Ozone et moindre risque d’asthme ne font pas bon ménage. On ne leur en demande d’ailleurs pas tant.

jeudi 9 juillet 2009 par Dr Gérald Gay1154 visites

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Ozone et moindre risque d’asthme ne font pas bon ménage. On ne leur en demande d’ailleurs pas tant.

Ozone et moindre risque d’asthme ne font pas bon ménage. On ne leur en demande d’ailleurs pas tant.

jeudi 9 juillet 2009, par Dr Gérald Gay

L’ozone n’est jamais bien placé. Sa concentration diminue progressivement dans la stratosphère avec le trou que l’on connaît, et quelques kilomètres plus bas une teneur élevée de ce polluant aggrave notoirement la fréquence de l’asthme de l’enfant. C’est ce que vous démontre cette étude portugaise.

L’exposition à l’ozone est un facteur aggravant de l’asthme de l’enfant. : S. I. V. Sousa, M. C. M. Alvim-Ferraz, F. G. Martins, M. C. Pereira

LEPAE, Departamento de Engenharia Química, Faculdade de Engenharia, Universidade do Porto, R. Dr. Roberto Frias, Porto, Portugal

dans Allergy
Volume 64 Issue 7, Pages 1046 - 1055

Plusieurs études ont mis en évidence l’effet délétère de nombreux polluants aéroportés sur différents organes dans l’espèce humaine.

- Objectif :

  • Le but de cette étude a été d’évaluer le rôle spécifique de l’ozone (O3) en tant que facteur aggravant de l’asthme de l’enfant.
  • Cet objectif a été réalisé en comparant deux cohortes d’enfants vivant d’une part en milieu fortement pollué par l’ozone et d’autre part dans des régions pauvres en ce polluant atmosphérique.
  • Il a été pris en considération le taux des autres polluants aéroportés pouvant interférer avec l’analyse des données.

- Méthodes :

  • Des mesures de la pollution atmosphérique ont été effectuées sur les sites concernés.
  • Un questionnaire a permis de recueillir les données concernant la fréquence de l’asthme de l’enfance.
  • Ce sont 478 enfants âgés de 6 à 13 ans qui ont ainsi été étudiés.
  • Ils étaient répartis dans 4 écoles situées au sein des communes où la pollution a été mesurée.
  • Les villes à fort taux d’ozone dans l’air ont été choisies notamment en raison de leur faible pollution par le dioxyde d’azote et les polluants organiques habituels.

- Résultats :

  • La prévalence des épisodes de respiration sifflante depuis la naissance était de 15,9 %, et celle des épisodes de respiration sifflante au cours de l’année précédente de 6,3 %.
  • On a identifié comme étant asthmatiques les enfants chez qui étaient notés à la fois des épisodes de dyspnée et une sibilance, sans infection respiratoire simultanée.
  • Avec ces critères, la prévalence de l’asthme était de 7,1 % dans les zones à forte concentration d’ozone.
  • Il n’a pas été possible de comparer nos résultats avec ceux d’autres études antérieures, celles-ci ne précisant pas assez clairement les méthodes utilisées pour le recueil des données.

- Conclusion :

  • La prévalence de signes cliniques d’asthme était majorée d’environ 4 % chez les enfants vivant dans des zones à forte pollution par l’ozone comparée à celle calculée dans des régions faiblement polluées par l’ozone.

Cette étude prouve clairement le rôle d’une forte pollution par l’ozone sur la majoration du risque de déclencher un asthme chez les enfants exposés. Sans me vanter, je crois que je m’en serais douté sans aucune étude, et vous aussi probablement.

Il est vrai qu’en médecine comme dans d’autres domaines, il est de bon ton de prouver scientifiquement ce que l’on suspecte plus que fortement par intuition, cette dernière étant obtenue au moyen d’un instrument de mesure non étalonné qu’on appelle pifomètre.

Comme son nom l’indique, le pifomètre estime un résultat à vue de nez, et ce n’est pas peu dire quand on sait l’odeur particulièrement forte de l’ozone.

Ce gaz fait régulièrement l’objet de bulletins d’alerte destinés en particulier aux asthmatiques en cas de forte pollution de la troposphère, les invitant à reporter à une échéance ultérieure leur footing ou leur shopping.

Si je parle de troposphère, ce n’est pas pour faire savant, mais pour appeler un chat un chat et la troposphère la région de l’atmosphère dans laquelle nous déambulons.

L’ozone est en effet un polluant à notre hauteur, et un constituant naturel lorsqu’on le trouve plus haut dans l’atmosphère. Il devient alors très populaire, la progression du trou dans sa couche entraînant une augmentation du nombre des suffrages obtenus par les partis écologiques lors des échéances électorales.

En y réfléchissant bien, je me demande comment peuvent être encore commercialisés des ioniseurs d’air, lesquels ne sont ni plus ni moins que des générateurs d’ozone. Comble de l’ironie, ils sont indiqués pour purifier l’air ambiant si on en croit les publicités ! Tapez donc sur votre clavier les mots « ioniseur » et « ozone » dans un moteur de recherches sur Internet, et vous ne serez pas déçus du résultat…

Pour ma part, j’ai trouvé de cette façon en une poignée de secondes les caractéristiques qui suivent, vantant les mérites d’un de ces innombrables appareils : c’est édifiant autant que navrant.

« Elimine les mauvaises odeurs. Eradique les agents contaminants de l´air : bactéries, virus, champignons. Recommandé pour les commerces, bureaux, maisons, cinémas, théâtres, bars, salles des fêtes, crèches …/… Grillage d´entrée et de sortie de l´air pour un courant d´air constant …/… Equipé d’un D.C.A.P. (dispositif de contrôle automatique de production) qui régule automatiquement les niveaux de production d´ ozone. »

Au secours ! Quand je pense que j’ai oublié de demander à la directrice de la crèche où mes enfants ont fait leurs premiers pas si l’air ambiant était ou non enrichi en cet ozone si bénéfique, je ne me le pardonnerai jamais.

Enfin, laissez-moi vous rappeler les vertus bénéfiques de l’ozone quand il plane quelques dizaines de kilomètres au dessus de nos alvéoles pulmonaires : il joue le rôle d’un écran protecteur vis-à-vis du rayonnement ultraviolet.

Pour simplifier, il faut choisir notre lieu de résidence selon que l’on préfère que notre progéniture déclenche un asthme ou soit victime d’un mélanome.

Comme le disait si bien Léonie Bathiat, moins bien connue sous le pseudonyme d’Arletty : « Atmosphère, atmosphère… ». Vous connaissez la suite.