Où on lit l’avenir d’un enfant dans une boule… d’IgE spécifiques !

mardi 12 janvier 2010 par Dr Geneviève DEMONET569 visites

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Où on lit l’avenir d’un enfant dans une boule… d’IgE spécifiques !

Où on lit l’avenir d’un enfant dans une boule… d’IgE spécifiques !

mardi 12 janvier 2010, par Dr Geneviève DEMONET

Une étude de cohorte de naissance danoise a suivi 562 enfants jusqu’à l’âge de 6 ans pour évaluer la survenue d’une maladie allergique en fonction de l’existence d’une sensibilisation précoce (PTC et/ou IgE spécifiques) et du type d’allergène concerné …

Association entre les types de sensibilisation précoce et la survenue d’une maladie allergique ultérieure. L’étude de cohorte de naissance DARC : Henrik Fomsgaard Kjaer 1 , Esben Eller 1 , Klaus Ejner Andersen 1 , Arne Høst 2 and Carsten Bindslev-Jensen 1

1 Allergy Centre, Department of Dermatology and
2 Department of Pediatrics, Odense University Hospital, University of Southern Denmark, Denmark

dans Pediatric Allergy and Immunology
Volume 20 Issue 8, Pages 726 - 734

La prévention des maladies allergiques dépend de l’identification précoce des marqueurs cliniques précédant ces pathologies.

Cette étude décrit le cours naturel de la sensibilisation telle que mesurée par les prick-tests cutanés (PTC) et les immunoglobulines E spécifiques (IgE S) et analyse l’association entre les types de sensibilisation précoce et la maladie allergique ultérieure à l’âge de 6 ans.

- Dans une étude de cohorte de naissance de population de 562 enfants, les visites de suivi ont été effectuées à 0, 3, 6, 9, 12, 18, 36 et 72 mois.
- Les visites comprenaient un interrogatoire, un examen physique, des PTC et un dosage d’IgE S de 12 aliments et aéroallergènes.

- La fréquence de la sensibilisation à ≥ 1 aéroallergène était constante de 0 à 6 mois (9-10%), décroissait à 12-18 mois avant une nouvelle augmentation à partir de 36 mois.
- La sensibilisation IgE S à au moins un allergène alimentaire est restée constante de 0 à 6 ans.
- La sensibilisation PTC aux allergènes alimentaires ou inhalés est apparue à partir de 3 et 12 mois respectivement.
- Une sensibilisation alimentaire précoce (IgE S) entre 3 et 18 mois a été trouvée significativement associée (p < 0.05) à la dermatite atopique (OR : 4.0 [1.6–9.9]) et à l’asthme (OR 4.0 [1.1–12.5]) à l’âge de 6 ans.
- Les enfants ayant une dermatite atopique, un asthme ou une rhinoconjonctivite et une sensibilisation à l’âge de 6 ans étaient déjà dans une grande proportion (53% ; 42% et 47% respectivement) sensibilisés aux allergènes alimentaires à 6 mois.
- Une sensibilisation précoce aux aéro-allergènes (IgE S) n’augmentait pas le risque ultérieur de maladie allergique.
- La dermatite atopique précoce (0-18 mois) était aussi fortement associée avec une maladie allergique ultérieure.
- Les enfants ayant une sensibilisation alimentaire précoce et/ou une dermatite atopique représenteraient une population cible appropriée à de futures études interventionnelles.


Une cohorte de naissance de 562 enfants a été suivie régulièrement pendant 6 ans avec interrogatoire, examen clinique, pratique de prick-tests cutanés et dosage d’IgE spécifiques (allergènes alimentaires et inhalés).

La sensibilisation précoce aux aéroallergènes (IgE spécifiques) n’augmentait pas le risque de survenue ultérieure de maladie allergique.

Par contre, la sensibilisation précoce (entre 3 et 18 mois) aux allergènes alimentaires était significativement associée à la dermatite atopique et à l’asthme à l’âge de 6 ans.

Enfin, l’existence d’une dermatite atopique précoce était aussi associée avec l’apparition ultérieure de maladie allergique.

Ce travail danois confirme ce que nous savions déjà, c’est-à-dire le caractère péjoratif d’une sensibilisation alimentaire sur l’avenir allergique de l’enfant, particulièrement en cas de dermatite atopique.

Les auteurs suggèrent donc de cibler ce type de population dans les études interventionnelles.