Le bon diagnostic.

jeudi 28 janvier 2010 par Dr Hervé Masson287 visites

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Le bon diagnostic.

Le bon diagnostic.

jeudi 28 janvier 2010, par Dr Hervé Masson

Ne ratez pas cette étude anglo-suédoise passionnante présentée dans nos colonnes sur l’allergie à l’arachide.

Les auteurs y traitent de la différence fondamentale qui existe entre sensibilisation et allergie vraie.

Ils démontrent que dans une population de 933 enfants de 8 ans, il existe environ 12 % d’entre eux (110) qui ont soit un test cutané positif soit une IgE réactivité à l’arachide.

Seuls 1,3 % des enfants en question (12) avaient eu une réaction clinique démonstrative d’allergie à l’arachide.

Parmi les enfants avec une sensibilisation, la réalisation de test de réintroduction en double aveugle contre placebo à l’arachide n’a permis de démontrer une réelle allergie que chez 22 % d’entre eux.

Donc, malgré la présence d’un test cutané positif ou d’une IgE réactivité biologique, il n’existe de réelle allergie à l’arachide que chez un enfant sur 5.

Mais l’allergie à la cacahuète est réputée comme étant potentiellement dangereuse ce qui conduit certains médecins à mettre en place des régimes d’éviction de précaution devant un test positif.

Le seul moyen d’être certain de la présence ou l’absence d’un risque de réaction est le test de réintroduction réalisé à l’hôpital. Mais cette procédure est lourde pour le patient et nous manquons cruellement de structures hospitalières capables d’accueillir tous les enfants suspects.

C’est pour cela que la démonstration de ces chercheurs sur l’intérêt de faire un diagnostic au niveau moléculaire représente un réel progrès.

Les auteurs ont démontré que le test d’IgE réactivité à la protéine de l’arachide « Ara h 2 » permettait de mieux prédire une allergie clinique.

Associé à d’autres allergènes de l’arachide, il oriente de manière plus fine le diagnostic.

Les allergologues disposent désormais de nouveaux outils performants pour décider de l’attitude thérapeutique à adopter chez un patient donné.

Basée sur des données multiples et surtout très évolutives, l’allergologie moléculaire nécessite un travail de formation pour être utilisée à bon escient.

C’est dans cet esprit qu’a été créé pour les médecins le site www.allerdata.com grâce auquel le bon diagnostic sera possible avec le moins de gêne pour le patient et qu’on en finisse avec l’idée qu’un test positif fait l’allergie.