Un bébé, un chien, un chat... Que choisir ? Le point de vue de l’allergologue.

vendredi 9 avril 2010 par Dr Céline Palussière1426 visites

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Un bébé, un chien, un chat... Que choisir ? Le point de vue de l’allergologue.

Un bébé, un chien, un chat... Que choisir ? Le point de vue de l’allergologue.

vendredi 9 avril 2010, par Dr Céline Palussière

Comment limiter le risque de sensibiliser nos chères têtes blondes aux animaux familiers ? Les tenants de la théorie hygiéniste tendaient à prôner une exposition précoce aux animaux et aux bactéries qui les accompagnent, afin de limiter les risques de pathologies atopiques... Mais le débat reste ouvert !

Effets de l’exposition aux animaux familiers dans la première année de vie sur les symptômes respiratoires et allergiques des enfants de 7 ans. L’étude SIDRIA -2. : Enrico Lombardi 1 , Marzia Simoni 2 , Stefania La Grutta 3,4 , Giovanni Viegi 2,4 , Luigi Bisanti 5 , Elisabetta Chellini 6 , Valerio Dell’Orco 7 , Enrica Migliore 8 , Maria Grazia Petronio 9 , Riccardo Pistelli 10 , Franca Rusconi 11 , Piersante Sestini 12 , Francesco Forastiere 13 , Claudia Galassi 8 and the SIDRIA-2 Collaborative Group14

1 Section of Respiratory Medicine, Department of Paediatrics, University of Florence, ’Anna Meyer’ Children’s University Hospital, Florence, Italy , 2 Pulmonary Environmental Epidemiology Unit, National Research Council Institute of Clinical Physiology, Pisa, Italy , 3 Pediatric Pulmonology and Allergology Service, ARNAS (Azienda di Rilievo Nazionale ad Alta Specializzazione), Palermo, Italy , 4 IBIM (Istituto di Biomedicina e Immunologia Molecolare), National Research Council, Palermo, Italy , 5 Department of Epidemiology, Milan Health Authority, Milan, Italy , 6 Unit of Environmental and Occupational Epidemiology, Istituto Scientifico Prevenzione Oncologica (CSPO), Florence, Italy , 7 Department of Prevention, Roma G Local Health Authority, Tivoli, Rome, Italy , 8 Unit of Cancer Epidemiology, ASO San Giovanni Battista, University of Turin, CPO Piemonte, Turin, Italy , 9 Unit of Hygiene and Public Health, Department of Prevention, Local Health Authority 11, Empoli, Florence, Italy , 10 Department of Respiratory Physiology, Catholic University, Rome, Italy , 11 Unit of Epidemiology, ’Anna Meyer’ Children’s University Hospital, Florence, Italy , 12 Section of Respiratory Diseases, Department of Clinical Medicine and Immunological Sciences, University of Siena, Siena, Italy , 13 Department of Epidemiology, Rome E Health Authority, Rome, Italy , 14 The SIDRIA-2 Collaborative Group : Ciccone G, Migliore E, Mirabelli D (CPO, Torino) ; Berti G and Cadum E (ARPA, Torino) ; Bugiani M and Piccioni P (CPA, ASL 4, Torino) ; Bisanti L and Russo A (ASL Milano) ; Bellasio M (Università di Milano) ; Gianelle V (ARPA, Milano) ; Piffer S, Battisti L, Kaisermann D and Gentilini M (APSS di Trento) ; Giannella G and Talassi F (ASL di Mantova) ; Galassi C (ASR, Emilia Romagna-CPO, Torino) ; Caranci N (ASR, Emilia Romagna-ASL 5, Torino) ; Frasca G and Biocca M (ASR, Emilia Romagna) ; De Munari E (ARPA, Emilia Romagna) ; Chellini E (CSPO, Firenze) ; Lombardi E and Rusconi F (AOU Meyer, Firenze) ; Biggeri A and Gabellini C (Università di Firenze), Grechi D (ARPAT, Firenze) ; Petronio MG (ASL di Empoli) ; Sestini P (Università di Siena) ; Viegi G and Simoni M (CNR, Pisa, and IBIM-CNR, Palermo) ; Forastiere F, De Sario M, Agabiti N (ASL RM/E, Roma) ; Pistelli R and Corbo G (Università S. Cuore, Roma) ; Bonci E and Indinnimeo L (ISS, Roma) ; Dell’Orco V (ASL RM/G, Roma) ; Armenio L, Brunetti L, Cavone M, Lospalluti ML, Massagli M, Polieri G, Rizzi D, Rana FR and Rana M (Università di Bari) ; La Grutta S (ARNAS and IBIM-CNR, Palermo)

dans Pediatric Allergy and Immunology
Volume 21 Issue 2p1, Pages 268 - 276

-  Contexte :

  • Les effets de l’exposition aux animaux domestiques sur le développement de symptômes respiratoires ont été récemment le sujet de vives discussions.

