L’étudiant, l’allergie alimentaire et internet…

lundi 7 septembre 2009 par Dr Geneviève DEMONET856 visites

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L’étudiant, l’allergie alimentaire et internet…

L’étudiant, l’allergie alimentaire et internet…

lundi 7 septembre 2009, par Dr Geneviève DEMONET

Que deviennent les allergiques alimentaires une fois le lycée terminé, lâchés dans la jungle hostile de la vraie vie sans PAI ? Une équipe a mené l’enquête sur un campus universitaire américain par l’intermédiaire d’un questionnaire en ligne…

Allergie alimentaire et attitudes en relation avec l’allergie alimentaire chez les lycéens : Matthew J. Greenhawt, MD,

a Division of Allergy and Clinical Immunology, University of Michigan Health Systems, Ann Arbor, Mich
b Allergy & Asthma Affiliates, PC, Knoxville, Tenn

dans JACI Volume 124, Issue 2, Pages 323-327 (August 2009)

- Contexte :

  • On a peu d’information sur l’allergie alimentaire chez les étudiants.

- Objectifs :

  • Nous avons cherché à étudier les tendances de l’allergie alimentaire et les attitudes comportementales sur un grand campus universitaire.

- Méthodes :

  • Une étude en ligne a été envoyée par courrier électronique aux étudiants d’une université locale.
  • La sévérité des symptômes a été déterminée en se basant sur les critères publiés de l’anaphylaxie.

- Résultats :

  • Cinq cent treize personnes au total ont répondu parmi lesquelles 57% ont rapporté une réaction allergique alimentaire.
  • Dans ce groupe, 36.2% ont rapporté des symptômes compatibles avec une anaphylaxie. Ces réactions sont fréquemment survenues lors de la phase d’inclusion dans l’étude.
  • L’allergie au lait (P = 0.032), aux fruits à coques (P < 0.0001), aux fruits de mer (P < 0.0001), et à l’arachide (P < 0.0001) était associée de façon significative avec l’existence de symptômes d’anaphylaxie.
  • Un traitement d’urgence aurait été conservé dans 47.7% des cas, adrénaline auto-injectable incluse (AAI : 21%) quoique seulement 6.6% des étudiants l’auraient sur eux en permanence.
  • La possession d’une trousse d’urgence était significativement moins fréquente parmi les étudiants qui n’avaient pas eu de réaction durant la phase de recrutement (P <0.0001). Seulement 39.7% ont signalé une éviction permanente des aliments auxquels ils sont allergiques.
  • A l’intérieur du groupe rapportant une consommation intentionnelle d’allergènes connus, on trouve un nombre significativement plus faible de jeunes disant qu’ils ont une AAI sur eux (P <0 .0001) et un nombre significativement plus grand d’individus ayant eu des réactions sans symptômes d’anaphylaxie (P = 0.026).

- Conclusion :

  • Des réactions anaphylactiques alimentaires potentiellement mortelles surviennent sur les campus universitaires.
  • Seulement 39.7% des étudiants ayant une allergie alimentaire évitent un allergène identifié et plus des trois-quarts ne conservent pas l’AAI.
  • De tels comportements pourraient augmenter le risque de réactions adverses chez ces étudiants.

Les étudiants d’un campus universitaire des Etats-Unis ont été interrogés par l’intermédiaire d’un questionnaire en ligne pour rechercher une éventuelle allergie alimentaire, évaluer sa sévérité et vérifier la possession d’une trousse d’urgence.

Une allergie alimentaire a été rapportée par 57% des 513 participants.

Parmi les symptômes rapportés d’allergie alimentaire, 36.2% étaient évocateurs d’une anaphylaxie avec fruits à coques, arachide, fruits de mer et lait comme allergènes principaux.

Une trousse d’urgence était en possession de 47.7% des étudiants allergiques (dont 21% d’adrénaline auto-injectable) mais seulement 6.6% avaient leurs médicaments en permanence. Les étudiants ayant eu les réactions les moins sévères menaient moins souvent une éviction allergénique stricte et avaient moins une trousse d’urgence que les autres.

C’est un travail intéressant sur l’allergie alimentaire par la tranche d’âge visée. On a en effet beaucoup de données sur l’allergie alimentaire de l’enfant mais beaucoup moins sur celle des étudiants…

Cependant, les résultats sont à interpréter avec précaution.

Le taux très élevé d’allergiques parmi les étudiants participants à ce travail est à relativiser : les allergiques ont probablement répondu plus souvent que les autres. La notion d’allergie est également toute relative et aucune confirmation des dires des étudiants n’a été menée…

Si on se fie au taux de 40% environ de régime d’éviction strict, on peut supposer qu’une grande partie des étudiants rapportant une allergie alimentaire avait seulement des symptômes mineurs (syndrome oral ?) ou bien qu’une grande partie d’entre eux avaient des tendances suicidaires... D’où l’absence de trousse d’urgence pour la plupart….