Etude casse-noisettes moléculaire.

lundi 11 mai 2009 par Dr Alain Thillay911 visites

Accueil du site > Maladies > Diagnostic > Etude casse-noisettes moléculaire.

Etude casse-noisettes moléculaire.

Etude casse-noisettes moléculaire.

lundi 11 mai 2009, par Dr Alain Thillay

Les caractéristiques moléculaires de l’allergie à la noisette sont à présent bien connues. Le but de cette étude multicentrique européenne danoise était de vérifier que les ImmunoCAP PHADIA concernant particulièrement la PR-10, la profiline et la LTP étaient pertinents pour bien refléter les différences géographiques de l’IgE réactivité à celles-ci.

Diagnostic in vitro moléculaire de l’allergie à la noisette en Europe. : Hansen KS, Ballmer-Weber BK, Sastre J, Lidholm J, Andersson K, Oberhofer H, Lluch-Bernal M, Ostling J, Mattsson L, Schocker F, Vieths S, Poulsen LK.

Allergy Clinic, National University Hospital, Copenhagen,

dans J Allergy Clin Immunol. 2009 May ;123(5):1134-41, 1141.e1-3.

- Contexte :

  • L’allergie alimentaire à la noisette s’observe dans le cadre d’une allergie pollinique mais aussi en dehors.

- Objectif :

  • Nous avons cherché à évaluer un groupe d’allergènes de la noisette pour le diagnostic de l’allergie à la noisette en Espagne, en Suisse et au Danemark.

- Méthodes :

  • Cinquante-deux patients ayant subi un test de provocation orale, en double-aveugle, contrôlé, contre placebo positif à la noisette ; 5 patients ayant des antécédents d’anaphylaxie, 62 patients atteints d’allergie pollinique mais tolérant à la noisette et 63 sujets non atopiques, ont été inclus.
  • Les taux d’IgE sériques spécifiques d’un extrait de noisette, des allergènes recombinants (rCor a 1.04, rCor a 2, rCor a 8, rCor a 11) et des allergènes natifs (nCor a 9, nCor a Bd8K, nCor a Bd11K) ont été mesurés à l’aide de l’ImmunoCAP.

- Résultats :

  • Parmi les patients ayant une allergie à la noisette, 91% (Suisse) 100% (Espagne), Danemark (75%) avaient des IgE spécifiques à l’extrait de noisette, 75% à rCor a 1,04, 42% à rCor a 2, 28% à rCor a 8, et 2% à rCor a 11.
  • Le taux le plus élevé de sensibilisation à Cor 1.04 a été trouvé dans les régions du Nord (Suisse / Danemark, 100%, l’Espagne, 18%), alors que les IgE spécifiques de la protéine de transfert lipidique rCor a 8 prévalait en Espagne (Espagne, 71%, Suisse, 15%, Danemark, 5%).
  • Les IgE spécifiques de la profiline rCor a 2 étaient également distribué (40% à 45%).
  • Parmi les sujets allergiques au pollen, 61% ont des IgE spécifiques à l’extrait noisette, 69% à rCor a 1.04, 34% à rCor a 2, 10% à rCor a 8, et 6% à rCor a 11.

- Conclusion :

  • Les analyses in vitro moléculaires ont révélé des différences importantes des profils des IgE spécifiques chez des patients allergiques ou tolérants à la noisette à travers l’Europe.

La noisette, produit source d’allergènes, se situe dans une pluralité réactive tant celle liée aux pollens des Fagales, au syndrome LTP qu’aux protéines de stockage.

Cor a 1.04, équivalent de Bet v 1, est une protéine de défense de type PR-10. L’IgE réactivité à Cor a 1.04 est l’apanage des allergiques au pollen de bouleau et la noisette dans les pays de l’Europe du Nord mais aussi aux Pays-Bas, Autriche et Allemagne.

Cor a 2 est une profiline. La profiline est une protéine ubiquitaire du monde végétal. La réactivité entre les profilines est bonne mais pour des produits végétaux éloignés sur le plan taxonomique. Cette réactivité à la profiline est fréquente chez les polysensibilisés polliniques.

Cor a 8 est une protéine de transfert lipidique (LTP), non thermolabile, présentant une homologie partielle avec les LTP des Prunoïdés.

Cor a 9, 11S globuline, et Cor a 11, 7S globuline, sont des protéines de stockage faisant partie de la superfamille des Cupines ayant une homologie avec les Vicitines d’autres graines qui expliquerait les réactions croisées entre elles.

Les auteurs danois de ce travail voulaient vérifier la pertinence des outils d’étude des allergènes au niveau moléculaire en l’occurrence l’ImmunoCAP PHADIA ayant recours aux recombinants ou aux molécules natives.

Cette étude multicentrique européenne regroupe 57 patients allergiques à la noisette provenant d’Espagne, de Suisse ou du Danemark.

Premier élément, l’ImmunoCAP extrait noisette « total » est positif chez 91% des allergiques à la noisette. Parmi eux, les ¾ sont positifs à Cor a 1.04, plus de 40% à la profiline et 28% à la LTP.

Deuxième élément, ces différents ImmunoCAP rendent bien compte du gradient de positivité ou négativité nord-sud. Ainsi, 100% des patients allergiques à la noisette au Danemark ou en Suisse, sont positifs à rCor a 1.04 alors qu’en Espagne ils ne sont que 18%.

De plus, réciprocité, 71% des allergiques à la noisette sont positifs à rCor a 8, seulement 5% au Danemark.

Troisième et dernier élément, chez les polliniques exclusifs, la positivité à rCor a 1.04 est majoritaire à près de 70%.

Ces résultats sont en conformité avec l’état actuel de notre savoir concernant les molécules allergisantes de la noisette.