-  Objectifs :

  • Notre objectif était de déterminer les effets d’une exposition au chat ou au chien dans la première année de vie sur les symptômes respiratoires/allergiques chez les enfants, dans une vaste étude multicentrique Italienne.

-  Matériels et méthodes :

  • Dans le cadre de l’étude SIDRIA -2 (Studi Italiani sui Disturbi Respiratori dell’Infanzia e l’Ambiente 2002), les parents de 20016 enfants (âge médian 7 ans ont fourni des informations sur l’exposition à l’intérieur des maisons, à différents moments de la vie, et les symptômes respiratoires/allergiques par questionnaire.
  • Des analyses de régression logistique ont été menées en tenant compte de l’exposition au chat ou au chien aux différents âges de la vie, et en ajustant avec la présence d’autres animaux, l’exposition aux moisissures, le sexe, l’âge, le niveau d’éducation parental, le tabagisme maternel durant la première année de vie, le tabagisme passif actuel, l’histoire familiale d’asthme/rhinite/eczéma et les autres facteurs confondants potentiels.

- Résultats :

  • Aucun effet significatif de l’exposition au chien n’a été retrouvé dans la première année de vie comme dans les autres périodes de la vie sur les symptômes allergiques/respiratoires après ajustement avec les autres covariants.
  • L’exposition au chat dans la première année de vie était significativement et indépendamment associée à des sifflements actuels [OR (95% CI) 1.88 (1.33-2.68), p<0.001], un asthme [1.74 (1.10-2.78), p<0.05] et la pathologie frontière rhinoconjonctivite [1.43 (0.97-2.11), p<0.07].
  • Aucun autre effet de l’exposition au chat n’était retrouvé sur les symptômes allergiques/respiratoires.

- Conclusion :

  • L’exposition au chat mais non au chien dans la première année de vie est un facteur de risque indépendant pour des sifflements , un asthme, et une rhinoconjonctivite actifs à l’âge de 7 ans.

Dans cette étude italienne, plus de 20 000 enfants de 7 ans et leur famille ont répondu à un questionnaire portant sur leurs symptômes respiratoires ou cutanés potentiellement allergiques, ainsi que sur la présence au domicile de chiens et de chats.

L’exposition au animaux de compagnie était découpée en fonction de l’âge de l’enfant, en se focalisant sur la première année de vie.

Les autres facteurs pouvant influencer la survenue de symptômes d’allure allergique étaient pris en compte dans l’analyse statistique : âge, sexe, tabagisme passif, tabagisme maternel la première année, antécédents familiaux d’atopie, exposition à des moisissures au domicile, niveau d’éducation parental.

8% des enfants avaient été exposés aux phanères de chien au cours de leur première année, 7% au chat. 10% avaient eu l’un ou l’autre de ces animaux à une autre période de la vie.

On retient aussi le chiffre alarmant de 30% des enfants questionnés exposés à un tabagisme passif...

Les résultats montrent donc une augmentation significative de la fréquence des sifflements respiratoires, de l’asthme et des rhinoconjonctivites à l’âge de 7 ans chez les enfants ayant eu un chat à leur domicile au cours de leur première année de vie.

Un des points positifs de cette étude est l’importance accordée à la clinique : il n’est pas question ici de « sensibilisation », aucun test cutané ou biologique n’a été réalisé.

Les études portant sur l’effet de l’exposition aux animaux domestiques se basent souvent sur ces tests complémentaires, faisant peu cas des signes réellement présentés par les patients. Ici les résultats ne s’intéressent qu’à la clinique selon les déclarations faites par les familles. Les questionnaires ont été validés et rodés par l’étude ISAAC 2.

Les études sur les effet de l’exposition aux animaux sont contradictoires, et on a pu lire que le contact répété à de fortes quantités d’allergènes, notamment Fel d 1, permettaient l’acquisition d’une tolérance chez les enfants exposés. Selon ces études, une forte exposition à Fel d 1 était protectrice, alors qu’un contact épisodique ou avec de faibles quantités d’allergènes pouvait être sensibilisateur.

Dans ces études, on peut craindre un biais dans le fait que les familles d’atopiques peuvent choisir délibérément de ne pas avoir d’animal domestique. L’effet « protecteur » du chat serait alors du à une moindre prédisposition familiale.

Ce biais est heureusement évité dans cette étude, où la proportion de famille possédant un animal de compagnie ne différait pas selon les antécédents atopiques familiaux.

Donc... un chien oui, un chat non. On n’en saura pas plus pour l’instant sur les tortues, rats et autres gerbilles...