Nez qui coule, bronches qui toussent ?

mercredi 4 mars 2009 par Dr Geneviève DEMONET1299 visites

Accueil du site > Maladies > Rhinites > Nez qui coule, bronches qui toussent ?

Nez qui coule, bronches qui toussent ?

Nez qui coule, bronches qui toussent ?

mercredi 4 mars 2009, par Dr Geneviève DEMONET

La relation entre les voies aériennes supérieures et inférieures est bien connue. Une étude a été menée en Italie chez 342 patients ayant une rhinite allergique isolée à la recherche d’une hyperréactivité bronchique. En voici les résultats…

Impact de la rhinite allergique sur l’asthme : effets sur l’hyperréactivité bronchique : Cirillo I, Pistorio A, Tosca M, Ciprandi G.

Navy Medical Service, La Spezia, Italy.

dans Allergy. 2009 Jan 28

- Contexte :

  • Il y a une relation importante entre les voies aériennes supérieures et inférieures.
  • L’hyperréactivité bronchique (HRB) est un trait capital de l’asthme et peut être considérée comme un facteur de risque fort de survenue d’un asthme chez les patients ayant une rhinite allergique.

- Objectifs :

  • Cette étude a pour but d’évaluer la présence d’une HRB dans un groupe important de patients ayant une rhinite allergique persistante modérée à sévère isolée et de rechercher des facteurs de risque potentiels en relation avec une HRB sévère.

- Méthodes :

  • Trois cent quarante deux patients consécutifs ayant une rhinite allergique persistante modérée à sévère ont été évalués de façon prospective.
  • On a réalisé chez tous les patients un examen clinique, des tests cutanés, une spirométrie et un test bronchique à la métacholine.

- Résultats :

  • Vingt-deux patients (6.4%) avaient une HRB sévère, 74 patients (21.6%) avaient une HRB légère et 192 (56.2%) avaient une HRB limite ; 54 patients (15.8%) avait un test à la métacholine négatif.
  • L’analyse de régression logistique a montré une association significative entre une HRB sévère et une sensibilisation aux arbres et aux acariens de poussière de maison (OR(Adj) : 8.1), une durée d’évolution de la rhinite > 5 ans (OR(Adj) : 5.4) et un VEMS ≤ 86% de la valeur prédite (OR(Adj) : 4.0).
  • La capacité discriminative de ce modèle est sensiblement satisfaisante avec un AUC = 0.90.

- Conclusion :

  • Cette étude met en lumière le lien étroit entre les voies aériennes et supérieures et le rôle de certains facteurs de risque tels qu’une sensibilisation aux arbres et aux acariens, une évolution de plus de 5 ans et des valeurs de VEMS ≤ 86% comme des facteurs de risque d’HRB sévère chez les patients ayant une rhinite allergique persistante modérée à sévère isolée.
  • En conséquence, l’HRB est présente fréquemment chez les patients ayant une rhinite chronique et devrait être suspectée en présence des facteurs de risques décrits.

Une étude a été menée en Italie chez 342 patients ayant une rhinite allergique persistante modérée à sévère isolée.

On a examiné ces patients, pratiqué des prick-tests cutanés, une spirométrie et un test à la métacholine pour rechercher une hyperréactivité bronchique.

Seulement 16 % des patients avaient un test à la métacholine négatif, 56% avaient des résultats limites, 22% une HRB légère et 6% une HRB sévère.

Une sensibilisation aux acariens et aux arbres, de même qu’une rhinite évoluant depuis plus de 5 ans et un VEMS ≤ 86% de la valeur prédite se sont avérés être des facteurs de risque d’HRB sévère.

Il me semble qu’un nombre non négligeable, pour ne pas dire considérable, de nos patients ont, depuis plus de 5 ans, une rhinite persistante modérée à sévère avec sensibilisation aux acariens et peut-être également aux arbres dans certaines régions de France… Faut-il rechercher une HRB chez toutes ces personnes ou se contenter de les surveiller particulièrement ?

Je m’interroge sur le devenir des patients de cette étude. Ceux qui ont une HRB limite ou légère vont-ils développer un asthme ? Combien de ceux qui n’ont pas d’HRB vont cependant devenir asthmatique dans l’avenir ? Et dans combien d’années ?

Boule de cristal mise à part, seule un suivi de ces patients nous donnerait la réponse…