Les Aminopénicillines peuvent réagir en retard.

mardi 12 mai 2009 par Dr Alain Thillay3580 visites

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Les Aminopénicillines peuvent réagir en retard.

Les Aminopénicillines peuvent réagir en retard.

mardi 12 mai 2009, par Dr Alain Thillay

Les réactions allergiques non immédiates au Aminopénicillines chez l’enfant représentent une préoccupation quotidienne de l’allergologue. Quelle doit être la démarche diagnostique ? Les auteurs de ce travail tentent surtout de préciser l’intérêt des tests cutanés à lecture retardée comparativement au test de provocation orale.

Tests cutanés et tests de provocation médicamenteux dans le diagnostic des réactions non immédiates aux Aminopénicillines chez l’enfant. : Blanca-López N, Zapatero L, Alonso E, Torres MJ, Fuentes V, Martínez-Molero MI, Blanca M.

Allergy Service, 12 de Octubre Hospital, Madrid.

dans Allergy. 2009 Feb ;64(2):229-33.

- Contexte :

  • Les réactions allergiques non immédiates (RANI) aux Aminopénicillines comprennent plusieurs entités dont les plus communes sont des réactions de type urticarien et des exanthèmes maculopapuleux.

- Objectifs :

  • Evaluer un groupe d’enfants ayant développé un ou plusieurs épisodes de réactions cutanées suggestives de RANI après administration d’Aminopénicillines.

- Méthodes :

  • Les critères d’inclusion requéraient l’absence de réaction immédiate aux tests cutanés et l’absence d’IgE spécifiques aux différentes pénicillines.
  • Les injections intradermiques et les tests épicutanés ont été effectués avec lecture retardée et si celle-ci était négative, un test de provocation médicamenteux comprenant un traitement de suite complet a été pratiqué.
  • Deux groupes ont été comparés :
    • A) les enfants ayant un test cutané ou un test de provocation positif et
    • B) les enfants ayant des tests cutanés négatifs et une bonne tolérance au médicament lors du test de provocation.

- Résultats :

  • Le groupe A était composé de 20 patients.
  • Une positivité à l’IDR et au test épicutané a été retrouvée chez un patient et pour 19 autres, une réponse positive au test de provocation médicamenteux a confirmé le diagnostic.
  • Groupe B (le groupe de contrôle) était composé de 19 patients avec des symptômes similaires après l’ingestion d’Aminopénicillines mais avec une bonne tolérance lors du test de provocation.
  • Pas de différences d’âge, de dose ou de nombre de traitements antérieurs n’a été observés entre les groupes.
  • Les entités cliniques étaient similaires dans les deux groupes.

- Conclusions :

  • Les réactions cutanées non immédiates aux Aminopénicillines surviennent chez les enfants en dépit de tests cutanés négatifs.
  • La valeur de cette procédure diagnostique semble être limitée dans ce type de réaction, le test de provocation médicamenteux est une alternative raisonnable et sûre si le diagnostic doit être confirmé.

Différents mécanismes sont impliqués dans les réactions allergiques aux Bêta-lactamines.

Bien sûr, en premier lieu, la réaction IgE dépendante qui peut procurer des réactions sévères jusqu’au choc anaphylactique, les mécanismes cytotoxiques pouvant être responsables d’anémie hémolytique et de leuconeutropénie, les réactions à immuns complexes –la maladie sérique- bien connues pour entraîner de l’urticaire et des exanthèmes maculopapuleux et, enfin, l’hypersensibilité à médiation cellulaire réputée pour les Aminopénicillines.

Cette étude madrilène apporte beaucoup à l’allergologue de terrain qui est confronté très souvent à cette problématique, à savoir, les réactions allergiques non immédiates aux Aminopénicillines –actuellement essentiellement l’Amoxicilline- chez l’enfant.
En un mot comme en cent, notre pain quotidien à nous les allergologues.

Les enfants ayant subi ce type de réaction font l’objet d’un bilan complet, d’abord éliminer une réaction IgE dépendante, ensuite IDR et tests épicutanés à lecture retardée, en cas de négativité, test de provocation orale complété d’une prise du médicament durant plusieurs jours.

Les résultats de cette démarche permettent de déterminer deux groupes :

  • Le groupe A, TC ou TPO positifs.
  • Le groupe B, TC négatifs et TPO négatif.

La question que se posent alors nos auteurs espagnols est de savoir s’il est utile d’appliquer toute la procédure, tests cutanés à lecture retardée avec éventuellement test de provocation orale.

Effectivement, les résultats permettent de concevoir logiquement que l’on peut d’emblée sauter la case tests cutanés à lecture retardée et passer directement au TPO. D’autant plus que dans le groupe A (20 sujets), un seul patient avait un test cutané à lecture retardé positif, les dix-neuf autres avaient ces mêmes tests cutanés négatifs et un TPO positif.

Toutefois, pour ma part, j’aurai pratiqué le TPO à cet enfant ayant un test cutané positif pour confirmer totalement le diagnostic d’allergie retardée à l’Aminopénicilline.

A noter que dans ce travail, les auteurs ne spéculent en rien sur le type de réaction allergique, maladie sérique ou allergie à médiation cellulaire ?