Même en Californie, l’état écolo, la vie des asthmatiques n’est pas cool !

jeudi 26 mars 2009 par Dr Alain Thillay609 visites

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Même en Californie, l’état écolo, la vie des asthmatiques n’est pas cool !

Même en Californie, l’état écolo, la vie des asthmatiques n’est pas cool !

jeudi 26 mars 2009, par Dr Alain Thillay

Des études antérieures ont suggéré une relation entre l’exposition à la circulation automobile et l’asthme infantile. Cette étude américaine pratiquée sur une cohorte de 176 sujets asthmatiques ou rhinitiques tente de faire la même démonstration chez l’adulte. Le critère principal est la mesure du VEMS.

Exposition à la circulation automobile : fonction respiratoire et état de santé chez des adultes asthmatiques. : John R. Balmes, MDad, Gillian Earnest, MSa, Patricia P. Katz, PhDab, Edward H. Yelin, PhDab, Mark D. Eisner, MD, MPHa, Hubert Chen, MDa, Laura Trupin, MPHab, Fred Lurmann, MSe, Paul D. Blanc, MDac

a Department of Medicine, University of California—San Francisco, San Francisco, Calif

b Institute for Health Policy Studies, University of California—San Francisco, San Francisco, Calif

c Cardiovascular Research Institute, University of California—San Francisco, San Francisco, Calif

d Division of Environmental Health Sciences, School of Public Health, University of California—Berkeley, Berkeley, Calif

e Sonoma Technology Incorporated, Petaluma, Petaluma, Calif

dans JACI Volume 123, Issue 3, Pages 626-631

- Contexte :

  • L’exposition à la circulation automobile a été associée à l’asthme chez l’enfant, mais ses effets sur l’adulte asthmatique n’ont pas été bien étudiés.

- Objectif :

  • Evaluer l’hypothèse qu’il existe un lien entre fonction respiratoire et état de santé et l’exposition au trafic automobile.

- Méthodes :

  • Nous avons mesuré le VEMS, l’état de santé à l’aide d’une échelle d’évaluation comprenant 12 items (SF-12 PCS) et la qualité de vie à l’aide d’un questionnaire spécifique du sujet asthmatique sur une cohorte d’adultes asthmatiques ou rhinitiques (n= 176 ; dont 145 asthmatiques).
  • Nous avons évalué l’exposition au trafic automobile en précisant le lieu de résidence à l’aide du code postal ce qui nous a permis d’attribuer une distance par rapport aux voies de circulation automobile.
  • L’association entre la distance la plus courte par rapport aux voies de circulation et aux grands axes de circulation et le VEMS a été étudiée à l’aide d’une régression linéaire.

- Résultats :

  • Le VEMS était positivement associé avec la distance par rapport à la voie de circulation automobile la plus proche (P=0,01) et par rapport au grand axe de circulation le plus proche (P=0,02) alors que les résultats du questionnaire de qualité de vie n’étaient en rien associés à une quelconque variable concernant la circulation automobile.
  • L’ajustement en fonction du revenu, du tabagisme et de l’obésité ne modifie pas substantivement l’association des variables du trafic routier avec le VEMS (P=0,04 pour la voie de circulation la plus proche et P=0,02 pour les grands axes de circulation) et n’entraîne pas d’association significative tant avec le SF-12 PCS qu’avec le questionnaire de qualité de vie.

- Conclusions :

  • L’exposition à la circulation automobile est associée à une diminution de la fonction respiratoire chez l’adulte asthmatique.

Voici une étude américaine (Californie) qui avait l’objectif simple de montrer que chez l’asthmatique le fait de vivre proche d’un axe routier tend à diminuer la fonction respiratoire.

Trois outils de mesure ont été utilisés, l’un objectif, la mesure du VEMS, les deux autres un peu moins, avec une évaluation de l’état de santé et un questionnaire de qualité de vie spécifique des sujets asthmatiques.

Fort heureusement, c’est justement le critère objectif qui montre une association significative entre la dégradation de la fonction respiratoire et le fait de vivre près d’un axe routier quelle que soit sa taille. Encore plus précisément, plus le sujet asthmatique vit près de l’axe routier plus la fonction respiratoire diminue.

On peut reprocher que la cohorte d’asthmatiques est un peu faible, 145 sujets. Il faut donc considérer ce travail à titre indicatif à confirmer par des travaux de plus grande ampleur.

Cette étude tend à confirmer que les facteurs de l’inflammation bronchique spécifique de la maladie asthmatique sont multiples et que la pollution urbaine due en grande partie aux automobiles joue son rôle ; un facteur inflammatoire de plus.

Je ne sais pas si les résultats de ce travail vont inciter nos amis américains à avoir recours à des véhicules de plus petite cylindrée et de haute technologie et donc moins polluants ; sans doute que la crise économique aura plus d’effet…