Il ne faut pas trop faire confiance aux parents en matière d’asthme infantile.

mardi 29 septembre 2009 par Dr Philippe Carré662 visites

Accueil du site > Maladies > Asthme > Il ne faut pas trop faire confiance aux parents en matière d’asthme (...)

Il ne faut pas trop faire confiance aux parents en matière d’asthme infantile.

Il ne faut pas trop faire confiance aux parents en matière d’asthme infantile.

mardi 29 septembre 2009, par Dr Philippe Carré

Le recueil des données de prévalence des symptômes d’asthme infantile repose souvent sur le souvenir des parents, et peut donner des résultats discordants. Les auteurs ont étudié prospectivement, chez des enfants, l’effet du contact avec des animaux de compagnie sur le développement des symptômes respiratoires.

Effets des animaux de compagnie sur le développement de l’asthme jusqu’à l’âge de 8 ans : l’étude PIAMA. : M. Kerkhof 1 , A. H. Wijga 2 , B. Brunekreef 3,4 , H. A. Smit 2 , J. C. de Jongste 5 , R. C. Aalberse 6 , M. O. Hoekstra 7 , J. Gerritsen 8 , D. S. Postma 9

1 Department of Epidemiology, University Medical Center Groningen, University of Groningen, Groningen ; 2 Centre for Prevention and Health Services Research, National Institute for Public Health and the Environment, Bilthoven ; 3 Institute for Risk Assessment Sciences, Utrecht University, Utrecht ; 4 Julius Center for Health Sciences and Primary Care, University Medical Center Utrecht, Utrecht ; 5 Department of Pediatrics, Division of Respiratory Medicine, Erasmus University Rotterdam ; 6 Sanquin Research, Department of Immunopathology, Amsterdam ; 7 Centre for Pediatric Allergology, Wilhelmina Children’s Hospital, Utrecht ; 8 Department of Pediatric Pulmonology, University Medical Center Groningen, University of Groningen, Groningen ; 9 Department of Pulmonology, University Medical Center Groningen, University of Groningen, Groningen, the Netherlands

dans Allergy
Volume 64 Issue 8, Pages 1202 - 1208

- Contexte :

  • Des biais dans le recueil des données peuvent entraîner des relations discordantes entre l’exposition aux animaux de compagnie et la sensibilisation et le développement de l’asthme
  • Les auteurs ont étudié de façon prospective les effets des animaux de compagnie à domicile sur le développement de la sensibilisation, de l’asthme et des symptômes respiratoires depuis la naissance jusqu’à l’âge de 8 ans.

- Méthodes :

  • L’analyse des événements a été réalisée à partir des données enregistrées annuellement de 2951 enfants, participant à l’étude de cohorte de naissance PIAMA.

- Résultats :

  • Les enfants ayant un chat ou un chien à la maison à l’âge de 3 ans avaient une fréquence de sensibilisation aux allergènes inhalés significativement plus basse à 8 ans, mais pas pour ce qui concerne l’asthme
  • La présence d’un chat diminuait le risque de sensibilisation aux acariens de la poussière à 8 ans (OR=0.68, IC à 95% :0.49-0.95), la présence d’un chien pour la sensibilisation aux pollens (OR=0.49 ; IC :0.29-0.83)
  • Un chat ou un chien à la maison n’affectait pas de façon significative l’incidence de l’asthme au cours des années suivantes
  • A partir de l’âge de 2 ans, l’incidence des sifflements (OR=1.52, IC :1.12-2.05) et de la toux sèche nocturne (OR=1.28, IC :1.05-1.57) était plus élevée chez les enfants ayant un chien, alors que l’éviction du chien augmentait le risque de développer des symptômes d’asthme
  • La comparaison des analyses de données prospectives et rétrospectives sur le diagnostic d’asthme montrait d’importants biais de recueil.

- Conclusions :

  • Cette étude prospective montre un effet protecteur de la présence précoce d’animaux à domicile sur la sensibilisation aux allergènes inhalés, mais pas de prévention du développement de l’asthme
  • De plus, les enfants ayant des animaux avaient plus souvent des symptômes d’asthme paroxystique ou intermittent
  • Le recueil des données d’asthme à partir du souvenir parental peut donner de faux résultats sur ces associations symptomatiques.

Les auteurs ont étudié de façon prospective, à partir d’une cohorte de 2951 enfants inclus dans l’étude PIAMA, la prévalence de la sensibilisation, de l’asthme et des symptômes respiratoires depuis la naissance jusqu’à l’âge de 8 ans, chez des enfants au contact d’ animaux de compagnie à domicile.

Ils montrent que :
- la fréquence de sensibilisation aux allergènes inhalés, mais pas celle de l’asthme, est plus basse à 8 ans chez les enfants ayant un chat ou un chien à la maison
- la présence d’animaux diminue la fréquence de la sensibilisation à 8 ans (aux acariens pour le chat et aux pollens pour le chien)
- l’incidence de l’asthme n’est pas modifiée par la présence depuis la naissance d’animaux à domicile
- l’incidence des sifflements et de la toux nocturne est augmentée à partir de 2 ans en présence d’un chien, alors que l’éviction de l’animal augmente la fréquence de l’asthme
- enfin, les résultats de cette étude prospective sont différents de ceux recueillis par une étude rétrospective évaluant les réponses à partir du souvenir des parents.

Les auteurs en concluent qu’il existe un effet protecteur des animaux sur la sensibilisation aux pneumallergènes mais pas sur l’asthme, que les symptômes d’asthme sont plus fréquents chez les enfants ayant des animaux, et que l’interrogatoire parental peut donner des résultats faussés.

Cette étude confirme donc les résultats contradictoires de la relation entre les symptômes respiratoires et l’exposition précoce à domicile aux animaux de compagnie (chats et chiens), avec un effet protecteur sur la sensibilisation mais pas sur les symptômes d’asthme, signifiant une différence de réponse entre la stimulation du système immunitaire et la réactivité bronchique locale.

Il faut noter cependant que chez les enfants ayant une incidence plus élevée de sifflements et de toux nocturne en présence d’un chien, l’éviction de l’animal augmentait le risque de développement de l’asthme ; il semble donc exister des différences dans le type de réponse en fonction de l’animal, avec des niveaux de stimulation peut-être différents.

Enfin, à titre épidémiologique, il est intéressant de constater que les études rétrospectives basées sur l’interrogatoire des parents montrent des résultats qui ne sont pas comparables, et qui sont moins fiables que les études prospectives de cohorte.