment prise en charge pour 48% des répondeurs.

- Conclusion

  • Une meilleure compréhension des comportements de santé, de la présentation symptomatique et des besoins thérapeutiques insatisfaits permettra aux cliniciens et les patients de mieux prendre en charge l’urticaire chronique.

Moins de la moitié des patients sous traitement bien conduit par antihistaminiques de seconde génération pour une urticaire chronique rapportent un contrôle suffisant des symptômes. Par conséquent, de nombreux patients restent affectés par l’urticaire chronique, ce qui entraîne une altération significative de leur qualité de vie.

Dans la majorité des cas, l’urticaire chronique est gérée par les patients eux-mêmes. Les traitements de première intention sont en vente libre sans ordonnance. Par conséquent, une part importante de la présentation symptomatique, de l’administration médicamenteuse et de la réponse thérapeutique échappe au suivi médical.

Cette étude apporte un éclairage nouveau sur l’urticaire chronique.

Par exemple, cette étude montre que plus de la moitié des patients attendent d’avoir une poussée symptomatique avant de commencer un traitement et qu’environ un quart des patients attend de souffrir de ces symptômes avant de se traiter.

Cette étude apporte des informations sur un aspect peu étudié de l’urticaire chronique : le point de vue du patient et sa gestion quotidienne de la maladie. Il présente l’avantage d’inclure une population représentative de la population de France et d’Allemagne pour la distribution géographique, le sexe et l’âge.

Cependant, cette étude est limitée par le fait que les données recueillies reposent sur la déclaration des patients, ce qui implique un risque de biais d’information.

En contribuant à une meilleure connaissance du fardeau de la maladie et de sa gestion quotidienne par les patients, cette étude pourrait aider les médecins à mieux prendre en charge leurs patients.

Vos commentaires

  • Le 23 janvier 2016 à 17:23, par BULIN Floryse En réponse à : L’urticaire chronique au quotidien : un fardeau sous-estimé

    Bonjour,

    Je ne sais pas si c’est de l’urticaire chronique mais voilà, je me gratte et me regratte sans cesse !
    J’ai les jambes (des cuisses au pieds et parfois les fesses aussi) couvertes de tâches rouges auréolées de blanc (puisque le sans s’est agglutiné vers un point central en laissant le reste blanc autour) depuis plusieurs semaines et je ne cesse de me gratter !
    Cela commence petit à petit en début d’après midi et se renforce au fil des heures. Le soir c’est insupportable et ce, jusqu’à ce que je m’endorme. Au réveil plus rien et rebelote l’après-midi !

    C’est Péniblement désagréable (si je puis dire) !

    Ce qui m’étonne c’est qu’il me semble (je n’en suis même plus sûre !) qu’à une certaine période cela se calme. Mais en ce moment et depuis 3 mois je me gratte pendant presque 12h !

    S’il y a une réponse à cela éclairez-moi svp ! Sachant que je dois voir une dermato bientôt. Merci